Katharina Offel : patience et discrétion (5/6)

05 June 2015

Suite de notre rencontre avec la cavalière ! 

Vous êtes née en Allemagne, vous évoluez pour l'Ukraine et vous vivez en Hollande !

« Oui, je suis très européenne ! Mais sincèrement, j'adore la Hollande et spécialement cette région. Cela fait six mois que je vis ici et je n'ai jamais vu quelqu'un qui n'était pas sympathique dans la vie de tous les jours. Lorsque vous allez à la pharmacie, au supermarché, à la poste ou peu importe : vous n'avez jamais un visage fermé devant vous, les gens sont toujours accueillants et tentent toujours de vous aider. Si vous comparez ça à l'Allemagne, je pense que j'ai pris la bonne décision de venir vivre ici. Et la région ici est vraiment magnifique. » 

Aujourd'hui, vous avez l'opportunité de vous préparer un peu comme bon vous semble en vue d'un championnat, cela change beaucoup ? 

« Oui, je pense que certains des chevaux que j'ai dans mes écuries ne pourraient pas faire un championnat si on devait leur demander trop d'efforts préalablement dans la saison. Je pense que pour Charlie par exemple, les Championnats du monde l'an dernier était un peu une limite pour lui. S'il avait dû donner le meilleur de lui-même avant pour montrer ses qualités, cela n'aurait pas été possible pour lui et son mental. Après ce n'est pas que ce soit impossible pour ces chevaux de sauter un grand championnat sans cette liberté, mais c'est plus facile pour eux de le faire dans de telles conditions, en pouvant les amener au meilleur de leur forme pour un championnat. »

Cette année, vous avez annoncé que vous comptiez sur Quebracho Sémilly pour les Européens, comment planifiez-vous son parcours jusque-là ?

« Quebracho va devoir sauter quelques gros concours avant cela mais le plus important est de l'amener progressivement au meilleur de sa forme à ce moment-là. Actuellement, même dans de gros Grand Prix, ce n'est pas important s'il fait une faute. Je ne vais pas le pousser de trop et lui demander de me donner trop en début de saison. Après, il faut évidemment le garder en bonne santé. C'est la chose la plus difficile de nos jours car les chevaux ont besoin de sauter tellement que cela va à l'encontre de leur corps. » 

Les championnats d'Europe se déroulent cette année à Aix-la-Chapelle, c'est un endroit particulier pour vous ? 

« Oui, bien sûr ! Cela a toujours été mon rêve de monter là-bas. En 2004, j'ai été championne d'Allemagne des cavalières et il y a toujours eu un règlement tacite qui dit que les champions d'Allemagne homme et femme ont le droit de monter à Aix … et là, je me suis dit que cette fois, mon rêve devenait réalité et que j'allais pouvoir monter à Aix. Malheureusement, cette année-là, le cavalier d'un gros sponsor n'avait pas d'invitation et personne ne me connaissait vraiment alors je ne sais pas si c'est venu de la part des organisateurs ou du chef d'équipe mais on a préféré inviter le cavalier du sponsor pour ne pas qu'il y ait de problème, plutôt que de m'inviter. Cela a sans doute été pour moi la goutte qui a fait déborder le vase. Je me suis dit que je serais toujours la dernière au fond de la ligne quand quelque chose se passerait et j'ai opté pour le changement de nationalité. L'année suivante, j'ai pu monter Aix la Chapelle et c'était bien puis en 2006, nous avons eu un super expérience avec l'équipe ukrainienne et beaucoup d'amusement durant les Jeux Mondiaux. Le sentiment était incroyable la première fois où je suis entrée dans cette piste. Vous avez une warm-up le premier jour où chaque cavalier dispose de 90 secondes et vous vous dites intérieurement, une fois que je serai entrée, je vais galoper une fois de l'autre côté de la piste avant de sauter quelques obstacles mais quand vous arrivez de l'autre côté, les 90 secondes sont finies ! Cela donne de l'expérience car c'est vraiment un endroit particulier qu'il faut apprivoiser. Les Championnats du monde ont vraiment été un moment très particulier et fantastique pour moi là-bas. » 


Quand vous êtes rentrée pour la première fois sur cette piste, vous avez pensé à toute votre histoire ? Toutes les frustrations de ne pas avoir pu vous y rendre plus tôt ?

« Non, j'avais juste envie d'être là et d'en profiter. Aix a quelque chose de vraiment spécial. Ce n'est pas dans mon caractère de vivre avec le passé. Je pense que c'est une perte de temps d'être fâchée ou de penser à ce qui s'est passé avant. Je préfère tourner la page et avancer. »

Comment ont débuté vos premiers contacts avec Alexander Onyshchenko et comment vous organisez-vous aujourd'hui ? 

« Actuellement, notre relation est très bonne ! Nous avons trouvé une bonne solution. J'ai toujours quatre chevaux à lui dans mes écuries alors que les autres appartiennent à d'autres propriétaires. Je les entraîne et je les emmène au concours comme je l'entends. Nous nous mettons d'accord sur les Coupes des nations et les épreuves qualificatives pour les Jeux olympiques à disputer et où je dois être présente pour l'équipe mais c'est une situation très confortable pour moi. Je suis heureuse de cette solution. Nos premiers contacts se sont faits lors du Sunshine Tour 2002 ou 2003, je ne suis plus sûre. Il avait quelques chevaux là-bas avec un cavalier de chez Schockemoehle mais ça ne marchait pas trop bien alors il m'a demandé si je pouvais monter quelques chevaux pour lui. Il a été content et finalement, j'en ai eu d'autres.  Nous avons également eu quelques problèmes de temps en temps mais surtout entre mon ancien partenaire et Alexander. Il se disputait souvent avec lui, les chevaux s'en allaient puis revenaient quelques mois plus tard. C'était un peu des hauts et des bas mais maintenant la situation est plus confortable que les problèmes que nous avons eus dans le passé. »

 La suite, c'est demain !