Christian Ahlmann et son Dominator triomphent dans le stade olympique de Stockholm

18 June 2022Auteur : Mélina Massias

Quelle bataille de titans dans l’arène olympique de Stockholm ! À l’occasion de la huitième étape de son lucratif circuit, le Longines Global Champions Tour avait posé ses valises dans la capitale suédoise. Si le temps a été capricieux ces derniers jours, le soleil a rayonné pour le temps fort du week-end. Avec seulement dix-huit centièmes d’écart entre les trois premiers du classement final, et un nombre parfait de six barragistes, le spectacle était au rendez-vous. Finalement, Christian Ahlmann et Dominator 2000 Z ont réédité la performance signée à Hambourg, il y a quinze jours, tandis qu’Henrik von Eckermann et Marcus Ehning se sont avoués vaincus sur les excellents King Edward et Stargold.

Après la pluie, vient le beau temps. Passée les averses, qui ont inondé les abords du stade olympique de Stockholm ces derniers jours, les rayons du soleil ont pris le relais pour illuminer la piste, où l’habituel chef de piste du Longines Global Champions Tour (LGCT), Uliano Vezzani, a régalé le public - nombreux -, les athlètes et les téléspectateurs avec un parcours parfaitement dosé pour le huitième Grand Prix de la saison régulière. Les changements de couleurs, entre ombre et lumière, ont sans doute ajouté encore davantage de subtilité au tracé, tout à fait juste et “cheval”. Pour preuve, douze paires ont commis une seule et unique faute, se fermant les portes du barrage, samedi 18 juin. Parmi elles, citons Scott Brash et Hello Jefferson (ex Jerenmias van het Hulstenhof), les championnes olympiques par équipe et lauréates de l'étape de Ramatuelle Malin Baryard-Johnsson et H&M Indiana, Darragh Kenny et Great-Tilkia J, les plus rapides des quatre points, ou encore le double vice-champion olympique, Peder Fredricson, aux rênes de son fidèle H&M All In de Vinck, battu par une distance mal négociée pour aborder l’oxer numéro 2.

Le somptueux écrin de Stockholm a accueilli les Jeux olympiques en 1912 et 1956, ainsi que les Jeux équestres mondiaux de 1990. © Sportfot

Il aura fallu attendre dix-huit passages, et celui du Centaure Marcus Ehning pour assister au premier clear round de la soiréeLe doigt levé dans le ciel, pendant que son sublime étalon, Stargold (Old, Stakkato Gold x Lord Weingard), jaillissait d’un bond dans les airs, le champion allemand n’a pas caché sa joie. L’Allemand a ensuite été rejoint par des grands noms. Alors que le plateau regroupait les cinq meilleurs pilotes des derniers Jeux olympiques de Tokyo, deux d’entre eux se sont invitées à la fête : les champions en titre, Ben Maher et Explosion W (KWPN, Chacco-Blue x Baloubet du Rouet), sans doute moins souverain qu’à l’accoutumée, après six mois loin des Grands Prix 5* et un bref retour en 3* la semaine passée, ainsi qu’Henrik von Eckermann, sur le stratosphérique King Edward (BWP, Edward 28 x Feo de Lauzelle). Cette liste déjà prestigieuse s’est garnie avec la présence de Jens Fredricson, qui a arraché son sans-faute sur Markan Cosmopolit (SWB, Cohiba 1198 x Calido I), plus vu à l'international depuis sa troisième place lors de la finale de la Coupe du monde Longines de Leipzig, Max Kühner et l’impeccable Elektric Blue P (DSP, Eldorado vd Zeshoek x For Pleasure) et Christian Ahlmann, en selle sur l’étalon Dominator 2000 (Z, Diamant de Semilly x Cassini I).

Marcus Ehning et Stargold. © Sportfot 

L’Allemagne, toujours hégémonique

En découvrant le tracé du jump-off, proposant un alléchant demi-tour pour aborder l’antépénultième effort, les deux champions germaniques que sont Marcus Ehning et Christian Ahlmann semblaient avoir un léger avantage sur leurs concurrents. Et en effet, tous deux n’ont pas failli à leur réputation d’as du dessin. Premier à revenir en piste, le triple vainqueur de la finale de la Coupe du monde a livré un barrage tout simplement somptueux, dont lui seul a le secret. Rien n’a été laissé au hasard par son génial bai, Stargold, qui, du haut de ses onze ans, arrive à pleine maturité. Avec 35”87 au compteur, la paire a mis la pression sur les suivants. Moins précis que son ancien coéquipier, l’Autrichien Max Kühner a ainsi accusé pas loin de deux secondes de débours à l’arrivée, terminant cinquième sur Elektric Blue P, auteur d’un superbe double zéro dans la Coupe des nations de Saint-Gall, au début du mois. Parti plutôt tranquillement, sans prendre tous les risques, Ben Maher a coupé la ligne d’arrivée en 37”16, pour une quatrième place. Pas mal pour un retour à très haut niveau du crack Explosion W, dont le dernier parcours à Geesteren, le week-end dernier, s’était soldé par trois fautes.

Christian Ahlmann et son surpuissant Dominator. © Sportfot

De son côté, Jens Fredricson n’est pas parvenu à réitérer sa performance du premier tour, renversant cette fois deux barres sur son passage. Markan Cosmopolit s’est ainsi contenter du sixième rang. Il ne restait alors que deux couples pour déloger Marcus Ehning de son trône. Son compatriote, Christian Ahlmann, déjà victorieux à Hambourg avec son même Dominator 2000, a réussi à manœuvrer des courbes légèrement plus efficaces, pour arrêter le temps en 35”69, avec dix-huit centièmes d’avance, empêchant son homologuer d’empocher sa deuxième victoire en Grand Prix 5* de la saison. Pourtant, en sortie de piste, le géant à la veste bleue et jaune n’était pas serein. Derrière lui, et face à son public, Henrik von Eckermann devait encore s’élancer. Sur King Edward, jugé par beaucoup d’observateurs comme le meilleur cheval du moment, le Suédois, déjà lauréat des trois premières épreuves 5* du concours, a annoncé la couleur dès les trois premiers sauts, prenant la décision osée d'enlever une foulée du 2 au 3. Moins maniable que l’immense fils de Diamant de Semilly, mais nettement plus véloce, l’alezan s’est fait avoir par son tracé trop évasé, pour terminer une nouvelle fois deuxième, onze centièmes derrière Christian Ahlmann et… sept devant Marcus Ehning ! Autant dire que la bataille a été serrée jusqu’au bout. Encore vaincu, l’actuel numéro deux mondial va sans doute s’en vouloir, lui qui confiait regretter ses résultats obtenus à Doha et Paris, un peu plus tôt cette année. Avec trois deuxièmes places en Grands Prix 5*, le pilote des écuries Cyor n’est pas loin de déloger Harrie Smolders de son costume de Poulidor du saut d’obstacles.

“Je suis plus qu’heureux. Je suis un peu désolé pour vous tous, ici (le public suédois, ndlr), mais j’ai eu un bon sentiment aujourd’hui. C’était incroyable. On sent que toutes les personnes ici sont des gens de cheval, qui aiment le sport, les équidés et les belles performances. Elles soutiennent tous les cavaliers, alors merci beaucoup. Dominator est indéniablement une superstar. C’est un étalon, donc il n’est pas toujours simple à gérer, notamment en extérieur, mais, en piste, il est concentré et on peut tout lui demander. Il m’aide beaucoup et je suis ravi d’être son cavalier”, a réagi l’heureux lauréat en sortie de piste. En remportant cette étape du LGCT, l’Allemand assoit un peu plus l’hégémonie de sa nation, qui a remporté six des huit Grands Prix courus cette saison. Bien qu’il laisse Henrik von Eckermann profiter d’un “golden ticket” pour Prague, Christian Ahlmann conserve son brassard de leader du circuit.

Les résultats complets ici.

Henrik von Eckermann termine deuxième avec son roi. © Sportfot

Photo à la Une : Christian Ahlmann et son étalon noir. © Sportfot

AuteurMélina Massias