Yves Vanderhasselt : le rêve de l'amateur

26 avril 2019Auteur : Julien Counet

Dernière partie de notre reportage sur le belge Yves Vanderhasselt.

Vous trouvez ça normal le système de ranking, d’invitations aux concours ? 

Y. V. : « Non, ce n’est pas normal. Si on change déjà le système et qu’on donne des points à une paire cavalier-cheval, et un max de vingt ou trente résultats par an, les meilleurs résultats d’un couple quoi. Ce serait plus juste. Maintenant les bons cavaliers, ils ont beaucoup de chevaux, ils peuvent aller tous les week-ends aux concours et ça ne laisse pas la chance aux autres de rentrer dedans.»

C’est frustrant ça ?

Y. V. : « Non parce que le chef d’équipe a confiance en moi et il m’a donné ma chance entre autres pour Aix-la-Chapelle et Saint Gall. J’ai eu une sélection pour Knokke et les Stephex Masters, deux cinq étoiles, je n’ai aucune raison de me plaindre. »

 

Ça fait plaisir qu’il ait confiance en vous ou le fait que quand on a des résultats, le reste suit ? Le fait d’avoir des résultats et le fait que vous avez pu avoir d’autres sélections et que tout s’est enchaîné par le côté sportif justement ?

Y. V. : « Lorsqu’ on reçoit une sélection, on veut bien faire pour prouver qu’on a mérité la place. Je suis aussi très content qu’Hetman of Colors a très bien sauté à Lanaken. J’avais inscrit Hetman pour le championnat de Belgique et je suis encore septième. Il va pouvoir aider Jeunesse, je suis content de pouvoir compter sur lui comme deuxième cheval.»

Ça justement, ce sont des résultats que vous pensez qui n’auraient pas été possibles si vous n’aviez pas eu la possibilité de pouvoir faire du plus haut niveau ou là maintenant un championnat de Belgique avec même pas plus que ça d’expérience, vous arrivez à gérer ça parce que ça vous parait plus facile ?  

Y. V. : « Probablement oui. Je suis quand même plus dans le rythme qu’avant. Et cette année j’ai pris quand même beaucoup d’expérience, à ce niveau. »

On parle toujours de votre talent en piste c’est une chose mais la force de caractère c’en est une autre aussi. Quand on voit, quand vous avez décidé d’arrêter de fumer en un jour ça montre aussi le caractère, la détermination que vous pouvez avoir pour certaines choses. 

Y. V. : « Oui probablement. Oui si je veux quelque chose, je réussis à l’avoir. »

 

C’est depuis que vous êtes petit ? C’est d’être dans une famille nombreuse qu’on apprend ça ?  

Y. V. : « Je pense bien. »

Avec Jeunesse, ou même avec d’autres, vous comptez encore faire des jeunes chevaux tout de suite ?  Le temps que vous prenez pour les grands concours avec Jeunesse, ça ne vous donne plus l’opportunité d’en faire … 

Y. V. : « Si si je vais continuer aussi. Il y a quelques quatre ans et il y a déjà un fils de Jeunesse qui va rentrer pour être débourré. »

Et lui, vous ne laisserez le soin à personne de le monter ?

Y. V. : « Non.  On va continuer bien sûr. J’aime bien monter les jeunes chevaux. »

 

C’est votre façon de rester les pieds sur terre ? 

Y. V. : « Non mais je veux les sentir. Pour les juger c’est beaucoup plus facile quand on est dessus que quand on les voit. Il faut les monter, peut-être pas tous les jours mais il faut les monter. »

Dans votre parcours justement, c’est Marc Van Dijck qui vous a également aidé et formé pour la plupart ou vous avez eu d’autres coachs ?

Y.V. : « Non après, je n’en ai plus eu. L’hiver passé, j’ai pris des cours de dressage avec Jeunesse. »

Auprès de qui ?  

Y. Vdh. : « Chez Peter Demeulder qui habite ici à cinq minutes, il a fait les concours quand même à un bon niveau. Lui c’est vraiment un prof de dressage et ça nous a aidés, ça c’est sûr. Pendant la saison, je ne l’ai plus fait et comme elle avait fait assez de concours et je ne voulais pas trop l’embêter entre les concours. Mais ça nous a aidés à développer, à être plus forts, à être plus précis. Mais des cours d’obstacles je n’ai pas eu. »

Vous avez eu Marc Van Dijck mais pendant le temps où vous étiez chez Stephex, Gilbert De Roock vous aidait un peu ou pas spécialement ? 

Y.Vdh. : « Non, pas spécialement. Tout le monde faisait un peu son truc. Nous avons eu quelques cours avec Lesley McNaught chez Stephex. Par contre, je regarde beaucoup, j’aime bien regarder les autres, ça oui. »

 

Yves fut sacré champion du monde des 5 ans avec Gladys (Wandor vd Mispelaere) qui évoluera ensuite au haut niveau avec Daniel Deusser.

Un moment donné, vous n’aviez pas eu Trevor Coyle qui vous avait un peu aidé ?

Y. Vdh. : « Non. J’y ai pensé à ça, j’ai eu contact avec Trevor aussi, il habite à cinq minutes de chez nous mais je n’ai jamais eu cours avec lui. »

C’est vraiment Marc van Dijck qui vous a pris en main très jeune et amené jusqu’au haut niveau… Qu’est-ce qu’il vous a apporté ?

Y. Vdh. : « De garder tout simplement.  Ne pas trop compliquer, rester dans le relax, ne pas commencer à demander trop, à mettre des embouchures trop fortes, à mettre des guêtres trop fort au ¼ de tour, ça affole.  Relax, ne pas mettre trop de pression. »

La collaboration là-bas même justement quand vous avez commencé à monter pour lui, qu’est-ce qui a fait que ça pouvait fonctionner aussi longtemps, parce que c’est quand même quelque chose qui a duré pas mal d’années ?

Y. Vdh. : « Oui presque dix ans. Je ne sais pas… »

Vous vous complétez bien comme ça ?  

Y. Vdh. : « Oui apparemment, c’est lui qui les travaillait en semaine et apparemment, on était assez complémentaires, les chevaux sautaient bien. »

Tout le monde y trouvait son compte. 

Y. Vdh. : « Oui, apparemment oui. Pour moi c’était une bonne solution. Je pouvais aller aux concours avec de bons chevaux sans devoir mettre trop de temps et pour lui c’était une aussi bonne solution, il avait un cavalier. »

Votre vie de famille, c’est important aussi ?

Y. Vdh. : « Oui c’est très important parce que les enfants vont dormir entre 7 et 8h donc, je veux être à la maison au plus tard à 6 heures.   C’est pour ça que j’en monte deux à midi mais j’ai un bon cavalier à la maison. Il sort les chevaux deux fois par jour au moins si ce n’est pas trois fois comme je n’ai pas beaucoup de chevaux, c’est gérable. »

Mais finalement, dans ce que vous avez fait jusqu’à présent, vous avez fait également des concessions sur les concours pour votre famille aussi  ? 

Y. Vdh. : « Non ça pas. Ma femme aussi, elle va  me motiver et me soutenir plutôt que de me dire de rester à la maison.  Toute la famille va plutôt me soutenir… »

 

Ils vont vous soutenir ou ils vont vous pousser pour que vous le fassiez ? 

Y. Vdh. : « Oui oui, pousser. »

Parce que vous seriez plus à ne pas oser ou à ne pas vouloir ?

Y. Vdh. : « Si si, je sais qu’on n’a pas de la chance tous les jours donc je dois en profiter tant qu’elle est là, qu’elle est en bonne santé, tant que je sais je me rends compte que je dois en profiter à ce moment-là et ils vont me suivre là-dedans. »

Pour vous maintenant, le plus dur avec Jeunesse c’est de se projeter dans le futur ou c’est d’accepter de la garder, vous qui aimez justement être un peu réaliste avec les offres qui peuvent arriver pour la jument ? Vous avez hésité un moment donné ? 

Y. Vdh. : « C’est plutôt mon père qui a toujours dit « attends attends maintenant quand tu as une bonne jument, profites-en » et Evelyne aussi elle dit « profites-en au lieu de la vendre maintenant » et si tout se passe bien, quand elle aura dix ans ou onze ans, elle vaudra toujours beaucoup d’argent. Donc c’est ce qu’on fait, on va en profiter un peu. »

Les championnats d’Europe cette année, ça peut être un objectif ?

Y. Vdh. : « Oui ça pourrait être un objectif. Tryon, ça n’a jamais été un objectif parce que c’était trop près. Jamais je n’ai pensé à Tryon mais après Saint Gall et Aix la Chapelle, on sait de quoi elle est capable, et les championnats d’Europe, ça pourrait être un objectif, oui. »  

 FIN. Merci d'avoir suivi ce nouveau reportage !

AuteurJulien Counet