Katharina Offel : patience et discrétion (2/6)

02 June 2015

Dans ce deuxième volet, nous aborderons son parcours et sa clé vers le succès.

Le fait d'avoir vu évoluer les Beerbaum a-t-il été un déclencheur dans votre décision : faire votre vie en tant que cavalière ? 

« Je pense que j'avais décidé avant cela que mon rêve serait de travailler dans les chevaux mais j'ai appris là-bas comment le faire de manière professionnelle. Ce fut une belle expérience pour moi à tout point de vue. J'ai tout fait : le travail de groom, tondre les chevaux, vider les boxes. J'ai vu tout ce dont on avait besoin pour être professionnel. » 

 L'étalon Selle Français Quebracho Sémilly (Le Tot de Sémilly x Eykens des Fontenis) est l'actuel cheval de tête de Katharina Offel.


Quel regard avez-vous aujourd'hui sur de jeunes talents qui n'ont qu'à s'asseoir sur des chevaux achetés très cher ? 

« Je préfère la manière dont je l'ai fait pour connaître les bases. Cela vous permet de savoir vraiment ce que vous voulez. Maintenant, il y a des enfants ou de jeunes personnes qui ont d'autres opportunités que ce que j'ai eu, je ne sais pas... Je sais qui je suis et je sais d'où je viens. Je sais ce que je demande à mon personnel. Si ma groom doit conduire le camion dimanche soir après le concours et arrive aux écuries le lundi matin, fatiguée : je sais dans quel état elle est, je connais ce sentiment. Je pense que c'est un avantage de connaître aussi la face cachée de ce travail. Je pense que même lorsque le succès est là et que l'on enchaîne les beaux concours, la chose la plus importante reste la relation que l'on peut avoir avec ses chevaux. Je fais ce travail et je veux continuer à le faire à cause des chevaux et non à cause du succès. Pour moi, c'est plus passionnant de construire un cheval et de l'amener à évoluer au plus haut niveau. Je n'aimerais pas m'asseoir sur un super cheval et partir au concours, je veux pouvoir les produire moi-même. » 

 Vous pensez que c'est la raison pour laquelle vous faites des résultats avec des chevaux que d'autres cavaliers ne voulaient plus trop ? 

« Oui, je pense. J'essaie toujours de prendre mon temps et de comprendre pourquoi le cheval ne veut plus ou peu importe quel est le problème. Evidemment lorsqu'on a des chevaux comme Lacrimoso ou Sanctos, c'est plus facile mais j'aime avoir un but vers le succès. » 

Le troisième volet, c'est demain !