Romain Potin, une vie autour du cheval.

01 juin 2016Auteur : Julien Counet

Finaliste du championnat du monde des jeunes chevaux avec Tzigano Massuere (Cassini II) à six et sept ans, Romain Potin évolue désormais en Grand Prix avec son étalon alezan mais il a également pu compter en ce début de saison sur son jeune Impressario vd Heffinck (Diabeau) qui s'est illustré à plusieurs reprises à seulement huit ans. Mais si Romain Potin s'illustre en piste, c'est également un jeune entrepreneur très impliqué dans la réussite de ses affaires. Après avoir intégré l'équipe de la société familiale Jump'in, le jeune homme développe également avec son épouse Juliette Bataille le site internet Mors and More. C'est notre rencontre du mois !

Quels ont été vos premiers contacts dans les chevaux ?

« Mes parents avaient un centre équestre, du coup je suis tombé dedans tout petit. J'ai eu un Shetland quasiment dès ma naissance et j'ai suivi mon père qui était chef de piste sur les terrains de concours. Il faisait jusqu'à 150-200 pistes par an. J'étais toujours avec lui jusqu'au CPE où je n'ai quasiment pas été à l'école. J'étais toujours parti dans les chevaux. J'ai fait mon premier concours à 5 ans et demi sur un cross au Touquet. Ensuite, j'ai participé à tout le circuit junior que l'on a chez nous avec les poussins, benjamins, minimes, cadets. A cette époque, les finales se déroulaient encore soit à Fontainebleau, soit au Touquet. J'ai été champion de France en benjamin, deux fois second en ! junior, une médaille de bronze en jeunes cavaliers et j'ai toujours eu la chance jusqu'à aujourd'hui de me retrouver en finale, c'est-à-dire dans les 20 meilleurs. J'ai toujours eu les chevaux pour. J'ai également eu l'opportunité de monter aux championnats d'Europe à Vilamoura. »

Même si c'est chez ses parents, quand on débute en club comme cela, on a tout de suite l'envie de la compétition ou c'est avant tout un loisir ?

« Cela a toujours été la compétition. Même entre copains quand on s'amuse , c'est la compétition. On a tous fait un peu les « cons » à poney. Dans une ballade, c'est toujours à celui qui va le plus vite. La compétition est donc toujours présente que ce soit de manière directe ou pas. Personnellement, c'est toujours le concours qui me motive le plus même si cela implique de travailler à la maison et de dresser les chevaux. C'est une obligation mais ce qui me branche, c'est la compétition. »

Quand commencez-vous à quitter le poney club pour d'autres professeurs ?

« Mon père m'a toujours suivi jusqu'à l'âge de 10-12 ans. Ensuite, j'ai eu l'opportunité puisque entre temps mes parents avaient développé la marque Jump'in de me rendre chez Hervé Godignon à plusieurs reprises. Généralement, je m'y rendais une à deux fois durant l'hiver. Mon père était également très proche d'Olivier Dessuter où j'ai également été prendre pas mal de leçons tout comme chez Nicolas Duhamel. »

Quand on travaille essentiellement en famille comme cela, cela crée des tensions familiales ?

« Obligatoirement. Je pense que de toute façon, même sans être de la même famille, lorsqu'on travaille toujours avec la même personne il y a toujours des tensions qui se créent à un moment. Lorsque c'est en famille, cela veut dire que l'on associe tout : le travail, le plaisir… Il faut donc réussir à ce que chacun trouve son équilibre. Je n'ai néanmoins pas eu vraiment de difficultés particulières avec cela. Mes parents m'ont toujours laissé très libres, je n'en ai donc pas souffert. »

Lorsqu'on franchit les échelons et qu'on accumule les résultats, on rêve de devenir cavalier professionnel ou vous avez toujours eu d'autres aspirations ?

« Oui, évidemment, à un moment, on rêve de ne faire que ça mais aujourd'hui, c'est tellement compliqué de gagner sa vie correctement de cette manière. J'ai essayé après mes études mais cela s'est révélé difficile. Je me suis directement installé chez mes parents, c'est peut-être aussi une des raisons de cet échec mais j'ai toujours eu la chance d'avoir les chevaux alors ça ne m'a jamais tenté d'aller m'expatrier ailleurs. A cette époque, j'avais trois-quatre bons chevaux que j'ai vendus par la suite et qui m'ont permis de réinvestir pour la suite. Est-ce à cause de la situation géographique, je ne sais pas mais cela ne semblait pas possible ce qui fait qu'à un moment, j'ai préféré continuer les chevaux mais d'une autre manière en intégrant également la société familiale puis en lançant également avec mon épouse notre propre projet avec la société Mors and More ... »

A demain pour le deuxième volet !  

AuteurJulien Counet