Jean-Baptiste Marteau au service de l'équitation aux JO de Tokyo

28 juin 2021Auteur : Theo Caviezel

Il participait il y a quelques jours à l'émission Fort Boyard, avant de prendre part ce week-end au Paris Eiffel Jumping en tant que speaker... et de foncer à l'Elysée après la dernière épreuve du dimanche pour rendre compte des élections départementales et régionales. Jean-Baptiste Marteau, multi-casquettes et visage de plus en plus familier du grand écran, reste avant tout un passionné d'équitation. Il a été désigné pour faire vivre sur France Télévisions toutes les épreuves d'équitation, à l'occasion des JO de Tokyo. Nous avons voulu en savoir plus à ce sujet.

Nous avons récemment appris que tu allais commenter, en duo avec Virginie Couperie-Eiffel, les épreuves d’équitation aux Jeux olympiques de Tokyo, sur France Télévisions. Comment cela va-t-il prendre forme ?

"Comme d’habitude sur France Télévisions lors des Jeux olympiques, tous les disciplines seront couvertes. Nous prenons l’antenne, en tout cas sur France 2 et France 3, là où il se passe quelque chose : soit où il y a potentiellement des médailles françaises qui sont en train de se dessiner, soit parce qu’il y a des stars à suivre, bien que cela dépende toujours de l’horaire des compétitions. Pour l’équitation lors de cette olympiade et selon le programme de chaque sport, nous avons quelques bonnes et quelques mauvaises surprises. Les finales du saut d’obstacles vont tomber en même temps que les finales d’athlétisme, cela risque donc d’être compliqué d’avoir de grandes plages horaires dédiées à la finale du CSO. Toutefois, si une médaille française se dessine, nous serons évidemment en direct sur France 2 pour vous faire vivre cela. La bonne nouvelle, c’est que le cross du concours complet tombera en pleine nuit heure française, de minuit et demi à quatre heures, donc nous sommes presque sûrs d’avoir l’intégralité en direct sur France 2 ! Vous pourrez dans tous les cas retrouver l’intégralité de tous les sports, directement sur l’application mobile France TV sports, qui proposera plus de mille heures d’antenne lors de ces JO.

Le fait que j’intègre le dispositif des sports de France Télévisions en connaissant bien les sports équestres, tout en étant un des visages de l’info dans le groupe, cela aide en tout cas à accentuer la visibilité de l’équitation en effet. Ce sont toutefois les rédacteurs en chef qui ont le dernier mot sur ce qui sera diffusé en direct, comme je te le disais, selon les programmes de chaque sport. Ça sera d’ailleurs une grande première pour moi puisque c’est la première fois que je vais rentrer dans le dispositif des sports de France Télévisions, donc je découvre tout un tas de choses qui sont bien différentes de ce que je fais au service info d’habitude."

Nos sommes ici au Paris Eiffel Jumping, où tu officies en temps que voix française de l’événement avec Alexandre Depagne. Tu es de toutes les aventures avec Virginie Couperie Eiffel !

"Ce qui est drôle dans mon binôme avec Virginie Couperie-Eiffel, c’est que nous nous étions déjà prêtés à cet exercice lors des Jeux équestres mondiaux d’Aix-la-Chapelle, en 2006. J’avais alors vingt-trois ans, ma première grande expérience sur la chaîne Equidia ! Nous avions commenté l’intégralité de ces JEM, avec un grand nombre d’heures d’antenne avec Virginie. Nous allons donc reformer notre duo quinze ans après, j’en suis ravi.

Concernant le Paris Eiffel Jumping, j’officie ici par passion et par plaisir depuis cinq ans, à la sollicitation de Virginie qui est devenue une amie. Cette année est un peu particulière parce que cela tombe pile le week-end du second tour des élections départementales et régionales, je filerai donc à l’Elysée pour un duplex sur France 2 dès que la dernière épreuve du concours sera terminée ! Ce n’était pas prévu comme cela à la base, mais Emmanuel Macron a décalé le calendrier alors qu'il aurait du savoir qu’il y avait le Paris Eiffel Jumping ce week-end là tout de même (rires) !"

Tu vivras ces Jeux olympiques sur place ou depuis un studio parisien ?

"Je serai sur place ! Ce ne seront pas des conditions exceptionnelles parce que, pour l’instant -cela change toutes les semaines, il faut rester prudent-, nous sommes très contraints par les restrictions sanitaires mises en place par l’organisation japonaise. À l’heure où je vous parle (interview réalisée le dimanche 27 juin 2021, ndlr), nous n’aurons pas le droit d’aller ailleurs que dans notre hôtel, au centre de presse et sur les sites olympiques… Même pas le droit de prendre les transports en commun ou d’aller dans un restaurant. Malgré tout, nous serons sur place pour tenter de faire vivre l’ambiance olympique -qui n’a pas son pareil-, même si elle sera différente des précédentes éditions."

Tu as tout de même l’air optimiste, j’ai vu que tu avais acheté un guide touristique sur Tokyo !

"Je viens de croiser Nelson Monfort, qui est ici au Longines Paris Eiffel Jumping, et je peux vous dire qu’il est lui aussi assez optimiste sur le fait que les Japonais allègent un peu les restrictions sanitaires au fur et à mesure que l’événement arrive, au moins pour les personnes avec un schéma vaccinal complet. Ça sera tous notre cas à France Télévisions. Il n’y a pas de raison, en étant doublement vaccinés, que nous ne puissions pas vivre sur place comme tous les Japonais, en gardant nos masques et en faisant attention. Il est en revanche vrai qu’il y a une certaine crainte des Japonais à l’égard des étrangers qui vont se déplacer dans leur pays pour cet événement, en pleine pandémie."

Tu as longtemps oeuvré dans l’organisation du Jumping de Chantilly. A quelques jours de la première édition du Masters de Chantilly, on imagine que tu suivras cela de près, peut-être même depuis l’avion pour Tokyo ?

"Je ne serai pas encore parti pour les Jeux olympiques. J’ai adhéré à l’association Chantilly Jumping il y a exactement vingt ans, sur le projet extraordinaire de faire un concours entre potes. Nous étions des amis et des amis d’amis, et nous nous regroupions ensemble pour faire un concours hippique et s’amuser. Cela a été le cas pendant vingt ans ! Pour des raisons financières que je peux tout à fait comprendre, l’organisation change cette année avec un nouvel organisateur qui reprend les rênes. Je le respecte tout à fait, ce n’est en revanche pas pour cela que j’ai adhéré à l’association Chantilly Jumping il y a vingt ans. Je regarderai donc cette édition comme spectateur et non plus comme acteur, c’est une autre aventure qui s’ouvre à Chantilly, et une page de vingt années formidables qui se ferme de mon côté. J’espère qu’elle se rouvrira dans quelques temps."

On compte en tout cas sur toi, à Tokyo, pour être notre plus grand ambassadeur équestre !

"Tu me mets la pression (rires) ! Les gens ne se rendent peut-être pas compte, ce n’est pas simple parce que mes collègues de France Télévisions ne connaissent pas du tout ce sport. Il faut que notre sport se réforme pour arriver à être plus « vendable » au grand public. Nous en parlions avec Nelson Monfort il y a quelques minutes, nous avons aujourd’hui un Grand Prix 5* qui va se courir avec quarante-cinq partants. Pour nous, qui sommes fans d’équitation, ça nous parait normal d’avoir une épreuve de la sorte, avec les meilleurs mondiaux au programme, mais c’est inregardable pour ceux qui sont totalement extérieurs à ce milieu. Je n’ai malheureusement pas la solution miracles, mais il faut que nous arrivions à trouver des solutions pour des épreuves plus resserrées, et des tentatives ont notamment été faite avec le Global Champions Tour qui proposait des Grands Prix en trois actes, avec un deuxième acte regroupant les dix-huit meilleurs cavaliers, puis un barrage entre tous les doubles sans-faute. Ce format à dix-huit cavaliers était très interessant pour un format TV. Tous les sports se dirigent vers des formats de plus en plus courts, c’est vraiment la tendance observée actuellement. Ce qui sera fait pour les JO en saut d'obstacles, à savoir trois cavaliers par équipe au lieu de quatre habituellement, est en ce sens une bonne idée. Je sais que pour les cavaliers et les puristes ça va être l’enfer et cela risquera de faire beaucoup de dégâts pour les quelques équipes qui s’écrouleront à cause d’un gros score, mais pour le grand public c’est peut-être mieux. Il faut en tout cas, pour conclure, réfléchir collectivement à tous ces enjeux de médiatisation pour le très grand public, car nous avons un sport fantastique et je le vois tous les jours en le faisant découvrir à des gens, ils sont toujours émerveillés par les prouesses réalisées par cet animal."

Photo à la Une : France Télévisions

AuteurTheo Caviezel