La Suède continue sa promenade mais le nouveau format olympique interroge

06 août 2021Auteur : Charlotte Marichal

97 ans après sa dernière médaille d’or aux Jeux Olympiques de Paris, la Suède réussira-t-elle à réitérer son exploit ? Henrik von Eckermann, Malin Baryard-Johnsson et Peder Fredricson semblent on ne peut mieux partis après la première qualificative par équipe qu’ils ont mené haut la main. Trop facile ? Pas vraiment. L’épreuve a causé du mal aux équipes en queue de peloton et remet encore en cause le nouveau format olympique. 

Dix-neuf nations se sont élancées aujourd’hui sur la piste de Baji Koen dans la première qualificative du championnat par équipe à l’issue de laquelle les dix meilleures se sont qualifiées pour la finale qui se courra demain à midi (heure française). 

S’il y a bien une équipe qui fait l’unanimité depuis le début du championnat c’est la Suède. Ses trois cavaliers, Peder Fredricson, Malin Baryard-Johnsson et Henrik von Eckermann n’ont pas encore renversé la moindre barre en quatre parcours. Aujourd’hui, leurs montures All In (Kashmir van Schuttershof), Indiana (Kashmir van Schuttershof) et King Edward (Edward 28) ont de nouveau survolé le parcours et, contrairement à beaucoup d’autres, ils n’ont pas concédé le moindre point de temps. Les deux parcours de la finale individuelle de mercredi ne semblent pas les avoir éprouvés plus que cela. D’ailleurs, leur chef d’équipe Henrik Ankarcrona n’a pas encore jugé opportun de faire rentrer le couple de réserve, Rolf-Goran Bengtsson et Ermindo W (Singapore). Rolf faisait d’ailleurs partie de l’équipe médaillée d’argent à Athènes en 2004 aux côtés de Peder et Malin. Sauront-ils faire encore mieux demain ? 

Avec l'excellente mais sanguine Indiana, Malin Baryard-Johnsson déroule pour l'instant un championnat impeccable ©Sportfot.com

Dix équipes pour trois places sur le podium

Si la Suède s’avance en grande favorite vers la finale, elle aura toutefois affaire à de sérieux concurrents : les Belges ont une revanche à prendre sur la finale individuelle. On les sait capables de lutter jusqu’au bout pour décrocher l’or, leur dernier titre de champion d’Europe à Rotterdam en est la preuve. Entré en piste pour la première fois aujourd’hui après le retrait de Niels Bruynseels, Pieter Devos a réalisé un bon parcours avec Claire Z (Clearway) tandis que Jérôme Guery et Grégory Wathelet peuvent encore compter sur Quel Homme de Hus (Quidam de Revel) et Nevados S (Calvados Z). Aucun d’entre eux n’a fait tomber de barre, tout comme leurs voisins allemands. 

La Suisse a terminé quatrième mais il faut souligner la jolie performance de Bryan Balsiger. Remplaçant Beat Mandli pour le championnat par équipe, le jeune cavalier de 24 ans dont ce sont les premiers JO ne s’est pas laissé démonter : il a offert un sans-faute à son équipe avec Twentytwo des Biches (Mylord Carthago). Martin Fuchs lui n’a concédé qu’un point de temps avec Clooney 51 (Cornet Obolensky). Pour Steve Guerdat et Venard de Cerisy (Open Up Semilly) en revanche, il y a eu deux fautes. Si cette olympiade ne semble pas être placée sous les meilleures auspices pour l’ancien numéro un mondial, déjà tenu à l’écart de la finale individuelle, nul ne doute qu’il sera capable d’un sursaut pour offrir le sans-faute à son équipe demain. Et cela tombe bien parce que les scores seront remis à zéro pour la finale. Suède, Belgique, Allemagne, Suisse, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Brésil, et Argentine (qualifiée à la surprise générale !) repartiront tous sur un pied d’égalité.Elle a déjà couru plusieurs championnats avec Romain Duguet mais c'est avec Bryan Balsiger que Twentytwo des Biches a pris part à ses premiers Jeux Olympiques © Sportfot.com 

Un nouveau format contestable

Si toutes les nations précédemment s’en sont bien tirées lors cette qualificative, cela n’a (hélas) pas été le cas de toutes. On ne peut remettre en question le travail du chef de piste Santiago Varela et de ses équipes. Les couples préparés à ce niveau d’épreuve n’ont pas été mis en difficulté outre mesure. Si l’on omet de compter les points de temps dépassé, 14 couples parmi les 53 à s’être élancés sont sortis de piste sans barre, ni refus (soit 26%), une proportion des plus normales. 

A-t-on pour autant assisté à une belle épreuve ? Il y a de quoi se poser la question. En obéissant aux volontés du Comité international olympique (CIO), c’est à dire en incluant davantage de nations émergentes tout en réduisant le nombre de cavaliers par équipes à trois, la FEI a rendu le sport inégal. Certains cavaliers ne sont tout simplement pas à la hauteur sur des parcours à 1,60m avec la pression qui incombe aux Jeux Olympiques.

Et la suppression du drop score n’a pas arrangé les choses, le parcours de l’Irlandais Shane Sweetnam en a été le parfait exemple. Dès le début de son tour, sa monture Alejandro (Acorado’s Ass) n’a pas semblé à son aise, il a déferré puis enchaîné les fautes jusqu’à ce qu’il finisse par chuter en entraînant son cavalier. Si le cavalier avait pu abandonner sans causer l’élimination de son équipe grâce à un cavalier supplémentaire, aurait-il eu besoin de pousser son cheval jusque là ? A l’heure où les sports équestres sont scrutés de toutes parts, de telles images sont-elles encore possibles ? 

Après la chute de Shane Sweetnam et de Alejandro, l'Irlande a été éliminée, tout comme le Mexique et Israël. Le Japon a quant à lui abandonné © Sportfot.com

Autant de questions qu’il faudra remettre sur la table avant les Jeux Olympiques de Paris 2024. Il est certes important de faire évoluer ce sport mais pas au détriment du bien-être et de la sécurité des chevaux et de leurs cavaliers, sans occulter que le sport comporte et comportera toujours ses aléas et sa part de risques. 

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Photo à la Une : Sportfot.com

AuteurCharlotte Marichal