Grégory Rulquin : entreprendre ses rêves

24 May 2016

Dans la vie, il y a des gens qui entreprennent des choses et laissent grandir leurs rêves et leurs projets au fur et à mesure. Grégory Rulquin fait partie de ces gens rares qui ont su par leur travail et leur motivation attirer la réussite à eux. C'est dans les Vosges, juste à côté de la cité thermale de Vittel, que les bureaux de sa société, Cheval Liberté, sont installés (dans l'ancien poney club) et c'est ici que l'entrepreneur et cavalier nous a accueillis.

Quels ont été vos premiers contacts dans les chevaux ?

« A travers les chevaux de mes parents qui étaient des chevaux de loisir. Mon père était passionné d'équitation américaine de loisir. Le week-end, nous allions donc chercher les chevaux dans les prés avec les chapeaux de cow-boys et nous allions nous faire plaisir en promenade. »

 Les bureaux de Cheval Liberté sont placés au milieu de la zone protégée par Nestlé (pour préserver les ressources en eau minérale).

Comment en êtes-vous venu au saut d'obstacles ?

« Simplement en regardant la télévision avec Jappeloup, Galoubet … et leurs fantastiques cavaliers. Nous avions une petite carrière dans laquelle nous avons commencé à sauter des petits troncs d'arbres. Ensuite, nous sommes allés nous perfectionner au centre équestre de Rosières aux salines. C'est là qu'ont également débuté Marcel Delestre, Jean-Michel Gaspard ou encore Henri Prudent … ensuite, les chevaux ont fait que nous avons pu évoluer en concours. J'ai débuté au centre équestre à 8 ans et j'ai fait mes premiers concours à l'âge de 13 ans. »

Vous avez tout de suite pensé faire une carrière dans les chevaux ?

« Non, pas du tout. J'ai décidé de monter un centre équestre quand je me suis rendu compte que je voulais apprendre à gérer une société sur la base de quelque chose que je connaissais techniquement. J'avais des parents qui pouvaient investir. Ce n'était pas les plus riches mais ce n'était pas non plus les plus pauvres. J'ai décidé avant tout de me faire plaisir et de faire autre chose dans le commerce et tout un tas de choses. A la fin, cela m'est apparu comme une évidence : autant vendre quelque chose que l'on connaît bien aussi techniquement et j'ai donc monté mon centre équestre à Vittel. »

 Le manège de l'ancien poney-club est désormais l'endroit d'où se prennent les décisions pour Cheval Liberté.

Vos parents n'étaient pas réfractaires à l'idée de voir leurs enfants dans les chevaux ?

« Non, ce sont des gens très lucides qui savaient qu'il n'y avait pas de sots métiers et qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise manière de réussir à partir du moment où on s'épanouit et que l'on travaille. Dans ces conditions, il n'y a pas de raison de ne pas réussir. Mes parents nous ont toujours aidés et toujours soutenus. »

 Lorsque vous avez décidé de monter ce centre équestre avec ce poney club, vous avez continué à garder cet espoir d'évoluer à un bon niveau ou ce n'était plus dans votre optique ?

« C'était une base de rentabilité déjà. Ce n'est pas simple de marier tout ensemble mais je comptais bien allier le poney club avec une écurie de propriétaire, un centre équestre avec suffisamment de revenus pour vivre décemment. J'ai toujours continué à élever et vendre des chevaux avec les moyens que l'on a quand on n'a plus papa et maman mais j'ai continué à le faire et j'ai décelé pas mal de chevaux puis tout cela a été très rapide puisque la période centre équestre n'a finalement duré que trois, quatre ans. J'ai beaucoup de propriétaires qui m'ont confié des chevaux mais à un moment, il y a eu des choix à faire avec Cheval Liberté qui avait débuté en parallèle. Il fallait choisir car le centre équestre demandait des investissements. Les deux me passionnaient beaucoup mais il y avait plus de perspectives avec Cheval Liberté. Pendant 4-5 ans, j'ai donc mis en veille toute la partie équestre en vendant la clientèle du centre équestre pour me concentrer sur la partie matériel. Mon but était, à l'origine de pouvoir proposer un bon rapport qualité/prix de l'entrée de gamme, sans tomber, pour autant dans les mauvais produits, jusqu'à des produits très prestigieux en pouvant fournir beaucoup de centres équestres en France et beaucoup de cavaliers. Nous pensions avoir des solutions pour pouvoir proposer une offre plus compétitive tout en étant vraiment axé sur l'utilisation au niveau équestre. Il n'était pas question de sortir une mauvaise copie des autres produits en étant moins cher parce qu'on avait mis moins de matière. Le but était de réfléchir à notre manière même si cela prend du temps mais c'est assez sympathique. »

 De son bureau, Grégory Rulquin peut regarder travailler ses chevaux et profiter d'une vue remarquable.

Comment est justement né Cheval Liberté ?

« C'est l'association de plusieurs choses. D'abord un ingénieur qui travaillait avec mon père, Bogdan  Malecki qui avait envie de développer quelque chose, moi qui était cavalier et mon père qui a l'habitude de faire des affaires et qui nous a coaché à distance car il avait changé un peu de vie. Nous avons travaillé d'arracheçpied ensemble pour construire Cheval Liberté. Etant assez curieux de nature que ce soit de l'industrie ou des chevaux, il y a encore beaucoup de choses à apprendre mais ça m'a vite intéressé.  Il y a tout un ensemble de choses qui ont fait que nous nous sommes lancés. Mon père était fabriquant de remorques à l'origine et il trouvait que les produits vendus sur le marché étaient quand même relativement chers. Ayant réussi dans le monde de la remorque mais ayant revendu ses affaires, le van était le seul type de remorque qu'il ne fabriquait pas et il n'était pas question d'aller concurrencer le système qu'il avait précédemment vendu. C'est donc né d'une évidence d'aller s'investir dans un produit en proposant une autre vision que les autres. Il y a évidemment beaucoup de bonnes idées que nous n'avons pas réinventées, les bases sont les mêmes mais nous avons toujours travaillé énormément sur les économies de poids car les véhicules ont des moteurs de plus en plus petits. Aujourd'hui, je pense que l'on peut dire que le marché nous a donné raison. Je ne me sens pas le meilleur du monde, nous avons encore tellement de choses à travailler pour que les produits soient encore plus attractifs et intéressants pour les chevaux.»

Qu'est-ce qui vous a passionné durant le développement de vos activités entre le démarchage des clients, le développement des produits et le reste ?

« C'est un tout. Je pense qu'à un moment donné, comme dans tout développement, s'il y a quelque chose qui manque, cela avance moins bien. Personnellement, je me suis plus investi dans la partie marketing, commercialisation ainsi que sur le côté utilisateur/cavalier alors que mon associé Bobgdan Malecki a apporté toute la partie technique et industrialisation. Ma curiosité m'a permis de découvrir au fur et à mesure. C'est le mariage de toutes ces compétences qui font qu'aujourd'hui on a réussi car un bon produit sans une bonne méthode de commercialisation ne fonctionne pas. On le voit sur tous les marchés. »

La suite demain !