Jos Verlooy et Varoune, clap 3ème !

26 September 2021

Un championnat rempli de rebondissements où chaque détail aura compté. Les nombreux spectateurs auront vécu un très beau moment de sport conclu par la troisième victoire consécutive de Jos Verlooy et Varoune. Même si l'adage dit "jamais deux sans trois", ce n'était pas gagné d'avance ! 

Parmi les seize finalistes de ce championnat de Belgique, une famille est omniprésente avec pas moins de trois représentants. Cette fois, Nicola et Olivier sont en effet accompagnés de leur père Ludo Philippaerts qui revient semaine après semaine vers le haut niveau. Le multiple médaillé belge fêtera d’ailleurs son retour avec un parcours sans faute en seconde manche pour terminer à une très belle 6ème place avec Mr Idol S (Plot Blue), juste devant Nicola qui montait Moya vd Bisschop (Darco), issue d’une sœur d’Action Breaker et Quasimodo vd Molendreef, et juste derrière Olivier qui avait sellé Zayado (Cayado).

Le grand perdant du jour était sans aucun doute Grégory Wathelet. Après avoir pris la tête du championnat dès le premier jour, il semblait sur une voie toute tracée pour venir décrocher un second titre de champion de Belgique. Toutefois, le Liégeois s’est retrouvé avec un Faut-il des 7 Vallons (Comme Il Faut) dans ses mauvais jours. L’étalon de dix ans aura montré une nouvelle fois son incroyable respect, en franchissant le vertical placé après la rivière avec une réactivité inégalée, mais il aura aussi montré sa volonté à de pas se soumettre aux demandes de son pilote, entrainant deux fautes lors du premier tour et un abandon dans le second après une entrée effrayante dans le double dont ils se sortiront miraculeusement sans encombre. Ce sport réserve décidément toujours des surprises.

Avec un point de temps dépassé, Wilm Vermeir se maintient au contact des meilleurs avec Joyride S (Toulon) pour finir à une belle 4ème place !

Après son podium hier dans les Sires, Gilles Thomas est encore présent mais cette fois avec son fidèle Konak (Nabab de Rêve). Malheureusement, comme au premier tour, le jeune homme ne peut éviter une faute qui l’éloigne définitivement du titre même s’il se maintient sur le podium.

La différence entre les deux hommes de tête est infime. Lors de la première manche, Jos Verlooy n’a pu éviter un point de dépassement de temps qui lui a couté le leadership. Il sait que pour mettre la pression sur le jeune Thibeau Spits, il doit réaliser le sans-faute mais Varoune faute sur l’élément central du triple.

Les données sont très simples : il y a 4,98 points d’écart entre le double champion de Belgique Jos Verlooy et le tout jeune Thibeau Spits qui court ici son tout premier championnat de Belgique Senior avec Classic Touch DH (Casall). Le fils de Patrick Spits a droit à une barre ou un point de temps ! Il réussit un parcours somptueux malgré la pression mais il ne peut éviter la faute sur l’avant dernier obstacle du parcours. Tout est encore jouable sauf que le chronomètre s’arrête avec un point de temps dépassé : la joie fait place à une frustration de courte durée : Jos Verlooy marque l’histoire du championnat de Belgique en remportant un troisième titre avec le même cheval !

« Je pense que c’est unique dans le sport de remporter trois titres d’affilée avec le même cheval. C’est sûr que ce championnat aura vu de nombreux retournements de situation. J’étais très déçu par mon point de temps dépassé en première manche puis finalement, cela se joue à pas grand-chose. C’est dommage pour Thibeau mais c’est bien pour moi. » réagira Jos Verlooy.

Il faut dire que ce podium était sans aucun doute le plus jeune podium de l’histoire de ce championnat : 26 ans, 20 ans et 21 ans. Les jeunes confirment leurs prestations de cet été où ils ont trusté tous les médailles d’or par équipes aux championnats d’Europe et cela confirme la belle politique de la fédération qui les met en valeur et leur permet de prendre rapidement de l’expérience.

Issu d’une famille de chevaux mais aussi de gens qui savent ce qu’est le travail et qui savent profiter des bons moments en restant toujours positifs, Thibeau Spits aura fait preuve d’une maturité impressionnante et il ne fait aucun doute que sa première apparition en appelle beaucoup d’autres : « Lorsque j’ai sauté le dernier obstacle, j’ai regardé l’écran et j’ai vu 4 points -je savais que j’avais droit à cette faute- puis le 5 est apparu et là, je savais que ça ne passait pas. J’ai été déçu de ces cinq secondes mais je me suis rapidement dit que j'étais tout de même deuxième de mon premier championnat de Belgique ! Je ne suis finalement pas déçu, je suis assez fier de ma prestation. J’ai eu la chance d’avoir de bons chevaux dans ma jeune carrière mais je pense que celui-ci est vraiment le meilleur. Il a d’énormes moyens, il est vraiment exceptionnel. Je suis heureux de l’avoir et d’avoir pu le garder. A la fin de la première manche, j’ai essayé de rester concentré, je me suis isolé, et ce n’est que lorsque je suis parti marcher la piste de la seconde manche que j’ai constaté sur le tableau que je partais en dernier et que j’ai réalisé que j’étais en tête. Je pense que ne pas avoir vu mon grand-père (Jos Ceulemans, ndlr) entre les deux manches était positif. Mon père a été cavalier de haut niveau, il sait ce que c’est et il a compris que c’était important de ne pas nous mettre plus de pression. Je suis vraiment ravi de cette prestation. Il est clair que j’ai l’habitude d’évoluer à ce niveau mais être aux côtés des meilleurs pilotes belges, cela joue psychologiquement. Je n’ai eu aucun stress en marchant la piste. Sur aucun des tours je ne me suis dit « ouhla, c’est trop gros ici », c’était juste technique. J’ai essayé de rester aussi relax que possible. »

Troisième la veille, Gilles Thomas prend une seconde médaille de bronze ce week-end : « Je pense que ce dernier mois, je n’ai jamais été aussi souvent troisième de toute ma vie ! Il est clair que les sentiments sont mitigés car j’aurais aussi pu gagner et Thibeau aussi … mais Jos est un peu plus âgé (rire). Nous sommes encore jeunes, nous aurons d’autres chances. Je me suis vraiment concentré sur mes tours et je n’ai pas regardé ceux des autres. Lorsque j’ai fait ma barre dans la dernière manche, je n’avais aucune idée d’où cela allait me conduire et quand j’ai vu 1er sur l’écran, j’ai compris que j’avais au moins une médaille. Je pense que c’était un beau championnat à suivre avec beaucoup de changement. Je dois vraiment remercier mon oncle, Marc van Dijck, car sans lui, je ne serai pas là. Il avait déjà son écurie, une incroyable expérience, de bons contacts avec des éleveurs et des propriétaires qui m’ont permis d’avoir de bons chevaux dès mon plus jeune âge. Lorsque certains sont vendus ou pensionnés, il a toujours anticipé la suite ! Petit à petit, il m’intègre un peu plus dans les discussions mais il veut absolument que je n’aie qu’à me concentrer sur mes parcours et c’est très confortable pour moi. Konak a été élevé chez nous, je le monte depuis ses 4 ans. A 8 ans, nous avons gagné le championnat de Belgique des Jeunes cavaliers et nous avons terminé quatrièmes des championnats d’Europe Jeunes cavaliers en individuel et deuxièmes par équipe. L’an dernier, nous avons participé à notre premier championnat de Belgique Senior et nous étions dixième. Nous avons eu la chance de sauter des étapes du Global Champions Tour et des Coupes des nations. Nous avons donc de l’expérience à ce niveau malgré notre jeune âge et nous nous connaissons par cœur, ce qui a rendu les choses moins stressantes. »