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Quelle victoire de Grand Prix savoure-t-on le plus ?

11 juin 2021Auteur : Lea Tchilinguirian

À l’heure où les tournées se multiplient, les titres victorieux s’oublient ou se mélangent aussi rapidement qu’une nouvelle semaine de compétition débute. Si remporter un Grand Prix quel que soit son niveau est une satisfaction, ne nous perdons-nous pas avec ces appellations identiques ? Y a-t-il plus de saveur à remporter un Grand Prix lors d’un évènement à date unique, pour conserver son titre jusqu’à la prochaine édition ? C’est notre question du mois ! 

Pour y répondre, nous nous sommes tournés vers la Belge Cindy van der Straten, qui ne se déplace plus lors des tournées, le tricolore Nicolas Delmotte, régulièrement classé lors du Mediterranean Equestrian Tour ou encore lors des weeks-end à Grimaud ainsi qu'au nouveau dans la cour des grands, Arnaud Doem.

Cindy van der Straten

La cavalière Belge Cindy van der Straten, qu’on retrouve régulièrement sur le circuit du Global Champions Tour, commence par nous confier ne pas aimer participer aux tournées. « Je trouve qu’on perd cette niaque. Lorsque je m’y déplaçais, la première semaine j’avais hâte de concourir puis, plus les semaines passaient, je perdais cette envie, comme une impression d’être à la maison. Je n’avais plus la même concentration. Je trouve également qu’on le ressent sur les chevaux qui s’installent dans une routine. À chaque fois qu’on change de lieu de compétition, on a cette euphorie de fouler une nouvelle piste pour aller chercher la victoire. Je favorise donc les concours à date unique, aussi pour des raisons plus personnelles avec mon fils que je veux voir le plus possible. »

De son point de vue, « gagner un Grand Prix dans l’année, où qu’il soit, est déjà très bien ! Un Grand Prix est un Grand Prix, le niveau et la dotation sont les mêmes partout. Pour les cavaliers d’un niveau supérieur au mien, je pense que l’importance est avant tout la régularité, être sans-faute et classé dans n’importe quelle épreuve. »

Nicolas Delmotte

Continuons notre tour d’horizon avec le cavalier Français en lice pour les Jeux olympiques de Tokyo cet été, Nicolas Delmotte. Le vainqueur du Grand Prix CSI 3* d’Oliva ou encore quatrième du 4* de Grimaud nous répond : « Chaque victoire dans un Grand Prix est importante, que ce soit sur une tournée ou un concours qui n’a lieu qu’une fois dans l’année. Si le cavalier gagne, c’est qu’il l’a mérité. Aujourd’hui, quel que soit le niveau, et encore bien plus en 5*, gagner est devenu très difficile. La concurrence est rude surtout lorsqu’on voit la technicité des parcours et la vitesse qu’il faut pour être dans le temps. »

Régulièrement présent lors des tournées en début d’année pour remettre ses chevaux en route, Nicolas Delmotte nous explique pourquoi il apprécie ce concept. « J’essaie toujours d’être positif et d’encourager les organisateurs. Le système des tournées est bien puisqu’on peut emmener pas mal de chevaux, et ce sont très souvent de beaux sites. Qu’une victoire soit là où ailleurs, sur le papier, elle est là. Cependant, on ne peut pas comparer la sensation que l’on ressent lorsqu’on est par exemple sur la piste de Grimaud qui organise des CSI de différents niveaux régulièrement face à une piste comme Calgary, Aix-la-Chapelle ou encore La Baule, qui sont des noms qui sortent du commun. Ce sont des pistes mythiques que l’on foule qu’une fois dans l’année avec pour rêve de tous cavaliers, gagner le Grand Prix. » 

Arnaud Doem

Alors qu’il n’a pas encore trente ans, le natif de Mons a fait son entrée dans la cour des grands en faisant ses débuts en cinq étoiles et à quelques étapes du circuit Coupe du monde. Arnaud Doem se veut plus nuancé que nos deux autres intervenants, et pointe l’utilité des deux formules : « Il est certain que gagner un concours qui se déroule une seule fois l’année rend les choses plus spéciales. On voit aussi que l’intérêt du public et des sponsors est beaucoup plus important. Cela donne de la motivation en tant que cavalier et c’est pour vivre ces choses-là que l’on monte et que l’on pratique ce sport. Maintenant, on peut aussi apprécier les grosses structures que ce soit pour des tournées ou des installations qui accueillent de nombreux concours par an. En Belgique, des installations comme Sentower Park, Azelhof ou Peelbergen en Hollande ont véritablement fait évoluer le commerce. Rien que pour cela, heureusement qu’ils sont là. Après des concours à répétition dans ce genre de structures peuvent vite prendre des tournures d’entrainement grandeur nature plus que de compétitions mais cela a le mérite d’exister. On a vu aussi que durant des périodes plus compliquées, on était bien contents de pouvoir compter sur ce style d’infrastructures car il n’y avait plus qu’eux qui étaient capables d’organiser des concours et nous avons tous été très heureux de pouvoir y aller. Ce sont ces installations qui ont gardé notre sport à flot. »

Crédit photos : Sportfot.com. Rédigé en collaboration avec Julien Counet.

AuteurLea Tchilinguirian