Pas d’exception, tous les chevaux sont concernés par les ulcères

03 March 2021

Le syndrome d’ulcération gastrique, plus généralement appelé ulcère, se définit comme une destruction plus ou moins profonde de la muqueuse de l’estomac. Il s’agit d’un phénomène très fréquent chez les chevaux, dû à l’augmentation de l’acidité dans l’estomac. Tous les chevaux - de sport, de course, au repos, d’élevage (poulinières et poulains) - peuvent être touchés par cette maladie. 

Elle est très fréquente chez les équidés de courses, comme nous explique le Docteur Simon Lang, responsable technique et scientifique de la gamme équine Boehringer Ingelheim : « Ils y sont plus sujets car l’entraînement est plus intense, les périodes de jeun plus longues et ils voyagent beaucoup. On va plutôt parler de facteurs prédisposants qui, additionnés les uns aux autres, vont augmenter significativement le risque d’ulcères puisqu’ils les combinent quasiment tous ». Cependant, les chevaux au repos et de loisir y sont aussi sujets puisque 50% peuvent être atteints, c’est-à-dire un cheval sur deux. 

 Une maladie à facteurs multiples 

Le syndrome d’ulcération gastrique impacte tous les chevaux car ses facteurs de risques sont multiples et peuvent être rencontrés dans diverses situations, notamment et principalement dans son mode de vie.

De nombreux facteurs sont présents quotidiennement :

- La vie en box : le cheval est avant tout un herbivore et mange de l’herbe seize à dix-huit heures par jour. Si cela n’est pas le cas, l'acidité gastrique n’est plus contrebalancée par les bicarbonates de la salive.

- L’alimentation peut s’avérer mauvaise lorsqu’elle est trop riche en céréales avec peu de foin, et créer une diète prolongée, lorsque les intervalles entre les repas sont trop longs ou un accès à l’eau restreint.

- Les parasites de l’estomac, comme les larves de gastérophiles, peuvent irriter la muqueuse de l’estomac.

- Les entrainements et les compétitions concernant les chevaux de sport et de courses.

- Un traitement prolongé avec des anti-inflammatoires ou donné à forte dose.

- Le stress engendré par le transport, des soins ou l’environnement, notamment si un cheval est peu ou pas en contact avec ses camarades.


Les symptômes ne sont pas révélateurs de gravité

En cas d’ulcères gastriques, plusieurs symptômes peuvent apparaître mais varient d’un équidé à l’autre. Le cheval peut avoir des changements de comportements ainsi qu’une intolérance à l’effort. Son caractère peut alors devenir difficile à gérer ou le cheval deviendra triste. Sa santé physique peut également être impactée avec un mauvais état général associé à une perte de poids et un appétit capricieux. Les coliques aiguës ou chroniques et les diarrhées en sont elles également des symptômes. Cependant, ces derniers ne sont pas révélateurs de la gravité puisque l’absence de symptômes ne signifie pas l’absence d’ulcères.

En théorie, il est simple de détecter cette maladie mais « en pratique c’est beaucoup plus compliqué », souligne Simon Lang avant de reprendre, « il faut avoir le matériel nécessaire, qui est coûteux, fragile et très demandeur d’entretien, donc peu répandu sur le terrain, et seulement quelques gastroscopes en clinique ».

Le diagnostic se fait en deux étapes. La première repose sur un examen minutieux de l’animal et un recueil méthodique de sa façon de vivre. La seconde est le diagnostic de certitude qui est ensuite réalisé et se fait par la gastroscopie. Il permet de visualiser les lésions, de répertorier leurs localisations, nombre et sévérité. « Il faut mettre le cheval à jeun pour visualiser tout l’estomac puis il faut sédater le cheval pour réaliser l’examen. Les freins principaux sont le tarif et la nécessité de déplacer le cheval, bien souvent en clinique », nous confie le docteur.

Pas d’ulcère ? Évitez leur apparition !

La gestion de l’alimentation et du mode de vie du cheval est un élément clé pour éviter les ulcères. La vie au pré est l’idéal. Pour les chevaux vivant à l’écurie, il faut prévoir des sorties quotidiennes au paddock, et proscrire le confinement au box. Il est également important d’alterner travail raisonné, repos et détente. D’ailleurs, une petite ration de foin est recommandée avant l’exercice afin d’éviter l’effet « splash » de l’acidité gastrique sur les parois de l’estomac.

Côté nourriture, le foin doit être distribué en grande quantité et toujours avant les granulés. S’il ne peut être distribué à volonté, il convient de le distribuer en deux ou trois fois par jour plutôt qu’une. D’ailleurs, la luzerne a un effet tampon pour apaiser l’acidité, il est alors possible d’en donner une petite portion chaque jour. Les céréales et les aliments riches en amidon sont à limiter. Le fractionnement de la ration en plusieurs petits repas dans la journée est fondamental afin d’éviter les concentrations élevées d’acides gras volatils qui sont ulcérogènes. Il est également possible d’augmenter le taux énergétique de la ration en incorporant de l’huile végétale aux repas. Le tout doit être complété par la disposition d’eau permanente.

Il est important de ne pas exposer le cheval à des situations stressantes trop répétées car l’équidé aime la régularité ! Des inhibiteurs de la pompe à protons ou des protecteurs de la muqueuse peuvent également être administrés préventivement. Par exemple, avant et pendant une situation stressante, comme lors d’un changement d’environnement, un transport... Enfin, une vermifugation est recommandée en fin d’automne, saison des gastérophiles.

Pour conclure, insistons sur le fait que, même les chevaux de loisir et au repos peuvent être touchés par les ulcères. Les symptômes sont multiples et peuvent venir du simple du quotidien de l’animal : gardez l’œil !

Crédit photo : Shutterstock

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