Richard Howley et Arlo de Blondel, maîtres de Sentower Park !

20 July 2020

Ils étaient 221 chevaux à avoir tenté de qualifier leur cavalier pour le Grand Prix jeudi, où 80 recevront l’autorisation de s’élancer ! Vu la qualité du plateau, la lutte aura été très rude. 

Dimanche, le Grand Prix aura néanmoins livré une belle épreuve bien dosée avec 18 barragistes alors que trois cavaliers se feront piéger par le chronomètre. Parmi eux, un seul ne sera pas classé. Le chef de piste hollandais Henk Linders aura donc parfaitement rempli son contrat. 

Après quelques concurrents, l’Irlandais Richard Howley a d’emblée frappé très fort avec un magnifique chronomètre de 41''42 tout en étant sans pénalité ! 

Beaucoup tenteront d’aller le chercher mais personne ne réussira à faire mieux ! Pourtant il y avait du beau monde dans ce barrage, alors que Sentower Park avait accueilli tout au long du week-end une partie de l’élite mondiale. 

Très en forme ces derniers week-ends, Johny Pals (vainqueur à Bonheiden la semaine dernière avec le même Fernando (For Pleasure) aura tellement voulu en faire qu’il fautera dès le début du parcours avant de ralentir directement pour finir tranquillement, tout comme Denis Lynch avec son très beau Chateau Petrus (Cornet Obolensky), et même David Will sur l’impressionnant Darius de Kezeg Z (Darco). 

Au final, le seul à avoir réussi à s’approcher de Richard Howley, c’est son compatriote Darragh Kenny sur le très bien nommé Chic Chic (Comme Il Faut), deuxième avec 42''85.

Seule Belge présente au barrage, Ann Carton s’est une nouvelle fois illustrée avec Kai Licha de Carmel (Prince vd Wolfsakker) avec un très beau barrage, réussissant à se placer devant les américains. Laura Kraut, ne parvenant pas à faire mieux que la Belge, finira à la 4e place sur Galliano VM (Ukato) et Lucas Porter sur C Hunter (Cassini II). 

Ann Carton ne pouvait que se réjouir de cette belle troisième place : « La situation que nous vivons actuellement n’est pas facile car il n’y a plus de grand concours et du coup, tout le monde fait du deux étoiles ! Vendredi, l’épreuve qualificative pour le Grand Prix avait déjà le niveau du Grand Prix... et il y avait 30 sans-faute ! Ce dimanche, on aura eu un Grand Prix qui ressemblait plus à un trois étoiles... à part la dotation ! C’est très difficile mais je suis heureuse car mon plan a très bien fonctionné. Quand j’ai vu le parcours de Richard Howley, je me suis dit qu’on avait le vainqueur de l’épreuve, et avec Darragh Kenny qui est également très rapide, j’espérais me retrouver vers la 3e ou 4e place. Pour cela, je devais déjà prendre beaucoup de risques mais ma jument a une nouvelle fois très bien sauté. J’ai acheté Kai Licha à un voisin. Elle est née dans le village où nous sommes installés. Elle avait 5 ans lorsqu’elle nous a rejoint et avait juste fait 2-3 concours sur 90 cm. C’est une jument qui a toujours montré de très belles choses et avec qui j’ai toujours espéré... mais lorsque j’ai vendu mon cheval de tête, Irvine Ter Doorn, en tout début d’année dernière, je n’étais pas certaine que Kai Licha pourrait prendre sa place. Au départ, je la voyais comme une très bonne jument pour sauter 1m40-45... puis, à la fin de son année de 7 ans, nous avons sauté notre première ranking et pendant cette épreuve, je me suis dit qu’elle le faisait vraiment facilement. Depuis, elle a continué à progresser et n’a jamais arrêté de me surprendre. Nous avons sauté quelques épreuves à 1m60 et nous avons même reçu notre chance pour aller sauter l’étape de Coupe du Monde de Leipzig en début d’année où nous n’avons pas démérité. J’ai déjà eu la chance de monter plusieurs chevaux de Grand Prix tels Funky Musik, Dakota ou encore Irvine que j’ai tous eu la chance de former depuis leur plus jeune âge... mais aujourd’hui, je pense réellement que Kai Licha est vraiment le cheval le plus spécial que j’ai eu à monter. Je pense que c’est le cheval de ma vie car je ne pense pas que je pourrai encore retrouver un cheval de ce calibre... même si j’espère évidemment encore avoir quelques bons chevaux. Elle me donne un sentiment d’une telle aisance sur les parcours, je n’avais pas encore connu cela avant elle. C’est très simple, je ne fais pas d’erreur, nous sommes toujours sans-faute. »

« Gagner un Grand Prix, cela fait toujours plaisir, mais gagner devant tant de concurrence, c’est vraiment un sentiment agréable. Arlo est un cheval naturellement très rapide, il nous a donc qualifiés dès le premier jour en sautant très bien. J’ai eu la chance de me retrouver d’emblée dans les 30 meilleurs, ce qui n’était pas facile avec plus de 200 chevaux dans la compétition ! Du coup, j’ai ensuite fait l’épreuve du lendemain juste comme une préparation en vue du Grand Prix. Avec toute cette crise sanitaire, je suis vraiment heureux de le retrouver directement en super forme sans avoir fait tant de concours. J’avais acheté Arlo l’an dernier à Michael Whitaker et le premier concours que j’ai fait avec lui, je suis venu ici à Opglabeek, c’était en octobre, et nous avons gagné le Grand Prix ! J’aime beaucoup venir ici, je trouve que c’est une des meilleurs installations pour faire du concours en Europe et ce sont probablement les meilleurs concours deux étoiles qui existent en Europe. J’habite en Grande-Bretagne au sein de HK stables. Nous avons eu la chance de pouvoir venir avec quatre cavaliers ici. Une élève et trois montant pour nos écuries. Cela a permis à nos chevaux d’apprendre beaucoup et de progresser. Notre écurie est concentrée sur l’achat de jeunes chevaux prometteurs que nous produisons jusqu’en Grand Prix avant de les vendre. J’espère vraiment que nous allons réussir à nous débarrasser du coronavirus pour pouvoir continuer à faire notre sport car beaucoup de nous vivons de cela et nous avons besoin de faire du concours, à la fois pour en vivre et pour maintenir les chevaux à un niveau de compétition. »