Parfaitement à son aise, Martin Fuchs prend les commandes de la finale de la Coupe du monde de Leipzig

07 April 2022Auteur : Mélina Massias

Martin Fuchs est parfaitement lancé dans la finale de la Coupe du monde Longines de Leizpig. Le jeune Suisse, à qui la victoire finale avait échappé lors de la dernière édition de ce prestigieux circuit, en 2019, à Göteborg, a mis toutes les chances de son côté en remportant la Chasse sur l’attachant Chaplin. Sans trembler, le couple a enregistré le plus rapide sans-faute de la journée, prenant les devants sur l’Autrichien Max Kühner, impeccable sur Elektric Blue P et l’Irlandais Conor Swail, aussi redoutable outre-Atlantique que sur le Vieux Continent avec le bien nommé Count Me In. 

Après de trop longs mois d’attente, le coup d’envoi de la quarante-deuxième finale de la Coupe du monde de saut d’obstacles a finalement été donné, jeudi 7 avril en début d’après-midi. À Leipzig, en Allemagne, au cœur du salon Partner Pferd, le Belge Jos Verlooy a ouvert les hostilités, donnant le ton sur un parcours qui allait se révéler subtile et parfaitement dosé pour la traditionnelle Chasse, épreuve de vitesse où une barre est convertie en trois secondes à ajouter au chronomètre du couple. Aux rênes de Luciano van het Geinsteinde, qui n’avait plus concouru depuis sa tournée floridienne à Wellington, le jeune Diable Rouge a réalisé un parcours de bonne facture, ne péchant que sur la terrible palanque numéro douze, située au milieu de l’ultime ligne du tracé concocté par l’Allemand Frank Rothenberger. Ce vertical aux couleurs naturelles, légèrement dorées, s’est rapidement révélé comme le plus gros piège du parcours du jour, puisqu’il a totalisé quatorze fautes, soit un peu plus du quart de toutes celles concédées ce jeudi.

Chaplin et Martin Fuchs. © Richard Juilliart/FEI

Sur les trente-cinq couples au départ - Marie Goldstein Engle ayant déclaré forfait avant la Chasse -, neuf sont sortis de piste sans la moindre erreur. Il aura fallu attendre la fin de l’épreuve pour admirer le leader provisoire à l'œuvre. Récompensé par le dossard numéro trente-quatre au tirage au sort, Martin Fuchs a tout simplement mis tout le monde d'accord avec son vaillant Chaplin, parfaitement à son aise sur l’étroite piste germanique. Le couple, qui avait raflé la mise dans l’étape de Lyon, fin octobre, a enregistré un chronomètre de 65”11, soit le meilleur résultat final. “Je savais que Chaplin était très rapide, alors évidemment, cette épreuve de vitesse lui convenait parfaitement. J’ai obtenu un bon tirage, en partant en avant-dernier. J’ai ainsi pu voir tous mes concurrents. J’ai regardé la première moitié d’épreuve, puis quelques-uns des meilleurs sur l’écran dans la seconde partie. Cela m’a donné des indications sur le tempo que je devais avoir. Je suis heureux que cela ait payé”, a confié le Suisse, qui terminait deuxième de l’échéance de Göteborg en 2019 avec son fidèle Clooney, au micro de la Fédération équestre internationale (FEI). “En fin de compte, j’ai déroulé mon parcours exactement comme je l’avais imaginé lors de la reconnaissance. Demain, je vais monter The Sinner (lauréat du Grand Prix Coupe du monde de Londres en 2019, ndlr), puis Chaplin reviendra normalement en piste pour la finale dimanche.” 

Steve Guerdat s’éloigne d’un quatrième sacre

Juste avant Martin, son compatriote et ami, Steve Guerdat, avait concédé un total de douze points avec son compétitif Victorio des Frotards. Si rien n’est joué, l’ex-numéro un mondial, champion olympique et tenant du titre, pointe au vingt-cinquième rang et semble avoir perdu toute chance de décrocher une nouvelle victoire sur ce circuit qui lui tient tant à cœur. Les seuls espoirs de voir un pilote signé un quadruplé sur la mythique compétition indoor reposent désormais sur les épaules de l’Allemand Marcus Ehning. En selle sur Calanda 42, l’athlète de quarante-huit ans a malheureusement concédé une faute, sur la palanque numéro douze. Le numéro sept n’a guère porté chance au local, actuellement onzième. Cependant, tout reste possible, même si sa jument hanovrienne de treize ans, à laquelle il avait initialement préféré Stargold, ne dispose pas de la plus grande expérience à ce niveau.

Max Kühner. © Richard Juilliart/FEI

Outre Martin Fuchs, d’autres cavaliers ont semblé survoler cette épreuve, à commencer par Max Kühner. L’Allemand d’origine, qui court désormais sous les couleurs de l’Autriche, n’a jamais tremblé avec son efficace Elektric Blue P, impeccable de bout en bout. Le petit bai a livré une véritable démonstration en signant un parcours d’une fluidité parfaite. “Nous avions un plan, même si nous ne savons jamais s’il va porter ses fruits. Je suis content de ce début de compétition. Le parcours a été construit de façon très intelligente par Frank Rothenberger. C’était assez technique pour un Barème C”, a commenté le cavalier, qui pointe au deuxième rang du classement général. Il est suivi d’un cheveu par l’Irlandais Conor Swail. Juché sur Count Me In, celui qui découvre les joies de la finale de la Coupe du monde à cinquante ans, a signé un parcours parfait, à l’image de sa saison hivernale, disputée sur le continent américain. “Tout a fonctionné comme je l’espérais. C’est un super résultat pour débuter. Mon objectif était d’être dans le Top 5 aujourd’hui, alors mon contrat est rempli. Normalement, mon cheval se relâche au fil des parcours. Jusqu’ici, tout va bien !”, s’est réjoui le dynamique cavalier à l’issue de cette épreuve inaugurale.

Conor Swail et Count Me In. © Richard Juilliart/FEI

Courant à domicile, David Will a lui aussi offert une très bonne prestation à son public. Aux rênes de C Vier 2, le lauréat du Grand Prix du CSIO 5* de Rome occupe la quatrième position et n’a jamais semblé en difficulté sur son immense hongre de quatorze ans. L’Allemand devance McLain Ward, auteur du parcours le plus rapide avec Contagious, mais battu sur le deuxième plan de l’oxer numéro sept. Le couple, médaillé d’argent par équipe aux derniers Jeux olympiques, a encore toutes ses chances, tout comme Gerrit Nieberg, impressionnant avec son fidèle Ben, mais lui aussi sanctionné d’une faute, concédée sur l’entrée du double 9, qui a piégé six autres paires. Grâce à un solide clear round Jens Fredricson, frère de l’actuel numéro un mondial, est septième avec l’excellent Markan Cosmopolit, devant l’Américaine Hunter Holloway, le Néerlandais Harrie Smolders et l’Allemand Philipp Schulze Topphoff, qui complètent le Top 10 avec leurs respectifs Pepita Con Spita, Monaco 2 et Concordess NRW.

À domicile, David Will est actuellement le meilleur représentant allemand. © Richard Juilliart/FEI

D’autres beaux parcours

Soulignons également les très bonnes impressions laissées par les deux jeunes Britanniques Jack Whitaker et Harry Charles, dont la qualité d’équitation n’a rien à envier à leurs aînés. Avec une faute et un parcours plutôt tranquille, les deux joyaux de la couronne sont respectivement treize et dix-huitième sur Stardust et Valmy de la Lande. En compagnie de sa fidèle Bibici, Grégory Cottard, seul Français au départ de cette finale, a effleuré une barre en cours de parcours pour figurer au quinzième rang du classement provisoire. Venu pour prendre de l’expérience, la paire reste dans le coup. Surprenant, le Lituanien Andrius Petrovas est quatorzième avec son Linkolns, qui n’a craqué que sur l’ultime oxer du parcours. Si les têtes d’affiche ont logiquement pris les commandes à l’issue de cette première épreuve, il reste fort à faire. Dès demain, une épreuve type Grand Prix, avec une manche suivie d’un barrage, attend les pilotes, avant la grande finale de dimanche, qui comptera au moins deux parcours. Et comme dans tout championnat, la régularité sera la clef pour espérer soulever le trophée promis au vainqueur, d’autant que les écarts risquent d’être minces au sein du Top 10 à l’issue de la prochaine épreuve…

Les résultats complets ici.
Le parcours ici.
Les épreuves sont diffusées sur ClipMyHorse.tv.

Grégory Cottard et sa formidable Bibici. © Scoopdyga


Photo à la Une : Martin Fuchs et Chaplin. © Scoopdyga

AuteurMélina Massias