Katharina Offel : patience et discrétion (4/6)

04 June 2015

Équipe allemande et changement de nationalité sont au programme dans ce volet !

Vous avez été membre à quelques reprises de l'équipe allemande de coupe des nations. Cela a été difficile pour vous d'intégrer cette équipe ? 

Umeunig Z (Untouchable), nouvelle recrue des écuries.

« Pour moi, cela a toujours été très difficile du fait que je travaille pour une écurie de commerce. Les chevaux étaient donc toujours à vendre alors c'était assez difficile pour le chef d'équipe qui me disait « Oui, tu montes bien, tu as du succès mais qui peut me garantir que le cheval sera toujours là si nous planifions quelque chose pour le futur? ». Je comprends son point de vue. J'ai néanmoins pu faire partie quelques fois de l'équipe à La Baule, Budapest et Bratislava. Nous avons d'ailleurs remporté deux de ces Coupes des nations. Je pense néanmoins que je n'aurais jamais pu évoluer de la même manière que j'ai pu le faire aujourd'hui au sein de l'équipe allemande. Je n'aurais jamais eu l'occasion de prouver ce que je valais au sein de la Mannschaft. »


Quelles ont été les réactions de votre famille et amis lorsque vous avez décidé de changer de nationalité ? 

« Ils m'ont toujours supporté. J'ai eu du soutien de tous les côtés en fait. Lorsque j'ai monté à Aix-la-Chapelle par exemple pour le Championnat du monde, j'ai senti beaucoup de soutien de la part de tout le monde dans le stade. Personne n'était là à me montrer du doigt disant « Roh, elle monte pour l'Ukraine». Je n'ai jamais eu peur de cela en changeant de nationalité mais j'ai, par contre, eu plus de soutien que ce que je n'aurais pensé. Maintenant, cela fait plus de dix ans que j'ai changé de nationalité alors c'est un peu une vieille histoire. Je pense que c'est une bonne décision que j'ai prise. Je ne l'ai pas fait pour l'argent, contrairement à certains de mes collègues, je n'ai jamais touché d'argent pour le faire. J'ai juste pris cette décision pour avoir l'occasion de prouver ma valeur, pas pour les gens mais pour moi-même, pour savoir si j'étais assez bonne pour évoluer dans le grand sport. Je pense que j'ai ma réponse. » 

Aujourd'hui, avec ce que vous avez prouvé, vous pensez vraiment qu'en tant qu'Allemande, vous n'auriez pas réussi à faire partie de l'équipe ? 

« Non. Je suis vraiment persuadée que dans la situation dans laquelle j'étais, là où je travaillais et avec le sélectionneur que nous avions, je n'avais aucune chance. En Allemagne, lorsque vous arrivez avec un nouveau cheval, vous devez prouver votre valeur tellement de fois que lorsque vous arrivez le jour J, votre cheval est vidé. La manière dont évolue le commerce dans notre sport, c'est de plus en plus fou. Lorsque vous voyez un cheval bien sauter dans une épreuve, vous les voyez tous se diriger sur le cheval comme des piranhas dès la sortie du tour en courant derrière « est-ce qu'il est à vendre, est-ce qu'il est à vendre ? Alors, si vous n'avez pas un bon sponsor qui vous dit « non, ce cheval est pour vous » comme c'est le cas pour Christian Ahlmann par exemple, alors c'est impossible. ».  La suite, c'est demain !