Yuri Mansur étoffe son piquet de chevaux

10 May 2022Auteur : Mélina Massias

Après avoir encaissé les convalescences de QH Alfons Santo Antonio et Vitiki, ses deux meilleures montures, fin 2021, Yuri Mansur a développé son piquet de chevaux en accueillant de nouveaux atouts. Le Selle Français Away Semilly, excellent cheval de vitesse, ainsi que les deux protégés de Nelson Pessoa, Ze Carioca et El London King, ont ainsi rejoint la structure belge du Brésilien, ravi de ces arrivées. Avec le retour en forme de ses chevaux de tête en ce printemps 2022, le sympathique pilote espère faire de cette année une réussite.

Depuis quelques mois, Yuri Mansur a accueilli de nouveaux chevaux au sein de ses écuries. Alors que ses cracks QH Alfons Santo Antonio (ESH, Aromats x False Pass), qui l’a accompagné aux Jeux olympiques de Tokyo l’été dernier, et Vitiki (Hann, Valentino x For Expo) ont été au repos forcé, le Brésilien a d’abord ouvert les portes de ses écuries à Away Semilly, un étalon Selle Français de douze ans, propriété de Richard Levallois. Fils de feu Diamant de Semilly, l’alezan a évolué jusqu’en octobre 2021 avec Marc Dilasser, avant de rejoindre son nouveau pilote. “L’arrivée d’Away a été une très bonne nouvelle pour moi, car je n’avais pas vraiment de cheval compétitif à ce moment-là. Alfons était arrêté pour quelques mois et Vitiki a été opéré d’un kyste dans le nez. Humberto (Ask, né Mazur Obolensky N, BWP, Cornet Obolensky x Lazio, ndlr) n’était pas à son meilleur niveau. Grâce à Stelle Tordjman, j'ai rencontré la famille Levallois et c'était formidable qu'ils me proposent de monter Away”, explique le sympathique Yuri. “J’ai tout de suite été très étonné avec lui, car dès notre premier concours, nous avons terminé deuxième d’une épreuve à 1,40m. La semaine suivante, il était troisième sur un parcours à 1,50m. Je dois encore apprendre à le connaître, mais Away m’aide énormément, notamment pour le classement mondial des cavaliers. À tous les concours, il décroche des classements. Sa plus grande qualité est sûrement sa vitesse naturelle et sa technique de saut, qui est excellente.” Si l’étalon pourrait potentiellement être à vendre dans le futur, Yuri devrait pouvoir poursuivre l’aventure encore quelques mois et vise notamment les échéances de Sopot et d’Aix-la-Chapelle cette année avec son Selle Français.

Away Semilly, à La Baule le week-end dernier. © Mélina Massias

Deux chevaux de Nelson Pessoa s’ajoutent à la liste

Surtout, après l’arrivée d’Away Semilly, Yuri a ajouté deux montures intéressantes à son piquet de chevaux. En effet, le grand Nelson Pessoa lui a confié les rênes de Ze Carioca (SCSL, Canturo x Kannan) et El London King, son frère utérin par Carembar de Muze. Les deux étalons sont âgés respectivement de onze et huit ans. Le premier cité a toujours été décrit par les observateurs comme étant un cheval doté de grandes qualités. Lancé sur la scène internationale par Rodrigo Pessoa, ce fils du regretté Canturo était pressenti pour être sa relève olympique. Finalement passé aux rênes du Français Benjamin Robert l’an dernier, le petit-fils de Kannan a débarqué chez Yuri Mansur début 2022.

“Nelson et moi sommes de grands amis depuis longtemps. Nous avions déjà travaillé ensemble par le passé. En fin d’année dernière, j’étais presque déprimé, car je n’avais pas beaucoup de chevaux. Nelson m’a alors demandé si j’avais du temps à consacrer à ses chevaux. Cela est tombé à pic. En plus, Nelson est tout le temps chez moi. Il m’aide, ainsi que mon fils et mes cavaliers. C’est une personne très importante, et l’avoir à nos côtés est un privilège. En arrivant au Sunshine Tour cette année, je me suis dit ‘mais quelle mauvaise idée’ parce que je n’avais pas un seul cheval prêt pour sauter un Grand Prix. Finalement, j’ai obtenu de bons résultats, sans Alfons ni Vitiki ! Quand les choses ne vont pas bien, il faut continuer à travailler et à utiliser son énergie à bon escient. La vie peut vite basculer du côté négatif, mais aussi du côté positif”, détaille le Brésilien. “Carioca et London sont deux chevaux magnifiques. Carioca est très généreux. Il essaye toujours de faire de son mieux. Au Sunshine, j’ai beaucoup travaillé avec Nelson. Lorsque Carioca a fait sa première épreuve à 1,50m avec moi (et la deuxième de sa carrière, ndlr), c’était formidable (le couple a terminé sans-faute, ndlr). Neco était ravi et moi aussi. Mon objectif, avec le temps, est de le construire comme un cheval de Grand Prix. Il essaye toujours de faire de son mieux. Il est extrêmement intelligent et cherche toujours à aider son cavalier. Il a une mentalité vraiment différente et spéciale. Même mon fils (âgé de neuf ans, ndlr) le monte de temps en temps ! London, lui, est un peu comme Away : toujours compétitif. Chaque jour, il gagne en moyens. Je suis incapable de dire où il arrivera exactement, s’il sera un cheval de Grand Prix ou un cheval de vitesse, mais, une chose est sûre, il veut toujours obtenir de bons résultats.”

Ze Carioca. © Sportfot

Pouvant de nouveau compter sur Alfons et Vitiki, tous deux présents à La Baule en grande forme - le premier a signé un parcours sans-faute dans la seconde manche de la Coupe des nations et le second, à qui StudForLife consacrera un article la semaine prochaine, a terminé deuxième du Grand Prix dominical -, Yuri Mansur devrait espère enfin connaître une saison sans malchance. “Cette année sera peut-être ma meilleure saison”, glisse-t-il avec prudence. “J’ai les Mondiaux en ligne de mire, mais aussi Aix-la-Chapelle et quelques étapes du Global. J’ai le sentiment que les belles heures que j’ai connues avec Babylotte et Unita reviennent.” 

Photo à la Une : Yuri Mansur et Ze Carioca à Peelbergen, début avril. © Sportfot

AuteurMélina Massias