Jérôme Guery : petit à petit, devenir quelqu'un ! (5/7)

05 July 2013

Dans ce volet, nous aborderons collaboration et relation entre un cavalier et son propriétaire !

Votre rencontre avec Luc Henry, ça a été une rencontre déterminante ? Comment aviez-vous imaginé votre collaboration au départ ? 

« Je pense avant tout que toute rencontre est intéressante. Je suis quelqu'un de très ouvert aux gens, avant tout parce que j'aime les gens. J'essaie de toujours rester ouvert et avec Luc, très rapidement, on s'est bien entendu. Luc est quelqu'un de formidable, il m'a ouvert les yeux sur plein d'autres choses que les chevaux. Maintenant, on a tous des qualités et des défauts. Mais je pense que si on lui pose la même question, il dira la même chose que moi sur le fait que je lui ai aussi ouvert les yeux sur pleins de choses pas spécialement en rapport avec les chevaux. Humainement, Luc est quelqu'un de très proche et avec les années qu'on travaille ensemble, c'est plus qu'un associé pour les chevaux. C'est un ami et on peut parler d'autres choses que de chevaux. 

 Luc Henry et les enfants de Jérôme Guery : Matthieu et son filleul Clément.


C'est certain que ma rencontre avec lui a été déterminante dans ma carrière comme pour la sienne puisqu'à l'époque, il était jeune éleveur. Il débutait et moi, j'étais jeune cavalier et je débutais. On s'est trouvé au bon moment et on s'est fait confiance mutuellement. On a travaillé dans le même sens dans le partage et dans le respect puis voilà ce que ça a donné aujourd'hui. Evidemment, je fais encore d'autres rencontres aujourd'hui et peut-être que demain je ferai une rencontre dont on dira dans 10 ans qu'elle aura été déterminante. Je pense que toute rencontre peut être intéressante à partir du moment où on est ouvert et où on essaie de faire des choses justes. »  

Le couple Guery avec Dream Alive Hero (Erco van't Roosakker x Carthago), sa mère est la propre soeur de la mère de l'étalon Clarrissimo Z.

Est-ce que vous pourriez imaginer un jour avoir un gros sponsor dans vos écuries ou est-ce que vous préférez avoir plusieurs propriétaires et plusieurs petites histoires ? 

« J'aime bien avoir plusieurs personnes avec qui partager différentes histoires mais ce sont toujours des gens avec qui j'ai un atome crochu qui se passe. Ca n'empêche qu'avoir un vrai gros sponsor me plairait bien mais il faudrait que ce soit un sponsor qui investirait pour le sport. Je suis à un moment de ma carrière où j'aimerais maintenant pouvoir faire vraiment du très haut niveau.  J'en fais déjà mais je pense qu'on pourrait accéder à une étape en plus. Je parle évidemment de sponsors qu'on connaît tous dans le milieu comme le haras de Hus qui a aidé Kevin Staut ou maintenant Haras des Coudrettes qui sont aujourd'hui derrière plusieurs cavaliers. En Belgique, on a moins la mentalité des sponsors. La plupart des sponsors que l'on a en Belgique sont avant tout des investisseurs. Ils sont là pour faire des coups commerciaux dans le but de refaire un profit à la fin. Alors oui, c'est sûr que si un jour, j'ai un vrai sponsor qui vient me trouver en me disant: « voilà, on va faire du sport de haut niveau ensemble » : ça me plairait vraiment bien, c'est certain. Maintenant, j'aime partager des histoires comme celle avec Luc ou comme celle que j'ai eue avec Kalvarie ou encore celle avec Thierry Masson à l'époque de Ramiro de Belle Vue. J'ai aussi quelques chevaux avec de marchands comme Stephex ou Gregoire Oberson et j'ai également monté pour Christophe Ameeuw ou François Mathy mais la principale différence qu'il y a avec eux, c'est que j'ai des clients mais eux en ont aussi ! Ce qui n'est pas le cas avec d'autres propriétaires. Stephan Conter est marchand mais c'est en plus quelqu'un qui aime le sport et qui a parfois envie de garder des chevaux pour se montrer à haut niveau. 

L'ancienne championne de Belgique des 5 ans, Faranka A (Chin Chin) a débuté sous la selle de Jérôme Guery à Aix-la-Chapelle.

 Ensuite, il me permet aussi de récupérer des chevaux déjà prêts. Ici, j'ai un 8 ans qui arrive, qui est prêt d'emblée pour sauter à Aix-la-Chapelle. Après, je ne voudrais pas avoir d'exclusivité avec l'un ou avec l'autre car mettre toutes ses billes dans le même panier, c'est toujours dangereux car si la relation ne se passe plus bien, on perd tout. C'est d'ailleurs pour cela que dans quasi toutes les associations que je fais, je prends une part, j'achète une partie ou je trouve un arrangement pour faire un petit contrat entre nous pour me protéger. Je veux être sûr que le travail dans lequel j'investis ne se fera pas à fonds perdus et que le cheval ne quittera pas mes écuries après un an pour aller chez un autre cavalier. J'ai déjà vécu ces expériences- là avant, lorsque je n'avais pas la possibilité d'acheter une part. J'ai déjà eu des chevaux que j'ai formés puis qui sont partis et ont fait des Grands Prix avec d'autres cavaliers et ça, je n'ai plus envie que cela se reproduise. » 

Comment vivez-vous et comment voyez-vous vos relations propriétaire –- cavalier ?  

« Je pense que dans une relation cavalier –- propriétaire, il faut avoir un partage au moins téléphonique lorsque les gens habitent loin. Il faut avoir une même optique des choses et assez bien de transparence d'une part comme de l'autre. J'attends d'eux qu'ils me respectent. Il n'y a que comme cela que l'on peut faire de grandes choses. » 

Sixième volet, demain !