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Pius Schwizer, l’expérience et la fougue

24 juin 2020Auteur : Oriane Grandjean

Dans cette troisième partie, Pius Schwizer nous explique son organisation à Oensingen.

Combien avez-vous de boxes ici, à Oensingen ?

Pius Schwizer: Près de 70 et nous avons une soixantaine de chevaux. J’aimerais bien en avoir un peu moins, mais en étant marchand et cavalier, il y a toujours beaucoup de mouvement. Quelques-uns partent, d’autres arrivent. Je n’ai pas que des clients qui sautent en compétition, mais aussi des cavaliers qui veulent simplement aller en balade. Je viens d’ailleurs de vendre un bon cheval de saut à des clients qui vont l’utiliser pour faire de la voltige !

Parlez-nous de votre équipe de cavaliers…

Il y a Alexis Goulet et Florence, mon épouse, ainsi que des cavaliers maisons, des grooms et des palefreniers. Alexis Goulet, qui est chez mois depuis un an, a énormément de potentiel. C’est un cavalier hors norme… bien qu’il doive encore apprendre un peu la mentalité suisse pour progresser ! Blague à part, je suis convaincu qu’il est promis à une belle carrière. Il a beaucoup de talent, de feeling. En tant que marchand, c’est extrêmement important d’avoir de bons cavaliers à la maison, car je ne peux pas monter tous les chevaux moi-même et je dois pouvoir compter sur une solide équipe, notamment pour sortir les plus jeunes chevaux en concours. Alexis peut aussi beaucoup sauter, ici, ce qui lui donne de la routine, un élément essentiel pour aller plus loin. Il doit continuer d’apprendre et ne pas croire que s’il gagne un Grand Prix national, il est champion du monde… Le lendemain matin, il devra commencer à 6h au lieu de 7h ! Il y a ensuite les grooms, ceux de concours et ceux qui restent à la maison.

Pour vous, comment s’est passée cette période de pause due au COVID-19 ?

Assez bien je dois dire. J’ai pu faire plus de commerce que je ne l’imaginais. Beaucoup d’anciens cavaliers qui ont travaillé chez moi sont venus avec des clients, comme Marcel Wolf, vainqueur du Grand Prix d’Humlikon l’an passé, Jason Smith, Elian Baumann, Simon Bürki ou Jane Richard Philips. Je trouve que c’est une belle marque de confiance quand ils reviennent chez moi avec des clients ! L’autre avantage, c’est que je m’étais promis que si je décrochais l’or aux Jeux Olympiques, je raccrocherais mes bottes… Par conséquent, leur report me donne une année de plus ! Cela dit, ce n’est pas une maladie à prendre à la légère. Plusieurs de mes connaissances se sont retrouvées à l’hôpital à cause du Covid.

A quoi ressemble une journée-type chez Pius Schwizer ?

On commence à 6h30 par nourrir les chevaux, après on fait les boxes tous ensemble, il n’y a aucune exception. Ensuite, on déjeune et après on commence à monter à partir de 9 heures. Parfois, je donne quelques cours avant de me mettre en selle. Puis on monte jusqu’à ce qu’on ait terminé. Les journées peuvent être longues !

Vous aimez enseigner ?

Oui, énormément ! J’aime faire progresser des chevaux talentueux, mais aussi des cavaliers talentueux. Par contre, il y a des gens qui n’ont aucun talent, et il faut le leur dire, car ils se mettent en danger. Même les gens fortunés ne peuvent pas acheter le talent ! Il faut avoir ce plus en toi pour réussir. J’ai commencé à sauter à 5 ans, à faire des parcours à 8 ans, et c’est ça, la réalité. Ce n’est pas quelque chose qui s’achète !

La suite demain...

AuteurOriane Grandjean