Olivier Bossard, la passion du service.

21 January 2015

Olivier Bossard, la passion du service. (3) Vous vous comparez avec une entreprise de maçonnerie mais les investissements de matériel ne sont pas vraiment les mêmes ? O.B. : « Non, c'est certain que les investissements dans les camions sont très importants, toujours aujourd'hui. A chaque fois que je dois racheter un véhicule, la démarche n'est pas forcément simple. Notre parc se compose de quatre poids lourds et quatre véhicules légers. L'investissement pour chaque poids lourd est de l'ordre de 200 à 280.000 euros hors taxe et les véhicules légers s'achètent tous au moins 50.000 euros hors taxe.

Il est clair que cela représente des sommes à investir qui sont vraiment importantes, surtout lorsqu'on démarre de zéro et que l'évolution se fait juste avec l'aide du banquier. Aujourd'hui, nous avons huit salariés à temps plein dans la société ainsi que Nathalie et moi-même. Cela reste une toute petite entreprise. Mon objectif n'est pas d'ailleurs pas du tout d'évoluer vers un grand nombre de camion. Je n'ai pas de fierté particulière dans un grand nombre mais j'ai une fierté particulière dans le savoir-faire et vraiment dans la qualité du service que l'on propose. Il est néanmoins tellement spécifique que j'ai énormément de mal à imaginer que l'on puisse conserver ce même service en ayant une taille plus importante. »

Cela reste un vestige de votre volonté de ne pas devenir un cavalier médiocre ?

O.B. : « En fait, je pense que c'est plutôt un trait de caractère. Mes amis disent de moi que je suis maniaque. Ils le disent gentiment mais c'est vrai que je ne conçois pas de faire les choses à moitié. Je n'aime pas que les gens soient à moitié contents si on fait un service pour eux. Je veux que nos transports correspondent exactement à ce qu'ils attendent. Je fais ça par goût pour mon métier de transporteur et par goût pour les chevaux. Du coup, je ne conçois pas que l'on puisse bâcler un travail ou faire mal son travail, du fait de la quantité et que cela puisse nuire aux chevaux que l'on transporte. Dans cette optique-là, j'ai beaucoup de mal à déléguer et à étendre le service que l'on propose actuellement, même si nous essayons actuellement d'avoir de l'aide. Je parle pratiquement toujours moi-même avec le client, de manière à avoir toujours une idée de ce que veut chacun et à adapter notre service, même lorsque l'on groupe les chevaux.  Lorsque j'ai passé mon monitorat après mes études, Pénélope Leprévost avait débuté à cheval chez Francis Mas, dans le centre équestre où je passais ma formation de moniteur alors que Timothée Anciaume était le fils du monsieur qui tenait le centre équestre qui était à un kilomètre de chez Francis Mas où je passais mon monitorat. Pénélope a été excellente dès qu'elle s'est mise à monter à cheval. Elle a débuté avec des chevaux de clubs comme tout le monde et je me souviens très bien des premiers concours qu'elle a faits. C'était des petites épreuves mais elle gagnait tout de suite pendant que je ramais pas mal. Timothée, lui, avait bénéficié de chevaux un peu meilleurs mais comme Pénélope, il a également rapidement remporté de nombreuses épreuves autour de chez nous alors que moi, comme aide-moniteur, je ne gagnais rien du tout. Du coup, le fait d'avoir côtoyé des gens comme ça depuis le début permet d'être assez rapidement lucide sur sa capacité à être doué à cheval ou pas. Les gens qui ont un talent extraordinaire aujourd'hui sont des gens qui, au départ, avaient un talent extraordinaire en débutant. Je pense qu'il faut être lucide sur le fait que lorsqu'on est fait pour quelque chose, quand on est bon pour quelque chose, ça se connaît depuis le début. Pénélope n'a jamais été mauvaise à cheval, jamais ! Je me souviens vraiment du moment où elle a débuté et elle a toujours été bonne à cheval. Les leçons apportent des choses mais elles ne changent rien à cela. Là où je me dis que j'ai trouvé ma place, c'est lorsque j'ai débuté mon activité de transport. Les choses se sont enchainées très rapidement et les gens m'ont demandé rapidement de faire ce métier. Je pense qu'il est important pour chacun de trouver sa place. Chacun doit, dans une société où l'on vit ensemble, trouver son utilité. Ça, c'est l'idée à laquelle je tiens pas mal. » Pourquoi avoir choisi le nom d'  « Equi-services » ? Est-ce que cela dépasse la volonté de ne faire que du transport ? O.B. : « En fait, c'était bien l'idée de départ. Lorsqu'on lance une société, on réfléchit toujours au nom qu'on veut lui donner. Je ne voulais pas appeler ma société par mon nom de famille même si c'est le cas de beaucoup. Je voulais par contre qu'il y ait un rapport avec les chevaux et le service que l'on propose. Au tout début, lorsque j'ai choisi le nom de la société, j'avais un peu de mal à savoir quel serait la véritable activité de cette société car à l'époque, il m'arrivait de conduire le camion pour des clients puis de présenter les chevaux que je transportais à des clients en les montant moi-même puis de les ramener et de mettre au service de mes clients autre chose que mes qualités de chauffeur. Au début de la société, lorsque j'avais des temps morts, il m'est arrivé d'aller débourrer des chevaux pour des clients, j'étais allé tondre, je faisais un peu de tout ! Je ne voulais pas limiter l'idée de ma société à la seule idée du transport. Assez rapidement, la demande en transport a été la plus forte et c'est ce que je devais développer par rapport aux investissements que cela nécessitait car à chaque fois que l'on achète un camion, si l'on veut qu'il soit rentable, il faut qu'il roule en général entre 18 et 21 jours par mois. Cela fait pratiquement cinq jours de la semaine, toutes les semaines. L'idée d'Equi-Services, c'est donc parce qu'au départ, je ne pensais pas faire que du transport … et à la fin du compte, on ne fait pas que du transport même si cela reste notre activité principale. » La suite, c'est demain !