Jérôme Guery : petit à petit, devenir quelqu'un ! (2/7)

02 July 2013

Dans cette seconde partie, continuons à apprendre le parcours du cavalier belge, Jérôme Guéry !

« Entre temps alors que j'étais depuis un an aux Hayettes, j'ai rencontré Patricia qui est rapidement venue travailler avec moi dans les chevaux et qui est aujourd'hui mon épouse. Nous sommes d'abord retournés dans l'écurie familiale où nous avons repris quelques chevaux de propriétaires et j'ai également monté quelques chevaux pour François Mathy. C'est aussi le moment où Luc Henry est arrivé pour me confier un jeune cheval. C'est comme ça que nous avons débuté notre collaboration. Il fallait tout reconstruire, je n'avais plus de chevaux. Nous avions tout vendu puisque je volais de mes propres ailes depuis deux ans. Après un an et demi passé à Assesse, j'ai reçu une proposition de faire une association avec Pascale et Vincent Brichat qui avaient une écurie à Yvoir. Nous nous sommes déplacés là-bas avec douze chevaux. Nous avons achetés des chevaux ensemble mais sportivement, je n'étais pas très haut. J'avais fait quelques beaux concours avant mais là, je n'avais plus rien pour espérer faire du haut niveau. Après deux ans, j'ai arrêté ma collaboration avec la famille Brichart.


Jerôme & Patricia Guery avec Just a Hero (Erco van't Roosakker x For Pleasure), issu d'une soeur de Bamako de Muze et Mylord Carthago.

Entre temps, il faut bien dire que j'ai été fort malade puisque j'ai eu un cancer qui m'a fort freiné dans mon évolution. Il m'a fallu un an pour me remettre sur pied entre les soins, les hôpitaux et tout ce qui va avec. En 2005, nous nous sommes installés à Bornival où nous avons loué un couloir d'une dizaine de boxes, en recommençant avec nos chevaux de propriétaires et c'est là, entre autres, que For Hero (For Pleasure) est arrivé dans nos écuries. Assez rapidement, j'ai mis une écurie en place, en les amenant en nationaux et en internationaux. Après un an, nous nous sommes déplacés vers le haras de Wisbecq, toujours en Belgique, car nous avions besoin de plus de place puisque nous avions de plus en plus de jeunes chevaux. 

For Hero qui fut vendu en co-propriété à Michel Hécart puis au haras de Hus.

 A partir de ce moment-là, nous avons commencé à chercher après un terrain pour construire notre propre écurie. C'est aussi l'époque où, via Luc Henry qui travaillait avec eux, j'ai commencé ma collaboration avec le haras de Kalvarie. J'ai reçu Tokade de Kalvarie (Landetto) et c'est lui qui m'a véritablement ramené vers le haut niveau, puisque j'ai pu participer à quelques Coupes des nations. Ensuite, ils m'ont confié Winston de Kalvarie et Waldo, deux Darco de 8 ans qui prenaient 9 ans. Deux chouettes chevaux avec un gros potentiel que nous avons développé en même temps que des jeunes. Nous avons souvent dû commercialiser ces chevaux car pour faire vivre une écurie, il faut de l'argent. 

Tokade de Kalvarie, frère utérin de Quilano et Priobert de Kalvarie par Landetto.

Nous sommes donc obligés de commercialiser les chevaux au fur et à mesure qu'ils étaient prêts. Tokade a été vendu aux USA, tout comme Winston. Waldo était sur le point d'être vendu lorsque Luc Henry et moi-même avons décidé de le racheter.  Nous avions décidé de conserver Waldo pour commencer à nous faire connaitre dans le monde du haut niveau. Nous avons refusé plusieurs offres pour pouvoir monter petit à petit dans de plus beaux concours et tirer toute l'écurie vers de beaux internationaux, tout en continuant la formation de jeunes chevaux dont Tic-Tac du Seigneur (Clinton) faisait partie. 

 Waldo (Darco) entourré de Luc Henry et Jérôme Guery.

 Nous l'avons acheté à deux ans avec Luc et nous avons toujours cherché de jeunes talents. Finalement, Waldo a été vendu au mois de juillet 2012. Tic-Tac était toujours en formation mais nous sentions qu'il était prêt à prendre le relais. Physiquement, il avait toutes les capacités. Les évènements ont fait que Tic-Tac a fait un véritable boum dès qu'il est passé cheval de tête. Lors des quatre premiers Grands Prix qu'il a fait, il a, à chaque fois, été sans faute et le championnat de Belgique est arrivé juste derrière. Le cheval était en pleine forme et il l'a gagné haut la main. L'objectif était de garder Tic-Tac pour continuer dans la même lancée puis nous avons reçu une offre d'un client américain qu'on ne pouvait pas refuser.

Tic-Tac du Seigneur (Clinton x Heartbreaker) lors de son titre de champion de Belgique 2012.

 

Nous étions toujours en train de construire l'écurie. Cela commençait à prendre forme et à prendre fin mais nous n'étions pas encore assez solides que pour pouvoir refuser une grosse offre. Ce n'était pas du tout dans nos plans de le vendre à ce moment-là mais c'est ainsi. Je me suis alors demandé qui allait pouvoir prendre le relais. Nous avions bien un cheval que nous avions acheté avec mon épouse, qui était en pleine évolution, Patricia l'avait emmené jusqu'en épreuve 1,35m. C'était Upper Star (Metall). Finalement, en trois mois, Upper est passé de numéro trois à numéro un !

Upper Star (Metall x Zeus).

 Il s'est retrouvé à faire des Grands Prix cet hiver alors qu' il n'avait pas encore la maturité pour le faire mais il s'est très bien comporté dès le début. A Saint Lô, c'était un peu moyen : il faisait vraiment de son mieux mais le contrôle n'était pas au point. Le second, c'était à Caen où il était sans faute. Ensuite, nous avons enchainé les bons résultats. Nous voici aujourd'hui avec de très chouettes jeunes chevaux en formation et Upper en cheval de tête avec l'étalon Selle Français Popostar Lozonais (Quick Star) qui m'a été confié l'an passé et qui est un cheval fantastique. Il est très important dans mon piquet, d'autant qu'il quitte rarement un concours sans avoir remporté au moins une épreuve. J'ai également Quo Vadis qui m'a été confié par Stephan Conter depuis 6-7 mois et qui est un super cheval d'épreuves intermédiaires. Il aide également Upper pour l'une ou l'autre épreuve qualificative pour le Grand Prix. En fait, actuellement, j'ai trois à quatre chevaux pour le haut niveau et de très bons jeunes derrière. J'arrive à me maintenir dans le haut niveau comme cela tout en essayant de faire un peu de commerce en parallèle pour pouvoir financer tout cela. » Rendez-vous demain pour le troisième volet !