Jérôme Guery : petit à petit, devenir quelqu'un ! (7/7)

07 July 2013

Dans ce dernier volet, partons à la rencontre de la famille Guéry, déjà à poney pour reprendre la relève de leur papa ? 

Malgré vos beaux résultats, on sait que le style est important pour vous. C'est un côté perfectionniste car au final, qu'est-ce que cela change ? 

 « Oui, c'est vrai. Je dirai que je n'ai pas eu une formation très classique et que mon équitation n'était pas toujours très académique au-dessus des obstacles. C'est vrai que je suis quelqu'un de perfectionniste. Je ne prétends pas pour la cause être le meilleur mais j'ai envie d'être le meilleur.  Pour ça, je travaille et je sais que je dois encore travailler beaucoup de choses. Le plus gros problème, ce sont les mauvaises habitudes prises. J'essaie d'améliorer cela, notamment la fixité de mes jambes. J'y arrive sur des petites épreuves voire intermédiaires et je suis parfois très fier en me disant que là, j'ai fait un beau tour au niveau de ma position mais je sais que dans le barrage d'un Grand Prix, je vais m'emballer et mes défauts vont ressortir. Je peux avoir un très bon résultat sans avoir la position qui correspond. Cependant, je pense que ça n'arrive pas quand on voit des cavaliers comme Marcus Ehning, Rodrigo Pessoa, Steve Guerdat,  j'en citerais beaucoup. Je suis admiratif car ils ont à la fois le talent et le style. J'aime cela et j'espère qu'un jour, j'aurais la même aisance sur ces hauteurs là. Après je ne pense pas qu'il y ait de la frustration, c'est du perfectionnisme car j'aimerais faire mieux. C'est vrai que quand je vois une photo avec mes jambes en l'air, je me dis « mince alors ».  

Quand on voit Waldo, puis Tic-Tac du Seigneur et aujourd'hui Upper Star, on peut se demander si le réservoir est sans fin ? 

« Malheureusement, non, il n'est pas sans fin du tout ! On travaille pour avoir d'autres chevaux derrière. Maintenant, il faut savoir que des chevaux, il y en a vraiment beaucoup et comme je le dis toujours «  la mère des chevaux n'est pas morte ». Nous sommes dans un pays d'élevage et peut-être que demain, après l'article, je vais avoir un coup de fil pour m'envoyer un super cheval ? J'essaie de travailler dans le bon sens, d'être respectueux. Je fais confiance dans la vie et la vie m'a toujours mis de bons chevaux sur mon chemin. »

 L'ainé Mathieu Guery débute l'équitation ..

Si vos enfants veulent devenir cavaliers, qu'est-ce que vous leur direz ? 

« Je les encouragerai ! Je trouve que j'ai une vie fantastique. Maintenant, je vais essayer de ne pas trop les gâter en leur donnant trop de facilités. Mais oui, j'aimerais vraiment qu'il y en ait un des deux qui montent. J'aimerais qu'ils prennent la relève. Je me dis qu'on a construit tout cela ici, ce serait dommage qu'un jour on soit obligé de vendre. J'aimerais qu'il y en ait un qui reprenne le flambeau et que le « nom » de Guery continue dans le milieu, d'autant que c'est un nouveau nom, ce serait sympa. Quand on voit Guerdat, Pesssoa, Philippaerts, Mathy, Whitaker , c'est de père en fils et on pourrait en citer plein d'autres. Alors oui, ça me ferait plaisir qu'un de mes enfants poursuive ! »

Dans ce cas, y aura-t-il une obligation d'étude avant de se lancer dans les chevaux ?

« Moi, je vais dire non mais je suis sûr que ma femme dira oui ! Cela fera l'objet de discussions familiales, c'est certain. En fait, je ne pense pas qu'il y ait besoin d'avoir fait de grandes études pour être cavalier de haut niveau. Par contre, il faut avoir une logique et une pratique de certaines choses. C'est sûr que s'ils sont mordus, talentueux et qu'ils veulent être là-dedans sans  faire d'études, je ne vais pas les pousser. De toute façon, ils devront finir leur rhéto, ça, c'est certain. C'est un minimum.  J'ai commencé à travailler dans ma vie à 18 ans, il n'y a donc pas de raisons que je leur impose d'autres règles. Maintenant, si je vois qu'ils ne sont pas capables de monter à cheval, parce qu'il faut quand même un tout petit peu un don, je ne les pousserai pas. Ce ne serait pas leur rendre service. Faire ce métier- là pour être dernier, non ! S'ils ne sont pas faits pour ça, je ne les pousserai pas. S'ils le veulent, par contre, je les aiderai au maximum ! »