Martin Fuchs, l'éclosion d'un jeune talent !

11 December 2014

Gucci Paris Master
Grand Prix***** Ils étaient quarante-quatre à se sentir prêt à affronter le gros et délicat parcours de Luc Musette … mais on comprendra vite que la tâche n'est pas aisée et les fautes s'accumuleront et de nombreuses stars resteront sur le carreau. Tristesse également pour les vainqueurs de l'étape de coupe du monde de Lyon, Roger-Yves Bost et Qoud'cœur de la Loge (Idéal de la Loge) qui se feront piéger par le chronomètre qui les privera du barrage où ils seront finalement treize à s'élancer. La tâche d'ouvreur revient à Philippe Rozier sur Rahotep de Toscane (Quidam de Revel). L'étalon Selle Français de 9 ans confirme sa bonne première manche en signant le premier double sans faute en 37''20. « Je sentais que le cheval arrivait. Déjà à Doha, il a sauté magnifique et j'aurais pu éviter les deux fautes alors que c'était vraiment le premier gros gros tour qu'il faisait et nous étions premier à nous élancer puis quand j'ai vu comment les autres se comportaient, je m'en suis voulu un petit peu car nous aurions pu être sans-faute mais d'un autre côté, j'ai ressenti des choses qu'il confirme aujourd'hui. Je suis vraiment heureux car j'y ai été petit bout par petit bout car il est encore un peu tendre. C'est pour cela que je l'ai beaucoup protégé et que j'attends encore un peu mais il est tellement courageux, je l'adore. Ce Grand Prix était gros et difficile mais j'ai pris beaucoup de plaisir à le monter. Tout s'est bien enclenché et plus je sautais, plus je me sentais bien puis au barrage, je le trouvais encore mieux. Le samedi, on joue le jeu pour l'association AMADE parce que c'est important. Cela fait partie des choses importantes de la vie de trouver de l'argent pour des enfants qui en ont besoin et si on peut donner un coup de main pour le faire et amuser le public en plus, je suis pour. Il faut le faire, comme Just World, je suis pour ces choses-là. Notre sport doit participer à cela. Maintenant, ce dimanche, on passe à autre chose, on fait du grand sport puis tant qu'à faire une grande perf, c'est encore plus agréable de la faire chez soi ! Comme les allemands en Allemagne, les anglais en Angleterre… etc. Nos fans sont là, notre public est là, nos propriétaires sont là, la famille est là ! Pour tout cavalier, si on lui demande où il a envie de gagner, c'est toujours chez lui ! Je vais encore enchainer avec La Corogne puis à Bâle en début d'année. Je compte bien rester en Indoor et participer ensuite à Bordeaux puis le Saut Hermes. Je pense que cela convient bien au cheval puis il n'y a actuellement pas vraiment de programme pour le cheval pour la suite donc je continue mon chemin comme je l'ai commencé. J'essaie de faire un programme bien équilibré pour le cheval pour ne pas le cuire et continuer à avancer dans ce que je fais tout en l'emmenant dans de beaux concours. Je fais mon petit chemin tranquillement. Je connais très bien mon cheval, je le monte depuis ses 5 ans. Cette saison, Philippe Guerdat m'a proposé de monter deux coupes des nations mais j'ai préféré décliner car je sentais que mon cheval n'était pas prêt et que cela aurait représenté un risque et je ne veux prendre aucun risque avec lui. Cela fait pas mal d'année que j'attends d'avoir un grand cheval et je pense que là, je l'ai alors je veux continuer à le mettre bien. » réagira Philipe Rozier. Il faut désormais aller plus vite et cela ne va pas trainer puisque le jeune Martin Fuchs réussi un magnifique barrage et abaisse le chronomètre à 34''58 avec PSG Future (Cashandcarry). Nouveau leader. Lauren Hough n'est pas là pour se promener non plus et réalise un barrage somptueux avec sa petite Ohlala (Orlando) mais c'est un peu trop vite : 33''80 mais les postérieurs touchent la barre de l'ultime obstacle qui est au sol ! Constant van Paesschen aura connu un formidable week-end et ne doute de rien. Citizenguard Toscan de Ste Hermelle (Surcouf de Revel) réalise un nouveau tour sans-faute mais c'est 22 centièmes de plus ! « Mon cheval a sauté magnifiquement ici les deux fois où il est sorti. Il a été très constant durant toute la saison et je ne peux que le remercier pour tout ce qu'il fait pour moi, c'est extraordinaire. C'est un cheval avec pas mal de caractère, il est parfois un peu compliqué mais c'est cela qui fait sa force et qui lui permet de sauter cela, c'est cela qui fait tout. J'ai essayé de tout donner dans ce barrage mais j'ai un peu manqué mon virage vers le 10. C'est difficile de passer en début d'épreuve mais je suis content avec ce résultat. » Le chouchou du public entre en piste, Abdelkbir Ouaddar bien aiguiller par son sélectionneur qui a déjà bouclé le barrage. Le Marocain attaque et réalise un virage très serré en bout de piste mais c'est trop pour Quickly de Kreisker (Diamant de Sémilly) qui ne peut éviter une faute sur le vertical Airbus malgré un incroyable chrono de 33''33 ! Edwina Alexander est moins rapide mais Fair Light van't Heike (Vigo d'Arsouilles), qui possède la même grand-mère que l'ancienne crack de Jos Lansink Valentina van't Heike, montrera un potentiel fantastique laissant présager de belles choses à son amazone. Double sans-faute en 36''98, ils ravissent la troisième place provisoire à Philippe Rozier. Gregory Wathelet ne veut pas trainer en route. Conrad de Hus (Con Air) est à l'attaque mais malheureusement ils ne peuvent éviter la barre sur la sortie de la combinaison placée en avant dernière position malgré un très bon temps de 33''76 ! Une combinaison qui fera des dégâts puisque Daniel Deusser se fera lui piégé sur l'entrée avec Cornet d'Amour (Cornet Obolensky) … tout comme Kevin Staut un peu plus tard avec Rêveur de Hurtebise (Kashmir van't Schuttershof) à la plus grande déception du public. Un public d'autant plus déçu que Pénélope Leprévost n'avait pu éviter la faute dès le deuxième obstacle avec Nice Stephanie (Cardento). Mais l'ambiancera ne s'en ira pas pour la cause d'autant que Ludger Beerbaum entre en piste avec son très chic Zinedine (Guidam). Le multi-médaillé allemand s'attaque à l'insouciance de la jeunesse et son très vif étalon hollandais réussi un barrage magnifique, la tension est à son comble lorsque le chronomètre s'arrête : 34''67, soit 8 centièmes de plus ! Le numéro un mondial perd ses rêves dès le numéro trois et ralenti à tel point qu'il terminera dernier de ce barrage mais surtout premier non-classé ! La victoire sera Suisse … mais il en reste encore un à partir : Steve Guerdat qui n'est autre que l'un des meilleurs amis du leader et est également entrainé par le père de ce dernier… mais le champion olympique ne se laisse pas émouvoir pour autant, il fait de son mieux avec Albfuehren's Paille de la Roque (Kannan) qui répond une nouvelle fois présent avec un nouveau sans faute mais un temps de 34''95 qui le laisse au pied du podium. « Je pense qu'elle est classée lors des 5 ou 6 derniers Grand Prix que nous avons fait … mais maintenant, il faut que j'arrive à mieux gérer mes barrages. Néanmoins, je tiens vraiment à remercier mon entraineur, Thomas Fuchs. Je suis dernier à partir dans un barrage dans un Grand Prix comme celui-ci où son fils est en tête et jusqu'à l'entrée de piste, il m'a donné les derniers conseils pour qu'à la fin, ce soit le meilleur qui gagne et je ne peux que les en remercier. Aujourd'hui, c'est le meilleur qui a gagné et comme c'est comme ma deuxième famille, cela me fait doublement plaisir aujourd'hui. » réagira Steve Guerdat. Le sport peut être beau, intense et fair-play ! « Paris aura été un concours fantastique pour Martin. Il a très bien monté, il a eu beaucoup de confiance tout au long du week-end. Nous sommes très heureux d'autant que le public est fantastique ici. C'est vraiment un super concours. Je pense que je suis plus nerveux à le regarder que lorsque je montais moi-même. Evidemment, il ne faut pas croire que cela va toujours aller comme cela, c'est juste un week-end hors du commun pour nous. Il y a un an et demi, nous avions vendu un très très bon cheval de Grand Prix et après avoir d'autres chevaux, ce n'est pas évident. Nous n'avons pas de sponsors prêts à mettre des millions comme d'autres même si nous avons la chance d'avoir quelques très bons chevaux et quelques bons propriétaires. » expliquera Thomas Fuchs qui fut l'un des meilleurs cavaliers des années 80 et 90 avec entre autres 3 médailles d'or par équipe aux championnats d'Europe avant de se retirer du monde du jumping pour se consacrer à ses trotteurs. « C'est vrai que le week-end avait déjà très bien commencé avec une victoire samedi et deux autres classements dans le week-end. Vendredi, il était déjà très en forme mais j'ai fait des fautes au barrage même si avec le recul, on peut se dire que c'était peut-être un bon entrainement pour aujourd'hui. Il a vraiment bien sauté et a été rapide au barrage mais en regardant tous ceux qui devaient encore passer après moi, je ne pensais vraiment pas gagner d'autant que les meilleurs étaient derrière moi mais ils ont fait des fautes ou ont été un peu moins vite que moi. Mon cheval est vraiment super à monter. Il a une tête fantastique et une classe extraordinaire tout en me laissant bien le contrôler et le mettre bien en place pour les sauts. J'espérais être bien classé et je m'étais dit que si j'étais qualifié pour le barrage, je ferai tout pour gagner mais que cela s'achève par une victoire je ne pensais pas.  Je voudrais également remercier Christophe Ameeuw car, pour des jeunes cavaliers comme moi, c'est très difficile de pouvoir participer à de beaux concours alors que Christophe nous invite et nous demande de jouer le jeu, d'attaquer et il nous permet de nous montrer. Je voudrais vraiment le remercier de nous permettre d'être ici. » « Je pense que c'est normal de voir des jeunes qui débarquent. L'âge n'est pas essentiel, c'est la performance qui prime et aujourd'hui Martin a été un peu plus rapide que moi, je dois accepter et je tiens d'ailleurs à féliciter Martin qui a su être plus rapide mais je suis très content avec la manière dont a sauté mon cheval. Il n'a pas mal sauté dans le barrage non plus et 8 centièmes, c'est très peu. Je tiens aussi à féliciter les organisateurs car Paris aura été un fantastique concours avec une ambiance et un public incroyable. C'est vraiment extraordinaire et il faut remercier toutes les personnes qui rendent cela possible. Je reviendrai ici avec plaisir et je compte bien gagner une fois ce Grand Prix avant d'arrêter ma carrière ! » réagira Ludger Beerbaum. Si cette sixième édition aura été un succès colossal, Christophe Ameeuw ne peut s'empêcher de glisser : « on peut toujours tout améliorer, innover, créer de nouveaux concepts, mais il y a une chose qu'on ne peut pas fabriquer, c'est l'atmosphère. L'atmosphère, c'est le public qui la crée et il a été fantastique depuis le premier jour. »