Patrice Delaveau, en route pour de nouvelles aventures !

13 mai 2021Auteur : Theo Caviezel

Patrice Delaveau l'a annoncé hier, il quitte le Haras de la Forge pour de nouveaux défis. C'est une page qui se tourne pour le triple vice-champion du monde, qui a vécu avec les chevaux à l'affixe HDC les plus beaux moments de sa carrière sportive. Il nous accorde une interview exclusive pour expliquer son choix et parler de son avenir professionnel, lui qui n'a visiblement pas dit son dernier mot.

Nous avons appris à travers votre communiqué que vous souffrez à l’épaule. Tout d’abord, comment allez vous ?

"Je vais très bien, je vous remercie ! Je me suis blessé à cheval et j'ai du me faire opérer d'une réinsertion des tendons sus et sous épineux de la coiffe des rotateurs. J'ai déjà commencé ma rééducation avec une kinésithérapeute, et je pourrai selon les conseils de mon médecin remonter à cheval en juillet."

Vous venez d’annoncer votre départ du Haras de la Forge. Après onze ans, j’imagine que ça n’a pas été une décision facile à prendre. Les confinements et l’arrêt du sport y sont pour quelque chose ?

"Oui un peu, quelque part. C'est une réflexion qui a débuté il y a plusieurs mois, et qui résulte d'une volonté de redonner un élan à ma carrière sportive. J'ai été très peu présent à haut niveau ces derniers temps, alors que c'est toujours cela qui m'anime plus que tout. Je ne me sens pas encore capable de vivre sans le sport de haut niveau. C'est ma vie, mon adrénaline...  Pour toutes ces raisons, j'ai senti qu'il était temps de voir les choses différemment. Les confinements successifs m'ont laissé le temps de murir ce nouveau projet et ma décision de quitter le Haras de la Forge pour m'installer indépendamment."

A quoi pensez-vous tout de suite si je vous demande de citer ce qui résume vos onze ans de collaboration exclusive avec HDC ?

"Le souvenir qui me vient tout de suite en tête, ce sont évidemment les championnats du monde, à Caen en 2014, avec Orient Express*HDC. Ces deux médailles d'argent, obtenues chez moi, dans ma région, ont été un moment incroyable à vivre, que je souhaite à tout sportif. Il y a toutefois eu de nombreux autres moments dont je me souviendrai encore longtemps ! La victoire avec Orient dans le Grand Prix du CSIO 5* de la Baule en 2013 puis celle avec Aquila*HDC en 2018, la formidable épopée de Hong Kong en 2013 avec Lacrimoso 3*HDC (quatre victoires sur cinq épreuves courues), sa victoire dans le Grand Prix Coupe du monde de Leipzig 2013 en terres allemandes, le Grand Prix du CSIO 5* de Rotterdam en 2014 et bien d'autres encore... Onze années d'une intensité rare, avec plusieurs années dans le top dix mondial. Ce que je retiens aussi, c'est un couple de propriétaires passionnés -Emmanuèle et Armand- qui m'ont soutenu d'une manière incroyable, financièrement et affectivement."

Parlons de votre nouveau projet : où poserez-vous vos valises ?

"Je déménage à deux minutes du Haras de la Forge, aux écuries de Clairefontaine appartenant à Clara Darty, proche de Deauville. Je souhaite développer et dynamiser mon écurie de compétition, dans l'idée de retrouver ma place au plus haut niveau mais également de développer un département valorisation et commercialisation de chevaux. Les écuries de Clairefontaine sont magnifiques, en plus d'être très fonctionnelles et je vais pouvoir y mener mon projet à bien."

Vous dites aussi continuer d’une autre façon, et de manière non exclusive, une collaboration avec la famille Perron-Pette. Comment cela prendra-t-il forme ?

"L'objectif affiché avec Emmanuèle et Armand reste toujours le sport de haut niveau et nous avons toujours envie de partager ensemble de grands moments de sport. Je continuerai donc à monter les chevaux HDC qu'ils me confieront dans ce but, tout en accueillant de nouveaux propriétaires et investisseurs dans le projet que je souhaite mener. Je diversifie ainsi mes activités et reprends mon indépendance, tout en collaborant toujours avec la famille Perron-Pette."

On voit votre fille, Valentine, gravir les échelons vers le haut niveau, est-ce aussi elle qui va dicter la suite de votre carrière sportive ?

"Tout d'abord, je suis, comme tout sportif français de haut niveau, animé par les Jeux olympiques de Paris, prévus en 2024, et je travaille au quotidien dans cet objectif. Ma fille Valentine, elle, progresse dans le bon sens, je souhaite l'accompagner dans son souhait de devenir une cavalière professionnelle en l'intégrant à mon projet. Nous travaillerons  ensemble dans l'accueil de nouveaux chevaux mais aussi dans le cadre de la valorisation et de la commercialisation."

Vous précisez tout de même dans votre communiqué avoir planché sur plusieurs projets, dont l'encadrement d’élèves. Vous envisagez un système à l’américaine avec des cavaliers prometteurs entrainés par vous au quotidien et qui vous suivent sur les concours internationaux ?

"C'est en effet une activité que je souhaite développer, en partenariat avec l'Académie Delaveau. Nous allons mettre en place cet accompagnement vers le haut niveau afin de permettre à de jeunes espoirs, de plus de dix-huit ans, de bénéficier de mon expérience en les suivant quotidiennement dans leur ascension vers le grand sport. Comme je l'ai fait avec Edward Levy il y a maintenant quelques années, la transmission entre générations est une valeur qui m'est chère. Je peux même vous donner une petite exclusivité : cela s'appellera "Le Lab by Académie Delaveau" et sera bientôt officiellement lancé !"

Crédit photos : Sportfot.com

AuteurTheo Caviezel