Jérôme Guery : petit à petit, devenir quelqu'un ! (3/7)

03 July 2013

Famille, leçons de la vie, découvrons en davantage sur la vie de Jérôme Guéry dans ce troisième volet !

Après vous avoir lancé dans tout cela, est-ce que votre soeœur a continué à vous suivre ? 

 « Ma sœoeur était vraiment passionnée. Elle avait son cheval que ma maman lui avait offert mais lorsque l'adolescence est arrivée, elle a un peu lâché l'affaire et c'est moi qui ai véritablement continué à sa suite. Maintenant, elle me soutient. Elle m'appelle souvent pour prendre des nouvelles. Il y a un petit moments qu'elle n'est plus venue mais autrement, cela lui arrivait encore de venir de temps en temps à l'écurie. Il faut dire que ce n'était pas du tout le même niveau, elle faisait ça véritablement comme hobby comme les trois quart des gens qui montent à cheval alors que moi, j'ai toujours voulu faire ça à une échelle plus haute. Dès le début, c'est peut-être plutôt le cas des garçons, c'est la compétition qui m'a attirée. Je pense qu'on aime bien la compétition, cette idée de se mesurer aux autres. Je suis un vrai compétiteur depuis que je suis petit. Quand je montais une épreuve poney, je ne voulais pas juste participer, je voulais gagner. Je faisais toujours des virages impossibles avec ces poneys. C'était des poneys de club mais c'était de véritables bons poneys. J'avais cette envie de gagner en moi. » 

Waldo (Darco x Saygon), admis à Zangersheide, évolue désormais sous la selle de Stephanie Brugmann.

Votre maladie, ça a changé votre manière de voir les choses ?  

« Ma maladie a changé complètement ma vie mais positivement. Avec le temps, je pourrais dire que je suis presque content d'avoir eu cette maladie car j'ai pris du recul sur beaucoup de choses et j'ai appris à écouter davantage la vie, les chevaux et moi-même. C'est aussi pour cela que nous avons vraiment voulu reprendre notre liberté, à l'époque, pour travailler de manière juste. Cela a complètement modifié ma vision de la vie et des choses. On travaille toujours autant mais je relativise beaucoup plus qu'avant et je ne me tracasse plus pour certaines choses. Je fais un peu plus confiance à la vie. J'essaie de la respecter un peu plus, pareil avec les chevaux et ils me le rendent bien. »


L'étalon Selle Français Popstar Lozonais (Quick Star x Muguet du Manoir).


Par rapport à beaucoup de fils de cavaliers ou de gens issus du milieu, vous avez connu la vie de manège. Est-ce que c'est une expérience que vous voudriez que vos enfants vivent ou pas spécialement ? 

« Quand on est petit, c'est quand même sympa car on est avec tous les copains. On est d'abord des enfants et je pense que le cheval, à la base, ça doit avant tout être un plaisir et un amusement. J'étais très content d'avoir débuté en manège mais c'est sûr qu'ensuite, si on veut être un peu plus professionnel… Après deux-trois ans dans le manège, comme j' avais plus envie d'être compétiteur, je me suis plus dirigé vers une écurie privée. Là, c'était tout de suite beaucoup plus sérieux, même si cela reste agréable car cela reste une passion. Le manège, on y va avant tout pour être tous ensemble. Prendre le camion du manège et aller tous ensemble vers le petit concours du coin, ça met une ambiance qui est très sympa quand on est gamin. Oui, je pense que c'était une belle école. »

Tic-Tac du Seigneur (Clinton x Heartbreaker) évolue désormais sous la selle de Leslie Howard. Il s'agit d'un frère utérin des étalons Boyfriend, Vivaldi et Eternity du Seigneur. Leur mère a évolué avec succès au niveau internationale et est une soeur de Rexar du Houssoit.

Quand avez-vous décidé d'en faire votre métier ? 

 « Ma maman étant professeur de langue et mon papa publiciste, je n'avais pas du tout l'idée d'en faire mon métier quand j'ai commencé. Après, c'est sûr que ma vie a changé aussi quand ma maman a décidé de se remarier avec quelqu'un qui, certes n'était pas professionnel des chevaux puisqu' il avait un métier à côté, mais qui avait une écurie et des chevaux… 

Calikot Hero (Ogano Sitte x Nabab de Rêve), étalon agréé par l'AES de 5 ans, est un petit fils de la grande gagnante Ulika, issue de la souche de Carthago et également grand-mère de l'étalon Clarissimo Z.


Ca a pris une autre tournure car j'ai vu ce que cela faisait d'avoir une écurie à soi avec son camion pour aller au concours. Puis, petit à petit, j'ai pris goût à cette vie et je me suis dit que si c'était possible, j'avais envie de vivre des chevaux. C'est le rêve de tout sportif de pouvoir vivre de sa passion. Je suis passionné de chevaux alors, arriver à vivre de sa passion, c'est exceptionnel. A la fin de ma rhéto, j'en ai parlé avec mes parents. Ma maman était évidemment pour que j'essaie mais mon papa était moins motivé. Il aurait aimé que j'essaie les études supérieures et que j'envisage d'autres horizons puis finalement, je lui ai demandé d'essayer un an à fond dans les chevaux. Dès le début, ça m'a plu et ça a marché très vite. Maintenant, je ne me vois pas faire autre chose que cela et je pense que jusqu'à la fin, ma vie, je serai dans les chevaux.  J'ai une vie formidable : je vis de ma passion et on fait ça en famille. Désormais, notre maison est sur notre site et nous sommes entourés de chevaux que l'on peut voir par notre fenêtre. J'ai eu beaucoup de chance dans ma vie, j'ai aussi eu des moments difficiles mais qui m'ont amené aussi beaucoup choses. Pour le moment, tout se passe bien et j'espère que ça va continuer. » 

La suite, demain...