Marc Bettinger, le travail finit toujours par payer.

23 May 2014

Marc Bettinger, le travail finit toujours par payer. (4/4) Que pensez-vous avoir appris ici au contact de François Mathy ? M.B. : «J'ai pris énormément d'expérience. Je pense que François fait partie des rares personnes que l'on peut qualifier d'« homme de chevaux ». Il pouvait monter magnifiquement bien et lorsqu'il voit un cheval après dix sauts, il sait si c'est bon ou pas. Dans ce business, il m'a appris à rester plus calme et à voir les choses de manière positive. J'étais toujours trop actif et il m'a rendu plus serein. J'ai appris beaucoup à son contact dans la manière de comment les acheter ou comment les juger. Cela m'aide beaucoup dans ma vie. Nous parlons toujours également de la manière dont je monte et il me donne de bons conseils, mais je dois dire qu'il respecte ma monte et me fait confiance : il me laisse travailler avec les chevaux de la manière que je pense juste et je lui en suis très reconnaissant. Parfois, il vient, me disant, il faudrait peut-être que tu fasses ci ou ça, mais il me laisse travailler assez seul et je fais de mon mieux pour ne pas le décevoir. » Autour de Quannan, comment définissez-vous les chevaux qui composent votre piquet ? Ce sont des chevaux de commerce, des chevaux que vous décidez de laisser vieillir plus longtemps ? M.B. : « Dans l'écurie dont je m'occupe, j'ai dix boxes qui sont quasiment toujours pleins. J'ai une bonne équipe avec une fille qui monte mes chevaux et une groom de concours. Les chevaux sont à vendre, mais nous prenons notre temps, ce n'est pas comme si nous devions les vendre la semaine prochaine ! Nous voulons avant tout avoir une écurie de qualité et les faire progresser. Nous voulons faire évoluer nos chevaux puis leur trouver le cavalier qui leur correspond. Il n'est pas question de faire essayer les chevaux tous les jours ! C'est un peu l'histoire de mon nouvel étalon, Bacardi. Nous ne voulons pas vraiment le vendre tout de suite, car je pense que je vais avoir la chance grâce à lui de retrouver les plus gros concours, et nous avons également besoin de chevaux pour sauter les plus grosses épreuves, donc ce n'est pas vraiment nécessaire de le vendre maintenant. » En vous asseyant pour la première fois sur Bacardi, quel a été votre première réaction ? M.B. : « C'était assez comique. J'ai sauté une fois le cheval avec Pedro Renault, notre chef d'écurie, et j'ai dit « waw, ce cheval, je veux le monter ! » Normalement, François l'avait acheté pour un client mais Pedro m'a dit que je pouvais le prendre dans mon écurie… alors je me suis dépêché d'aller vite faire une place libre pour pouvoir l'accueillir et je l'ai installé tout de suite à côté de Quannan. J'ai commencé à le monter au concours et j'ai senti tout de suite qu'il pouvait faire de grandes choses. Il a un peu de caractère, énormément de moyens et très respectueux. Il donne un sentiment incroyable sur le saut. Nous nous sommes trouvés très rapidement et maintenant, nous sommes partis ! » Pourquoi est-ce qu'Aix-la-Chapelle est à ce point important pour vous ? M.B. : « Premièrement parce que j'ai toujours vécu dans cette région et ensuite parque Aix est sans doute le meilleur concours au monde. C'est sans doute le rêve de chaque cavalier de pouvoir monter une fois dans sa vie sur cet immense terrain en herbe. Vous entrez dans cette piste avec ces dizaines de milliers de spectateurs qui vous regardent et lorsqu'on rentre en tant qu'Allemand, c'est encore plus fou.

En hiver, il y a également un concours indoor qui s'appelle le Salut Festival. A chaque fois que j'ai participé à ce concours, peu importe la météo, j'ai toujours tout traversé pour aller marcher sur cet immense terrain en herbe. Avec mon ami, Tim Hoster, nous restions assis là sur ce terrain en se disant : un jour, on veut monter ici ! Cela a toujours été notre rêve ! C'était un rêve, la chose la plus importante pour nous. »

Finalement, ce rêve se réalise et d'une belle manière avec plusieurs classements et une participation au Grand Prix.

M.B. : « Oui, j'étais vraiment concentré sur cet évènement, car quand vous allez là, vous voulez aussi être bon, pas être le clown du spectacle ! J'ai vraiment eu l'impression que mes chevaux ont compris à quel point c'était important pour moi. Mes chevaux ont sauté magnifique. Quannan a tout donné, sur chacune des épreuves ! Il a été sans-faute dans des épreuves 1m60. Il a parfois été impressionné mais il a tout donné. Je voulais avant tout profiter de chaque instant. » Depuis quelques années, vous êtes installé en Belgique. C'est quelque chose qui vous convient ou vous passez la plupart de votre temps en Allemagne ? M.B. : « Non, j'aime vivre ici. C'est vrai que de toute façon, je passe la plupart de ma vie sur les terrains de concours mais j'aime la Belgique, j'aime les gens qui y vivent. C'est un très beau pays et en plus, c'est vrai que je ne suis pas si loin de la frontière allemande. J'ai une heure de route vers mon fils et ma famille. Je n'ai pas besoin de retourner tous les jours en Allemagne, je me sens bien ici d'autant que je partage ma vie avec une personne fantastique, Faye Schoch. Nous partageons énormément de choses ensemble. Nous nous aidons beaucoup l'un l'autre. Elle vient m'aider à monter, je vais l'aider quand elle monte, nous nous aidons au concours et cela rend les choses plus faciles. Ces derniers mois, elle a eu cet incroyable cheval, Nouvelle Europe Z qu'elle appelait Nounou, qui lui a permis de faire de plus gros concours que ce que je ne faisais et maintenant, elle a de nouveau une bonne jument, également par Kannan, avec laquelle elle évolue en deux et trois étoiles ce qui nous permet de faire beaucoup de concours ensemble. C'est agréable de partager notre vie privée et le sport. Je regarde devant moi en espérant que nous aurons un agréable futur ensemble. » Que peut-on vous souhaiter pour le futur ? M.B. : « J'espère beaucoup de bons résultats et continuer à avoir le soutien de mes sponsors comme Cavallo, CWD et GPA car c'est bien d'aller au concours mais c'est plus agréable avec du bon matériel . J'espère que nous pourrons travailler ensemble longtemps ici avec François et j'espère que nous aurons beaucoup de jolies histoires et une belle vie. » FIN !