Nicolas Tayol : le commerce, côté « Extra »

01 juillet 2021Auteur : Oriane Grandjean

Troisième et dernier volet de notre rencontre avec le marchand français Nicolas Tayol. Dans cette ultime partie, il est question de son nouveau réseau qu’il a mis en place, «  Extra Horses », mettant en relation des marchands de plusieurs régions du monde. Un nouveau modèle que le Tricolore espère voir s’étoffer cette saison. 

Partie 3

Le cheval idéal d’aujourd’hui, c’est quoi  ? «  Un cheval rapide et intelligent, car les parcours deviennent subtils, délicats, avec des chronomètres très courts.  Le plus dur n’est pas de vendre mais de trouver les bons chevaux. Durant cet hiver, je me suis rendu compte que j’appréciais beaucoup de travailler avec d’autres personnes, c’est agréable de collaborer. J’ai donc voulu élargir mon réseau  : trouver d’autres personnes dans la même optique que moi mais éloignées géographiquement, pour faire du commerce sélectif, dénicher de très bons chevaux entre quatre et dix ans. 

Le grand terrain en herbe

J’ai contacté Alexandre Fichaux et Lysa Doerr en Normandie, Stéphanie Andries en Belgique, Stéphanie Hennequin dans le Nord Est de la France, ainsi que Clémentine Bost et son mari Thibeau Bazire à Barbizon, Virginie Couperie, Stefano et Giulia Martinengo Marquet en Italie et Maximilian Lill en Allemagne. Sebastien Pellon Maison, qui a de bonnes relations avec les Etats-Unis et l’Amérique du Sud, fait aussi partie de l’aventure, ainsi que Charlotte et Mark McAuley, qui sont très actifs dans la détection de chevaux pour le haut niveau. On se regroupe donc sous une entité que l’on a baptisée « Extra ». Tout simplement parce que c’est une expression que l’on a souvent quand on parle d’un bon cheval  !

Notre but est d’être extrêmement sélectifs, de trouver des chevaux qui sortent du lot. Et si on ne peut pas les acheter tout seul, on peut les acheter à plusieurs. On a un groupe WhatsApp sur lequel on partage des vidéos, des tableaux de lignées, des listes de prix… Cela permet à chacun d’enrichir sa base de données. Nous venons de mettre en place notre site internet.  Depuis que l’on a commencé à travailler ensemble, on s’est rendu compte que l’on pouvait également échanger des infos lorsqu’un client cherche un cheval. On génère plus de retours. Je voulais que ce soit pointu sur les chevaux que l’on trouve, mais aussi que les personnes qui font partie de l’aventure soient des gens très qualifiés. Tous ces gens ont une éthique, une belle image et ils sont reconnus dans leur métier. On travaille en totale confiance.  »

Deux points sont très importants aux yeux de Nicolas Tayol  : le respect du cheval, ainsi que la rigueur.  «  J’applique la rigueur que j’ai acquise dans mon métier. Je peux faire tourner l’écurie tout seul car je connais chaque tâche de mon activité. J’ai un tableau Excel pour chaque cheval, que j’actualise tous les mois  : je sais exactement combien un cheval m’a coûté depuis son arrivée, en concours, en frais de maréchal, en déplacements, en nourriture… et ce qu’il m’a rapporté. Cela fait partie de la professionnalisation de ce métier. Je suis pointilleux là-dessus. L’exigence va aussi avec le personnel. Le cadre de travail est exigeant parce qu’on a pris un tel risque financier en achetant certains chevaux qu’on ne peut pas se permettre de mettre cet investissement en péril à cause d’un problème de matériel, d’un événement lors d’une sortie ou un mauvais programme de travail. Donc tout le monde ressent cette pression, de Lucie, la cavalière des jeunes chevaux à Jonathan ou Elsa, mais tout le monde s’y retrouve  : les employés touchent un intéressement lors de la vente d’un cheval, c’est une gratification que je trouve normale parce qu’ils y ont participé. Tout le monde y gagne.  »

Nicolas Tayol entouré de toute son équipe

Si l’on sent dans les propos de Nicolas Tayol sa passion pour le commerce et son goût de voir évoluer un jeune cheval vers le haut niveau avant de trouver le cavalier qui lui correspondra, l’essentiel à ses yeux reste évidemment sa famille  : Alexandra, son épouse, et leurs deux enfants, Victoire, sept ans – «  Elle commence à me conseiller pour choisir certains chevaux  !  », confie son père –, et Arthur, quatre ans. «  La priorité de mon organisation est d’arriver à concilier au mieux mon activité de commerce, de concours et ma vie de famille, qui reste le cœur de mon équilibre. J’organise tout pour pouvoir passer du temps avec mes enfants et mon épouse malgré une activité prenante et de nombreux déplacements. Je manque peut-être quelques bonnes affaires en voulant rester avec mes proches le plus possible, mais c’est ma volonté.  »

Fin.

Photos: © Clément Grandjean

AuteurOriane Grandjean