Les juniors belges au forceps devant la France

19 avril 2021Auteur : Julien Counet

Reprise en fanfare pour les jeunes cavaliers qui retrouvaient les joies de la compétition, avec d’emblée un CSIO au programme dans les très belles installations de Sentower Park à Opglabbeek en Belgique.

Peu de pays s’étaient finalement engagés mais l’opposition était néanmoins très solide puisque le pays hôte accueillait la France, l’Allemagne, la Hollande et le Danemark, sans oublier une jeune équipe de Monaco dans les juniors. Les organisateurs ont dès lors proposé aux chefs d’équipe de pouvoir aligner une seconde équipe par catégorie s’ils le désiraient. Une occasion saisie directement par la Belgique et la France.

Si la compétition se déroulait à huit clos, les jeunes cavaliers auront pu compter sur le soutien de nombreux pions majeurs du haut niveau qui ont profité de l’absence de compétition de haut niveau pour venir voir leurs jeunes pousses, comme le sélectionneur hollandais Rob Ehrens et son homologue tricolore Thierry Pomel sans oublier Grégory Wathelet, Wilm Vermeir, Guillaume Blin-Lebreton ou encore Edouard Mathé venus coacher leurs élèves ou enfants.

Les organisateurs s’étaient pliés à toutes les règles sanitaires en vigueur aussi bien pour contenir l’épidémie de Covid-19 que la rhinopneumonie. Test PCR obligatoire pour entrer dans l’enceinte du concours, prise de température quotidienne des quatre-cents chevaux sur le site et respect des règles par l’ensemble des participants. Tout le monde était ravi de se retrouver à Sentower Park.

« Il ne faut pas oublier qu’il y a des gens qui souffrent de cette maladie et il faut vraiment rester vigilant. Néanmoins, je pense que c’est vraiment important pour tous ces jeunes cavaliers qu’un championnat d’Europe puisse être organisé cette année. Je trouve que ce concours belge a pu montrer comment il était possible d’organiser un évènement en respectant les mesures sanitaires, avec notamment des itinéraires pour que les chevaux ne se croisent pas. Tout a vraiment été fait ici pour que les gens et les chevaux ne prennent aucun risque sanitaire. Dans ces conditions, on peut faire du concours pendant longtemps », expliquera Olivier Bost.

Un avis partagé par son homologue Belge Rik Deraedt : « Nous sommes vraiment très contents d’avoir de tels organisateurs en Belgique car le plus facile aurait été de dire qu’on ne fait rien. Pour eux, c’est très difficile, cela apporte beaucoup de tracas supplémentaires, il n’y a pas de public, c’est difficile pour tout gérer, mais on voit qu’ils ont réussi à tout faire magnifiquement malgré tout. On n’a pas vu le moindre problème nulle part et je suis content car tout le monde a bien respecté les mesures mises en place. »

Mais il y avait aussi et surtout du sport et ici encore un grand motif de satisfaction salué par Olivier Bost pour cette reprise de concours : « C’était un peu particulier dans le calendrier avec cette reprise de concours mais le chef de piste a vraiment été très bon. Il a fait des parcours très progressifs qui ont amené les chevaux à tous très bien sauter dans la Coupe des nations. »

Durant la première manche, la Belgique prend le large en signant d’emblée trois parcours sans-faute. Les Pays-Bas paieront cher le point de dépassement de temps écopé par Amber van Marle sur Gregorius vd Vrendt (Emilion x Corland) qui les priveront de la lutte finale malgré le somptueux double sans-faute de Senna Everse sur l’étalon Grodino (Eldorado vh Zeshoek x Celano).

Mais lors du second tour, la lutte se resserre : l’Allemagne signe deux premiers tours sans faute alors que la France en aligne directement trois avec un magnifique double sans-faute de Rose de Balanda sur Babacool (Dollar de la Pierre x Urbain du Monnai).

Les Belges eux doivent faire avec deux tours à quatre points mais peuvent compter sur Anthony Philippaerts pour stopper l’hémorragie avec J’adore van’t Schaeck (Vagabond de la Pomme x Darco).

Le dernier tour sera donc décisif. L’Allemagne doit sortir le sans-faute mais Johanna Beckmann ne peut éviter une faute avec sa susceptible Alphajet DB (Arpeggio x Cornet Obolensky) et doivent se contenter du podium.

Tristant Guisson entre en piste avec une jument née chez lui : Naturelle vh Legitahof Z (Nabab de Rêve x For Pleasure). Il s’agit du premier tour du jeune homme qui ne s’est pas élancé en première manche après les trois sans-faute de ses équipiers mais le cavalier réalise un tour magnifique et offre le sans-faute tant espérer qui permet à la Belgique de s’imposer sans devoir passer par un barrage contre la France.

« Je suis très heureux. J’avais évidemment la pression sur mes épaules mais je suis resté très calme et je me suis concentré uniquement sur ma monte. Cela s’est très bien passé. Ma sœur, d’un an ma cadette, faisait également partie de la seconde équipe belge ici. Nous avons déjà eu la chance de faire des Coupes des nations ensemble l’an dernier et même de remporter la finale de Coupe des nations ensemble ! Cela donne des sentiments encore plus particuliers. Nous montons des chevaux nés chez nous qui sont mis en route dans nos écuries et que nous commençons souvent à monter nous-même vers 6-7 ans. C’est souvent ma maman qui choisit qui va monter tel ou tel cheval. Pour ma part, c’est ma dernière année en junior et j’aimerais vraiment avoir l’occasion de participer aux championnats d’Europe. » réagira Tristan Guisson.

« Nous avons eu beaucoup de plaisir à voir évoluer nos deux équipes de junior. La deuxième équipe a eu un peu moins de chance mais elle a montré qu’elle avait aussi les qualités pour faire de très belles choses. Nous avons la chance d’avoir un vivier très important chez les juniors et malheureusement d’habitude, c’est soit les uns, soit les autres. Ici, tout le monde a pu participer. Il n’y a pas d’équipe un ou d’équipe deux dans mon esprit. La seule chose, c’est que nous avons appris la possibilité d’aligner une seconde équipe après avoir déjà annoncé la première donc la question de voir comment répartir les cavaliers ne se posait pas. Les choix étaient déjà faits. Les juniors et les jeunes cavaliers sont déjà des cavaliers quasiment professionnels qui ont donc pu sauter cet hiver et en ce début d’année alors que pour le moment, les cavaliers amateurs ont beaucoup moins de chance. Il est certain que c’est plus facile lorsqu’on a plus de concours mais ici, les cavaliers ont dû s’entrainer eux-mêmes et c’est là qu’on voit la qualité des équipes qui les encadrent. On l’a vu dans la gestion de Tristan Guisson qui n’a pas sauté la première manche parce qu’il ne pouvait pas améliorer le score de l’équipe et il réalise une seconde manche magnifique avec une sortie spectaculaire du triple tout en restant calme en s’appliquant sur son boulot. » commentera le chef d’équipe belge Rik Deraedt.

Olivier Bost se montrait également satisfait de la tenue de son équipe qui aura réalisé une somptueuse seconde manche : « Je trouve que les enfants ont aussi bien monté la première manche que la seconde. Nous avons juste manqué un peu de chance lors de la première manche. Je pense que l’on voit que le travail que l’on a mis en place avec les stages fédéraux portent ses fruits. Comme il s’agissait d’un concours de reprise, certains cavaliers ont préféré rester sur le circuit du Grand National, ce qui est très bien aussi. Nous avons amené néanmoins ici une équipe forte. Je suis content d’être venu et je pense que l’on peut désormais rivaliser avec les grosses cylindrées européennes ce qui est très prometteurs. Je pense qu’il n’y a rien de plus formateur que ces circuits de Coupes des nations pour les jeunes. »Crédit photos : Julien Counet

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