À Rome, Denis Lynch grille la priorité à Jana Wargers dans le Grand Prix

29 May 2022Auteur : Mélina Massias

Après la victoire de la France dans la Coupe des nations, drapeau irlandais a flotté dans le ciel de Rome. L’Irlandais Denis Lynch s’est imposé de bout en bout, associé à Brooklyn Heights, un BWP qu’il ne monte que depuis février dernier. Signataire de deux parcours de grande classe, l’Allemande Jana Wargers s’est fait coiffer au poteau à la dernière minute avec Limbridge, supplantant Piergiorgio Bucci, dernier invité sur le podium avec Cochello. Ce week-end, Opglabbeek était également l’hôte d’un Grand Prix 4*, tombé dans l’escarcelle du Belge Koen Vereecke !

Réussir un parcours sans-faute dans la première manche du Grand Prix du CSIO 5* de Rome a semblé presque aussi aisé que la victoire de Novak Djokovic face à Diego Schwartzman, sur le court Suzanne Lenglen de Roland Garros. Pourtant, en ce dimanche 29 mai, jour de la fête des mères, la concurrence présente en Italie n’avait rien d’un plateau de seconde division. Mais les difficultés dressées sur la vaste piste en herbe par le chevronné Uliano Vezzani ont semblé un poil trop accessible à la majorité des couples, si bien que trois ont été privés de seconde manche, malgré un premier tour sans la moindre pénalité au compteur. Ainsi, les Belges Jérôme Guéry et Grégory Wathelet, ainsi que l'Italienne Francesca Ciriesi n’ont pu défendre leurs chances sur un deuxième parcours aux allures de barrage, avec leurs respectifs Quel Homme de Hus, Nevados S et Cape Coral.

Si le scénario de ce temps fort dominical n’aura pas passionné les amateurs de parcours techniques et délicats, il aura au moins eu l’avantage d’offrir une confrontation de haute volée entre les treize couples rappelés en deuxième manche. En concédant douze points pour son retour en piste, la Canadienne Amy Millar, aux commandes de Truman, a montré que la tâche ne serait pas aisée. Les pilotes n’avaient d’autre choix que de prendre des risques sur le tracé, composés de virages serrés, suivis de verticaux intransigeants. En très grande forme, et semblant parfaitement dans son élément, Jana Wargers a ensuite donné le ton avec son génial Limebridge, qu’elle a, encore une fois, piloté avec une précision redoutable.

Jana Wargers et Limbridge. © Sportfot

La performance de l’amazone, âgée de trente ans, a pris encore davantage d’ampleur, lorsque ses concurrents se sont mordu les dents sur l’herbe de la somptueuse place de Sienne. Sans donner l’impression de secouer le tapis, la nouvelle équipière de luxe de la Mannschaft a franchi les cellules d’arrivée en 43”19. Derrière elle, Tiffany Foster a essuyé une onéreuse dérobade, ainsi qu’une faute, sur Figor, tout comme la Suédoise Jonna Ekberg, dont le Selle Français Calypso de Beaufour a refusé le deuxième obstacle du parcours, sans doute abordé avec une prise de risque trop importante. L’Italien Emanuele Camilli et le Belge Nicola Philippaerts, déjà double zéro dans la Coupe, ont bien réussi à réitérer leur clear round, mais, malgré leurs efforts, ne sont pas parvenus à aller plus vite. Leurs complices, Chadellano PS et Katanga v/h Dingeshof se sont ainsi classés cinq et quatrièmes.

Jana Wargers, si près du but

Se sont ensuite enchaînés plusieurs parcours à une faute : ceux d’Eduardo Alvarez Aznar, neuvième sur Bentley de Sury, de Jörne Sprehe, huitième avec Hot Easy, celui de Kevin Staut, accompagné du très prometteur Bond Jamesbond de Hay, septième de son deuxième Grand Prix 5* et auteur de deux démonstrations, et celui de Christian Kukuk, sixième sur son Mumbai. Roger-Yves Bost, fringuant sur les pistes de Rome, aura renversé deux obstacles au barrage, pour conclure au dixième rang sur Ballerine du Vilpion, de plus en plus à l’aise à ce niveau d’épreuve, qu’elle continue de découvrir. Entre temps, Piergiorgio Bucci avait signé un sans-faute, pas des plus académiques et loin du style affiché par Jana Wargers un peu plus tôt dans l’après-midi. Malgré tout, l’Italien a ravi son public, terminant bon troisième.

Piergiorgio Bucci et Cochello. © Sportfot

Seul Denis Lynch pouvait alors venir priver Jana Wargers de la plus belle victoire de sa carrière. Et l’Irlandais ne s’est pas privé ! Déjà le plus rapide de l’acte initial avec Brooklyn Heights, un BWP de treize ans qu’il ne monte que depuis février et avec lequel il avait effleuré la victoire à Mexico, il y a un mois, le pilote de quarante-six ans a reproduit sa performance. Le poing levé en l’air, et, fait rare, le sourire jusqu’aux oreilles, Denis Lynch s’est imposé avec un chronomètre de 42”52. Une première en Grand Prix 5* en un peu moins de deux ans, sa dernière victoire remontant à septembre 2020, sur les pistes de l’Hubside Jumping de Grimaud.

Denis Lynch et Brooklyn Heights. © Sportfot

L’image marquante de la première manche du Grand Prix restera sans doute celle de la sortie de piste de Beth Underhill et Dieu Merci van T&L. Le couple, souverain au sein de l’équipe canadienne à La Baule puis vendredi, à Rome, et lauréat du temps fort individuel de l’Officiel de France, a été obligé d’interrompre son parcours après six sauts. À la réception du double numéro cinq, l’étalon bai n’était plus en mesure de galoper, refusant de s’appuyer sur son antérieur gauche, visiblement blessé. Tout de suite, sa cavalière a mis pied à terre et les équipes vétérinaires ont pris en charge le bai. Conduit à la clinique pour passer des radios, Dieu Merci semble s’en être bien tiré, selon les propos de son co-propriétaire Mark Adam Rein. “Bonne nouvelle. Dieu Merci va bien. Il s’est marché sur le glome à la réception du double, après un saut trop généreux. [...] Il est en bonne santé et va rentrer ce soir en Belgique. Il continuera à travailler vers les championnats du monde”, a-t-il écrit.

Plus de peur de que de mal pour Dieu Merci van T&L. © Sportfot

Les résultats complets ici.

Koen Vereecke vient à bout des Suédois à Opglabbeek

De son côté, Koen Vereecke a succédé à Sanne Thijssen. À Opglabbeek, le Belge s’est emparé du Grand Prix CSI 4*, joué samedi 28 mai. Associé à Lector vd Bisschop, un étalon de onze issu du croisement entre Bamako de Muze et une fille de For Pleasure, le pilote a devancé sur le fil deux Suédois. Pour six secondes de retard, Alexander Zettermann, dont les écuries sont basées en France, s’est incliné aux rênes de Triton Hastak, sa meilleure monture. L’an dernier, le couple était sorti victorieux du Grand Prix 3* de Falsterbo, avant de s’offrir deux épreuves à 1,45m en début d’année, à Vejer de la Frontera. Sa compatriote, Wilma Hellström, a, elle, terminé troisième, pour une poignée de centièmes de débours supplémentaire. L’amazone avait sellé sa Cicci Bjn, aperçue dans la Coupe des nations de La Baule, au début du mois. Pour Lector vd Bisschop, cette performance marque son premier succès en Grand Prix 4*, après avoir été primé en 2021 dans les temps forts des CSI 3* de Zandhoven et CSI 2 d’… Opglabbeek ! Pour rappel, Koen Vereecke s’était, lui, imposé dans une épreuve de même niveau, courue en indoor, début décembre dernier, avec l’expressif Kasanova de la Pomme, un étalon de douze ans.

Les résultats complets ici.

Photo à la Une : Denis Lynch et Brooklyn Heights, en route vers la victoire. © Sportfot

AuteurMélina Massias