Kevin Staut et Mégane Moissonnier imposent leurs jeunes talents à Fontainebleau

23 April 2022Auteur : Mélina Massias

Les chevaux de sept et huit ans, futurs cracks de demain, étaient les stars de la journée, à Fontainebleau. En début de journée, Kevin Staut et Mégane Moissonnier ont imposé leurs respectifs Emir de Moens*Harcour et Flycorrado, dans le Grand Prix YH 1* des huit et sept ans. Pour conclure l’après-midi, l’hymne suisse a été joué, pour récompenser Edouard Schmitz, meilleur concurrent du label international dans l’épreuve en deux manches à 1,45m.

Pour lancer la troisième journée de compétition du Printemps des sports équestres, samedi 23 avril, les chevaux de huit ans sont entrés en piste, sur la carrière des Princes, au petit matin. Une quarantaine de montures se sont élancées, tentant de décrocher leur ticket pour le barrage. Dix-huit d’entre elles ont rempli leur objectif et sont revenues en piste pour un ultime parcours, réduit par le chef de piste. Disputée, la finale au chronomètre a vu le Tricolore Alexis Goulet, disciple du Suisse Pius Schwizer, s’installer en tête des opérations un bon moment, avec Calla, une jument polonaise, née chez Tomasz Wiczanowski, issue du croisement entre Quateron (Quaterback x Stedinger), un étalon orienté dressage, et Cykada, une fille de Vittorio. Malgré ses origines peu communes dans le monde du jumping, la baie, lancée sur la scène internationale par l’Allemand Marc Bettinger puis la Suissesse Faye Schoch en 2019, se montre particulièrement régulière avec son cavalier français. Malgré tous ses efforts, le couple n’a cette fois pas décroché la victoire, terminant sixième avec un chronomètre de 41”65.

Alexis Goulet et Calla.

Lalie Saclier aura été la première à abaisser ce temps de référence, en compagnie de la bien nommée J’Adore, véloce et très plaisante fille du puissant Carambole. Petite-fille de Chin Chin, la KWPN semble pleine de promesses pour l’avenir. D’ailleurs, elle s’imposait déjà vendredi, pour la deuxième épreuve réservée aux chevaux de huit ans. Avec ses 41”41, la paire occupe le cinquième rang du classement final, juste derrière Marie Demonte et sa prometteuse Epona du Quesnoy, une fille d’Ogrion des Champs et Quilaura du Seigneur, par Nabab de Rêve, née chez Jacques Morin, dans la manche.

Lalie Saclier et J'Adore.

Marie Demonte et Epona du Quesnoy.

Devant ces deux demoiselles, deux Suisses et un Français se sont emparé du Top 3. Alain Jufer, qui s’installait à Elgg, chez Steve Guerdat, en juin 2020, a pris la troisième position de la compétition, en compagnie de Kosimo MM, un fils de l’inébranlable Kannan et de Calina vom Eigen, une descendante de Cosmo-Pilot. Initialement baptisé Kosimo vom Eigen par son naisseur, l’Helvète Josef Wiggli, l’étalon a perdu son affixe, au profit des initiales “MM”, attribuées par Marlis Mühlebach, fidèle propriétaire d’Alain Jufer.

Alain Jufer et Kosimo vom Eigen.

Deuxième, Steve Guerdat n’est pas passé loin de la victoire avec la petite et bouillonnante Chamonix. Cette plaisante fille de Chacco-Blue et petite-fille de Diarado est issue de la même souche maternelle qu’Al Yammah, une Oldenbourg vue jusqu’à 1,60m avec l'Emirati Moftah Al Dhaheri, il y a une poignée d’années.

Steve Guerdat et Chamonix.

Mais c’est finalement la France qui a eu le dernier mot au barrage. Associé à Emir de Moens*Harcour, un fils de Urlevent du Bary, Kevin Staut a tout donné pour s’imposer. En franchissant la ligne d’arrivée en 40”63, l’ancien numéro un mondial et champion olympique par équipe à Rio en 2016 a rendu un bel hommage à l’élevage de Moens, dont les derniers chevaux ont été mis aux enchères il y a quelques jours. La mère d’Émir, Quetch de Moens, par Papillon Rouge, a d’ailleurs été acquise par Xavier Lerrede.

“Emir a une bonne expérience. À sept ans, je l’avais déjà emmené faire de petites épreuves, pas nécessairement réservées aux chevaux de son âge, dans les CSI. C’est un cheval en lequel nous croyons beaucoup. Il appartient au même propriétaire que Tolède de Mescam*Harcour. Nous varions les compétitions auxquelles il participe : il peut déjà prendre part à des épreuves comptant pour le classement mondial, à 1,45 ou 1,50m, mais nous revenons régulièrement sur des parcours un peu plus facile pour son moral”, a expliqué le Normand après sa victoire. “Il a un très bon potentiel et devrait poursuivre sa progression sur le même fonctionnement cette saison. L’idée serait qu’il puisse disputer un Grand Prix 2* à Grimaud, par exemple. Il a beaucoup de sang, mais un bon mental. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas vraiment joué le chronomètre, mais il a bien répondu aujourd’hui. Remporter cette épreuve n’est pas une finalité, et nous espérons pouvoir l’amener le plus haut possible.”

Emir de Moens et Kevin Staut.

Les résultats complets ici.

Mégane Moissonnier vole avec Flycorrado

Sur le Petit Parquet cette fois, les jeunes espoirs de sept ans ont aussi eu le droit à leur finale. Au terme de quarante-trois parcours, suivis dix-neuf barrages - Fanny Guerdat-Skalli n’ayant pas pris le départ avec Katja Loma W -, Mégane Moissonnier a levé les bras. Attendant patiemment au bord de la piste, rênes longues, sur son bel entier Flycorrado, l’amazone n’a vu personne la rattraper au jeu de la vitesse. En effet, la jeune femme avait signé une sacrée performance en réussissant un clear round en 43”77. Bien des duos ont tenté de faire mieux, en vain. Fils du charismatique Quickly de Kreisker et Quorrada JPC, une fille de Corrado I, Flycorrado est né pour le compte Jean-Paul et Jean-Guillaume Coche. Encore entier, ce grand bai à la personnalité rigolote, a livré deux démonstrations sur les barres.

Flycorrado et Mégane Moissonnier.

“Flycorrado est hébergé dans mes écuries, et non pas chez Laurent Guillet (son entraîneur, qui lui confie plusieurs montures ndlr). Il est arrivé à la maison début novembre, après avoir été performant à six ans avec Edgard Paillousse. Je n’ai commencé les concours qu’en mars avec lui. Il s’agit de notre troisième sortie commune. Il a progressé assez vite et je crois que j’ai trouvé les boutons pour aller vite et gagner”, s’est réjouie Mégane Moissonnier. “Il est super gentil et très sage pour un entier. Il a beaucoup de moyens, même si, pour l’instant, il n’est pas le plus impressionnant quand il saute. Le but est de le faire progresser. Il sera à vendre à terme, mais son propriétaire n’a pas fixé d’objectif précis. Il sera commercialisé quand il sera au mieux.”

Flycorrado en toute décontraction.

Deuxième, Cyril Bouvard continue à dérouler avec Fouquets Champloue, déjà vainqueur des Jeunes Talents SHF à Equita’Lyon, en octobre dernier. Le fils de Cornet Obolensky (ex Windows van het Costersveld) et de Bilitis des Lys, une fille de Baloubet du Rouet, a de belles heures devant lui. Dans ce Grand Prix, il a supplanté Eden Leprevost-Blin Lebreton. Associée à Fun des Cedres Verts, la jeune femme, tout juste majeure et sacrée championne de France Pro 1 quelques minutes plus tard au terme d’un championnat absolument parfait, a tenu la tête quelques temps, après un superbe parcours. “Bravo, c’était vraiment beau”, lui a même glissé son illustre mère, Pénélope Leprevost, venue regarder le parcours de fille depuis le dos du très détendu Candy de Nantuel.

Fouquets Champloue et son cavalier.

Eden Leprevost et Fun des Cèdres.

En quatrième position, figure nulle autre que la propre sœur de l’étalon du Groupe France Élevage : Folie de Nantuel. Impressionnante, la petite alezane a survolé les obstacles avec Marc Dilasser et devrait suivre les traces de son frère. Marie Demonte a signé une nouvelle très bonne performance, cette fois avec Forban de Béliard, un fils du crack Upsilon, qui s’est illustré en concours complet avec Thomas Carlile. Le gris, très à l’aise à Fontainebleau, se démarque bel et bien en saut d’obstacles pur, et avec la manière.

Folie de Nantuel et Marc Dilasser.

Les résultats complets ici.

Edouard Schmitz triomphe dans le 4*

En conclusion de cette nouvelle journée de concours, la Suisse a pris sa revanche et s’est imposée. Après avoir perdu un étrier en fin de parcours, Edouard Schmitz ne s’est pas dégonflé, conduisant parfaitement Balenciana K vers la victoire. La géniale alezane, qui a hérité des taches blanches léguées par son père, Balou du Rouet, a survolé cette épreuve à 1,45m, jouée en Deux Phases, ne laissant aucune chance à ses adversaires.

Edouard Schmitz et Balenciana K.

Pour la Suisse toujours, Romain Duguet était extrêmement motivé. Son alezan, Bel Canto de Boguin l’était tout autant et s’est hissé en deuxième position après un solide double clear round, mais avec près de deux secondes de retard.

Dernière à entrer en piste, Margaux Rocuet concentrait tous les espoirs des passionnés venus garnir les abords de la carrière des Princes. Avec sa bouillonnante Dubaï du Cèdre, protégée de Sylvain Pitois, l’amazone a terminé troisième. Un résultat qui a eu le don de donner le sourire à Margaux !

Margaux Rocuet et Dubaï du Cèdre.

Sur Rachel, neuf ans, Nicolas Delmotte a conclu la compétition en quatrième position, devançant la Britannique Lilie Atwood et le Colombien Nicolas Toro, derniers à avoir réussi à laisser toutes les barres sur les taquets au second tour, avec Johnnie Walker et Conladraine. Plus rapide que tout le monde, Kevin Staut n’est pas parvenu à s’offrir un deuxième succès dans la journée avec Dialou Blue PS. Sa faute, à l’entrée du double, a franchement attristé le public, qui n’a pas pu retenir quelques cris de déception.

Kevin Staut et Dialou Blue.

Les résultats complets ici.

Crédit photo : © Mélina Massias. Photo à la Une : Kevin Staut et Émir de Moens.

AuteurMélina Massias