Henswoude et ses frisons.

20 April 2016

Henswoude et ses frisons. Germ Aise Bouma est installé en Frise et sa famille est étalonnier depuis trois générations au sein de la station Henswoud. Passionné de chevaux, le jeune homme s'est naturellement spécialisé dans l'élevage de chevaux Frisons de grandes qualités. Chaque année, il achète près de 70 produits aux éleveurs qui ont fait confiance à ses étalons l'année précédente. Contrairement aux chevaux de selle, le studbook frison (KFPS) n'admet que 5 à 6 entiers par génération. Du coup, avoir un étalon a encore un sens et constitue une véritable plus-value avec une estimation entre 500.000 et 1.000.000 d'euros pour un étalon admis alors que la station d'Henswoude en possède 5 sur les 45 admis en Hollande. Le monde du frison et du saut d'obstacles sont des mondes bien distincts même si, ici aussi, il y a un véritable commerce qui ne connaît pas de frontières.

Comment a débuté votre passion pour les frisons ?

G.A.B. : «  Je suis la troisième génération de la compagnie, c'est véritablement un choix de vie. J'aime les chevaux de selle, j'aime le saut d'obstacles. J'aime les chevaux tout simplement mais j'ai grandi au milieu des frisons, je connais toutes les lignées, les mères, les grand-mères …  »

L'étalon agréé au KFPS Nane 492 (Wimer 461 x Brandus 345)

 

On voit de plus en plus de croisement entre des pur sangs arabes et des frisons, qu'en pensez-vous ?

G.A.B. : « Certaines personnes font cela mais ce n'est pas notre manière de faire. Nous travaillons avec une génétique très proche au sein du KFPS car c'est ce que la plupart des gens veulent. C'est toujours possible de croiser mais cela se fait surtout dans les pays où il y a peu d'étalons admis par le KFPS. Cela permet de faire des chevaux qui valent néanmoins de l'argent à moindre frais. Il y a beaucoup d'inbreeding au sein du KFPS. Cet inbreeding peut-être calculé et cela permet d'indiquer quel étalon convient le mieux à une jument en plus évidemment de nombreux autres paramètres. »

Quels sont justement les choses que l'on recherche chez un frison ?

G.A.B. : «A trois ans, les juments frisonnes doivent se présenter devant un jury où l'on juge leur crinière, leur modèle, leur pas, leur trot et vous pouvez recevoir un grade en fonction de leurs qualités. Vous pouvez également utiliser les frisons dans le sport afin de recevoir un label sportif, ce qui devient de plus en plus populaire. C'est juste une manière différente de faire les choses. Il y a des chevaux qui bougent très bien en main mais qui se révèlent plus difficiles sous la selle ou en attelage. Vous devez donc choisir ce que vous devez faire suivant les qualités de chaque cheval. »

Vous-même, vous êtes cavalier ou meneur ?

G.A.B. : « Je monte et je mène mais je présente surtout de très nombreux chevaux en main partout dans le monde. J'adore monter ou mener mais j'ai malheureusement de moins en moins de temps pour cela. J'ai dû engager des gens pour faire cela car pour ma part, je suis obligé de voyager énormément pour faire tourner l'entreprise en me rendant aux USA, en Chine, au Danemark, en Turquie … partout ! Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux clients, de nouveaux marchés. »

Quel est le profil type du client ?

G.A.B. : «Il y a tout type de clients mais il y a principalement trois sortes qui se détachent. Il y a des gens qui viennent acheter ici pour l'élevage. Dans ce cas, nous préparons souvent les chevaux pour les différents concours de modèle. Nous avons également nos étalons qui performent en dressage et nous organisons aussi plusieurs show d'étalons mais évidemment le gros événement reste l'approbation d'étalons à Leeuwarden qui draine 8.000 personnes du monde entier et se poursuit avec une grande vente. Nous avons des clients du Mexique qui eux achètent surtout des poulains puis il y a des gens du monde du dressage qui achètent des chevaux formés, voire même de haut niveau. Chaque année, nous achetons entre 60 et 70 poulains de clients qui ont fait confiance à nos étalons et nous revendons les produits. Nous faisons également pas mal de commerce avec la famille van de Lageweg de VDL Stud. Nous avons de bonnes connexions. Du coup, lorsqu'un de leurs clients cherche un frison, ils nous appellent et lorsqu'un de nos clients cherche un cheval de sport, nous les appelons. Nos familles se connaissent depuis longtemps et nous avons la même vision du business. Ce sont deux mondes très différents mais qui fonctionnent fort de la même manière. La seule différence, c'est que les frisons ne sautent pas … et aussi qu'ils font plus d'argent que nous ! »

Il y a parfois un peu de frustration quand vous entendez parler de prix de chevaux de sport ?

G.A.B. : « Non. Il y a aussi de l'argent dans le monde du frison. Pour expliquer les choses de manière simple, je dirais que dans les chevaux de selles, vous pouvez vendre les chevaux pour beaucoup d'argent mais aussi pour rien alors que ce n'est pas le cas pour les frisons qui ont une valeur beaucoup plus stable. Un étalon admis peut par contre varier entre 500.000 et 1.000.000 d'euros, ce qui fait quand même beaucoup d'argent même si ce ne sont pas les mêmes sommes qu'en obstacle. Ce n'est néanmoins pas simple pour autant car il faut trouver les clients et travailler très dur pour trouver la bonne combinaison avec des chevaux qui conviennent à chaque client, pour ne pas faire de clients mécontents sinon ce n'est pas une bonne publicité. »

Vous aimeriez parfois que les différents mondes des chevaux se rencontrent un peu plus ?

G.A.B. : «Je ne pense pas. Ce n'est pas un besoin. Il est beaucoup plus difficile de trouver des hommes de chevaux que des gens avec des chevaux. La différence est bien là. Chaque compartiment a sa propre culture que ce soit en jumping, dressage ou chez les trotteurs, les galopeurs… chaque discipline a son propre monde, ses propres codes et je pense que c'est positif et qu'on doit laisser les choses comme cela. C'est mieux, on ne peut pas avoir tout ensemble. »

L'étalon agréé au KFPS Walt 487 (Gjalt 426 x Ulke 338)