Jeroen Dewinter & Gretel S, champion des 7 ans.

11 May 2013

CSIO**** Lummen
Championnat de Belgique des 7 ans 2013

Lors des deux qualificatives, 26 couples réaliseront le double sans faute. Les rejoindront dans la finale les 8 couples les plus rapides avec 4 points de pénalité sur la seconde manche. Cette année, il n'y aura qu'une seule manche lors de cette finale avant le barrage final.

A ce petit jeu, c'est le champion du monde des 6 ans Gangster de Longchamps (Orlando) qui tire son épingle du jeu en réalisant le parcours sans faute sous la selle d'Eiken Sato après avoir commis une faute lors de la seconde étape de qualification.

D'autant que devant lui, les barres tombent, à l'instar de Frederic Vernaet qui ne peut éviter une faute avec l'étalon approuvé au sBs Gin Duidam (Quidam de Revel). Abdel Said était en selle sur la sœur utérine des étalons Chippendale Z et surtout du crack Winingmood vd Arenberg, Leonie III Z (Lord Z), mais le couple ne peut éviter deux fautes en fin de tour sur les oxer 9 et 11. Les écuries Philippaerts étaient présentes dans cette finale avec deux chevaux aux origines croisées puisque Ludo montait Gloster de Kalvarie qui est un fils de Femke (mère des internationaux Intradella Z, Fritzy, Kwikstaart, Linotte de Sohan, Moujik de Sohan, Udancer Hero … ) et l'étalon Amor de Kalvarie, frère utérin de Quilano, Priobert ou encore Tokade de Kalvarie, alors que le neveu de Ludo Pieter Clemens était lui en selle sur Azaro de Kalvarie qui est un fils de Moujik de Sohan (frère utérin de Gloster) et une sœur de Amor de Kalvarie… mais les deux couples sortiront de piste avec 8 points de pénalité. Daniel Deusser débutait lors de ce championnat une des dernières recrues des écuries Stephex, Atlantys by Wisbecq (Argentinus). Malheureusement, eux aussi se feront piéger à l'oxer sur bidet n°9. « C'était mon premier concours avec lui et je dois dire que le contrôle n'était pas comme à la maison, mais nous ne l'avons que depuis 2-3 semaines. Nous avons encore besoin de nous connaître, c'est une faute stupide et cela peut arriver. Je pense que c'est un cheval avec de gros moyens. » Après avoir réalisé le premier sans-faute de l'épreuve, Eiken Sato se fait piéger sur sur l'oxer 9 avec l'étalon admis au SF et au sBs, Balou de Cœur Joye (Balou du Rouet), ainsi qu'avec Gazelle Ter Elzen (Kashmir van't Scuttershof) sur la sortie du triple placé en dernière position. Le Japonais n'aura donc aucun cheval présent au barrage, dommage. Thomas De Wit non plus ne verra pas le barrage et pourtant Gazelle van de Byloke (Wandor vd Mispelaer) n'aura commis aucune faute d'obstacle, mais écopera d'un point de temps dépassé. Ils seront donc 6 à en découdre au chronomètre. Daniel Deusser est le premier à s'élancer avec la championne du monde des 5 ans, Gladys (Wandor vd Mispelaer). L'Allemand tente sa chance mais ne peut éviter une faute sur l'entrée du double, placé en dernière position, avec un très bon chrono de 36''62. « J'étais le premier à partir, je devais prendre des risques, mais ça a mal tourné et j'ai commis une faute. C'est le sport, ça arrive. La jument a néanmoins donné le meilleur d'elle-même, elle a bien sauté les trois jours. Mais le barrage contenait de longues lignes droites avec un double pour terminer, c'est difficile pour des chevaux de 7 ans. En fait, je me suis retrouvé un peu loin de l'obstacle, c'était une situation difficile, on ne peut pas blâmer le cheval. C'est une jument avec de gros moyens et une bonne tête, assez facile à monter. Ici, elle arrive sur une grande piste en herbe avec une grande rivière à sauter, elle ne regarde rien alors oui évidemment, je pense que c'est un cheval avec un bel avenir devant lui et je suis sûr qu'il va faire de bonnes choses. » Guy Williams était également présent en montant au pied levé les chevaux de Nick Vrins, blessé, qui avait accompagnés les cavaliers Qatari au Global Tour de Madrid. Le Britannique aura relevé le défi avec brio puisqu'il amènera le très puissant et prometteur Gunder (Thunder vd Zuuthoeve) au 4 ème sans faute à l'arrivée avec un chrono de 39''24, prenant par la même occasion la tête de l'épreuve. « J'ai découvert le cheval ici, lors des deux premières qualificatives. J'ai fait un bon week-end, avec également ma victoire dans le derby hier, mais je dois dire que Gunder m'a beaucoup aidé. C'est un cheval magnifique promis à une belle carrière alors je n'avais pas envie d'aller à fond pour le barrage, j'ai juste sauté le plus de sans-faute que je pouvais. Il a un grand talent et mon but est de la préparer pour le haut niveau et c'est vrai que pour être honnête, la finale du championnat de Belgique ne représente pas grand-chose pour moi et plus pour un cavalier belge, mon but est de la préparer pour le grand sport. » Wilm Vermeir est également présent avec la fille de l'internationale Barones qui a évolué jusqu'en Grand Prix sous la selle de David Jobertie, Gancia de Muze (Malito de Rêve). Il attaque et réussit à abaisser le chronomètre à 37''30 mais ne peut éviter une barre sur le second élément de cet ultime double, oxer-vertical, vestige du triple de la finale. « C'est vraiment pas de chance mais ma jument a très bien sauté et c'est le plus important pour moi aujourd'hui. » Ann Carton espérait bien se mêler à la lutte finale mais Ghana (Vigo d'Arsouilles) ne pourra éviter une faute sur l'avant dernier obstacle. Le jeune Jeroen De Winter entre en piste, encouragé par l'ensemble du clan Ceulemans, son grand-père, Jos, en tête. Jeroen ne se dégonfle pas, il attaque d'emblée et galope. Gretzel S (Corland x Baloubet du Rouet) répond, c'est sans faute en 36''82 : nouveau leader. Le podium est même assuré pour le jeune homme car il ne reste plus que le cavalier des écuries Mathy à s'élancer, Diego Perez Bilbao avec Kavalier (Kannan x Alligator Fontaine). L'Espagnol décide d'emblée de ne pas prendre tous les risques mais signe le sans-faute en réussissant même à s'emparer de la seconde place d'un souffle, 39''15, soit 9 centièmes de mieux que Guy Williams. « Cela fait trois mois que je travaille chez François Mathy et cela fait autant de temps que je monte le cheval. J'avais fait de ce championnat mon objectif et je pensais vraiment pouvoir le gagner… mais Jeroen De Winter a tout simplement monté plus vite que moi, pas seulement à un endroit mais durant tout son barrage. C'est un cheval qui n'avait pas fait grand-chose jusqu'à 6 ans mais depuis l'an dernier, il a bien tourné en faisant énormément de sans faute et en étant très souvent classé. Moi, je suis enchanté de le monter mais cela reste une écurie de commerce alors on ne sait jamais …  » Le vainqueur du jour est encore peu connu du grand public mais certainement pas pour très longtemps. Protéger par son père, Erik de Winter, étalonnier bien connu près de Malines qui l'aura laissé grandir sans jamais lui mettre de pression, petit-fils des étalonniers Roger de Winter et Jos Ceulemans. Toujours calme et posé, avec une équitation très fluide et un calme impressionnant dans toute situation, Jeroen aura, cette fois, laissé éclater son talent aux yeux de tous… mais là où d'autres aurait eu du mal à gérer leur égo, lui est juste heureux ! Il a travaillé dur et le voici récompensé, tout simplement. « L'an dernier, j'avais fait une petite faute à Gesves dans les 6 ans, nous avions manqué de chance mais cette fois, la jument avait plus d'expérience. Nous avons participé aux épreuves de 7 ans lors du CSI*** de Wavre Sainte Catherine chez mon grand-père où elle avait gagné la finale. Notre autre 7 ans sautait aussi très bien et mon père m'a dit qu'on allait participer au Spring Tour… mais tant qu'à venir avec un cheval, autant venir avec deux alors Gretel est aussi venue et elle a remporté la finale des 7 ans il y a deux semaines, alors Maurice van Roosbroeck nous a dit de les engager tous les deux au championnat, et elle a gagné ! Au barrage, je voulais prendre tous les risques. Je n'avais rien à perdre ! Un championnat, il faut y aller pour gagner. J'ai repéré Gretel lorsqu'elle avait 5 ans dans un concours LRV. Elle sautait des épreuves 90cm-1m. J'étais à cheval pour aller au paddock et j'ai vu cette jument faire trois sauts. J'ai tout de suite appelé mon père pour lui dire qu'il fallait qu'on l'achète. On l'a essayée le soir-même et on l'a achetée. J'espère que je pourrai encore en acheter plusieurs comme ça mais ce n'est pas simple. Aujourd'hui, mon père m'a promis de ne pas la vendre. J'aimerais la garder pour les Juniors l'année prochaine et je pense qu'on peut encore faire de bonnes choses ensemble. »