Ready Cash, l'avènement d'un roi

15 août 2012Auteur : Julien Counet

Petit détour dans le monde du trot pour un crack qui a su faire vibrer tous les amateurs de chevaux cet hiver ! Après avoir remporté trois des quatre B, il a réalisé le doublé dans le prix d'Amérique. Rencontre avec Ready Cash et son entourage !

Pour nous parler de lui, nous avons rencontré un homme de l'ombre. Proche de Philippe Allaire depuis de nombreuses années, l'homme est discret et il nous aura fallu beaucoup d'insistance pour qu' il accepte de nous parler. « Ready Cash parle de lui-même », nous dira-t-il d'abord. L'homme ne veut surtout pas « parader » autour du crack. Pourtant sans lui, ce cheval ne serait pas là car c'est lui qui s'est battu pour faire admettre son grand-père, et c'est encore lui qui a convaincu l'éleveur de son père de tenter le croisement.

Christophe Toulorge, une encyclopédie si discrète.

Il s' appelle Christophe Toulorge et est un passionné de génétique. Une science impressionnante et d'une discrétion qui l'est tout autant. Lorsqu'on lui demande comment il a rencontré Ready Cash, il nous répond : « Ready Cash est né chez Pierre Tibirent en Mayenne qui l'a toujours en co-propriété avec Philippe Allaire. Sa mère et sa grand-mère avaient déjà été entraînées par Philippe. » Entretien avec Christophe Toulorge :

Qu' est-ce que vous regardez quand vous achetez ou repérez un poulain ? 

« Son origine ! Après, on essaie de faire une connexion entre ce qui a été bien dans l'origine avec les descendances, les chevaux que l'on a connus ou observés pour retrouver leurs qualités dans le foal ou le yearling. » 

Est-ce qu'il faut attendre l'entraînement pour voir si vous avez vu juste ou non ? 

« Un trotteur, oui ! Au trot, il y a les bases c'est-à-dire l' aptitude, l' allure surtout et la capacité physique mais le reste, c' est l' homme qui le fabrique ! C'est pour cette raison que ce sont toujours les mêmes entraîneurs qui sortent la majorité des chevaux classiques dans le trot. » 


Quand avez-vous commencé à penser que Ready Cash avait quelque chose en plus ? 

« Tout de suite ! On a tout de suite vu qu'il était hors-norme ! Au bout de quinze jours, on a vu qu'il était bien fait dans sa bouche avec une impulsion et une vitesse de base : tout. Un trotteur ne commence à courir qu' une grosse année plus tard car ensuite, il y a douze mois de construction avant d' aller faire les qualifications. »

À partir du moment où on se rend compte qu' on a un cheval de grande classe, est-ce qu' on le gère différemment dans son entraînement ? 

« Ce n' est pas moi qui l'entraîne mais Philippe qui gère cela. Dans ces cas là, il fait beaucoup de kilomètres pour faire le cœur et fabriquer le cheval. Il ne l'« envoie » pas d'entrée de jeu. » 

Est-ce qu'on appréhende le fait de gérer des chevaux d'une telle valeur ? 

« Non ! Pas chez nous. Simplement parce que, sans prétention, chez nous, lorsqu' on voit un cheval : on l' imagine « étalon ». On met donc la barre très haut et on ne peut donc être que déçu. Un cheval qui rentre entier chez nous, c'est qu'il a un gros potentiel. Les relâcher dans les champs pour dire, comme le font certains, qu'on va les attendre : chez nous, ça n'existe pas ! Je n' ai jamais vu Philippe trembler en disant « oh la la, quel crack ». C' est un métier de compétition ! Le but n'est pas de jouer à cache-cache en disant, c'est moi le meilleur mais je ne vais pas le dire tout de suite ! C'est de suite sur le ring lorsqu'ils sont construits évidemment. Après, on peut se mentir et dans notre métier, il y en a beaucoup qui se mentent mais nous ce n' est pas notre cas. » 

Est-ce une pression positive justement ? 

« Oui ! Déjà, c'est une passion, on ne vit que pour ça. On ne vit pas aujourd' hui, on vit le lendemain. Aujourd' hui, ce qui nous intéresse dans la carrière de Ready Cash, ce sont ses poulains, ce qu'il commence à représenter avec la production qu'il a. » 

La seconde partie dès demain !

AuteurJulien Counet