Fortuna d'Ouilly, le poulain vedette !

23 May 2015

Fortuna d'Ouilly, le poulain vedette !

En début de semaine, la chaine de télévision dédiée au cheval, Equidia, aura réussi un coup de maître. Durant 24h, la chaine a diffusé sur internet l'attente d'un poulinage. Un programme de Slow TV réalité qui s'est révélé être un énorme succès pour Equidia Life qui a rassemblé pas moins d'1.3 millions de téléspectateurs sous le nom « #NaissanceDunPoulainEnDirect ».

 

En direct pendant 24 heures, les internautes et téléspectateurs ont pu suivre deux juments prêtes à pouliner, découvrir l'élevage et la Maternité de Coralie installés au coeur du Pays d'Auge. En respectant la nature, les images de la naissance d'une pouliche filmée en temps réel, quelques heures avant la prise d'antenne, ont aussi été proposées en exclusivité. Cette expérience cross-media inédite a permis d'ouvrir le monde du cheval à un nouveau public tout en proposant une façon unique et interactive de faire de la télévision.

Pour la petite histoire, la vedette de l'émission s'appelle Fortuna d'Ouilly. Il s'agit d'une fille de Qlassic Bois Margot avec Tethis d'Ouilly (par Inachos d'Ouilly et Lesbos d'Ouilly par Le Tot de Semilly). Sœur utérine des cracks Kronos et Jubilée d'ouilly, Lesbos a évolué en CSI sous la selle d'Aymeric de Ponnat avant d'être exportée en Nouvelle Zélande.

Eric Brion, directeur général d'Equidia, est revenu pour Studforlife sur cette première expérience pour sa chaine.

Eric Brion : « Notre but était véritablement de faire une émission de Slow Télévision. On ne peut pas vraiment parler de télé-réalité qui a souvent une connotation superficielle ce qui n'était pas du tout notre cas. Nous, nous avons conçu le programme comme un évènement de Slow TV. Il y a très peu de mise en scène, c'est lent et c'est calme. C'est contemplatif comme l'a été notre programme. »

Comment avez-vous eu l'idée de ce programme ?

E.B. : « Cela nous est venu de deux idées complémentaires. Depuis pas mal de temps, nous planchons à Equidia sur la création d'une chaine sociale qui tournerait autour des réseaux sociaux. Nous nous posions plein de questions à ce sujet et nous nous sommes dit qu'un jour, il faudrait faire une expérimentation avec une plateforme de partage. Ici, nous avons choisi Daylimotion mais on aurait pu le faire avec Youtube . Nous avons cherché à tester certaines de nos idées. La seconde de nos idées est que cette année, il n'y a pas de championnat du monde comme l'année dernière ni de Jeux Olympiques comme l'année prochain. Il y a bien les championnats d'Europe mais ce n'est pas tout à fait pareil pour parler hors de la communauté équestre, nous nous sommes donc dit que nous allions créer notre évènement. Lors d'une réunion, quelqu'un de notre agence de publicité a proposé qu'on filme la naissance d'un poulain. J'ai trouvé que l'idée était à la fois très très simple mais que aussi, elle renvoyait à l'imaginaire de beaucoup de monde sans que personne ne l'ait vraiment vécu en direct. Cela pouvait parler à la communauté du cheval, tous les gens qui aiment les chevaux mais aussi au-delà. Quelque chose d'aussi simple pouvait toucher à la fois les gens de notre milieu mais également beaucoup d'autres. Nous sommes donc partis là-dessus. »

Le succès de cette émission était donc attendu ?

E.B. : « Oui … mais pas à ce point-là. On se disait que l'on avait une bonne idée et qu'on allait mettre en place un dispositif innovant. On n'avait encore jamais filmé pendant 24h un évènement en Slow TV. Par contre, nous n'imaginions pas le succès d'audience, ni le succès de médiatisation pour Equidia autour de l'évènement. Nous n'avions pas du tout anticipé cela. Nous avions des espoirs mais qui ont été largement dépassés. Après, je pense que nous avons encore quelques bonnes idées pour l'avenir mais nous allons les garder pour nous pour le moment. Cette expérience a confirmé une chose, que ce soit en France mais également dans beaucoup de pays d'Europe, il y a un véritable amour du cheval. C'est quelque chose que l'on voit souvent écrit dans des études, on se dit qu'il y a beaucoup de gens qui aiment les chevaux … mais là, on l'a vérifié. Cela a beaucoup ému, passionné et fait réagir les gens justement parce qu'il y a ce fond, parfois incompréhensible, d'attirance et d'amour pour la thématique que l'on traite nous tous les jours. »

La barre est désormais placée très haute !

E.B. : « Nous avons fait en 24 heures, trois quart de l'audience que nous avons fait durant les Jeux Equestres Mondiaux en terme de nombre d'individus alors oui, la barre est haute … mais ce n'est pas très grave. Je préfère vous dire aujourd'hui que la barre est haute et que ce sera difficile plutôt que de devoir dire que nous nous sommes complètement plantés et que nous tenterons de faire mieux la prochaine fois. Je souhaite que l'on trouve une autre idée comme celle-là... même si nous ferons évidemment des Jeux Olympiques un gros évènement l'année prochaine même si il est encore trop tôt pour confirmer que nous les diffuserons. Néanmoins, cela nous a donné beaucoup d'espoir sur l'idée d'une chaine sociale autour du cheval qui pourrait être évidemment diffusée en France mais également en dehors de la France. Equidia est le premier producteur de contenu sur le cheval dans le monde. Il n'y a aucun autre média qui produit autant de contenu sur le cheval mais pour des raisons de droits, Equidia n'est diffusée qu'en France, en Suisse, en Belgique et à Monaco. Souvent lorsque l'on est dans des concours, on me demande pourquoi nous ne viendrions pas nous installer aux Etats-Unis ou au Canada. Monter une chaine de télé est néanmoins quelque chose d'un peu lourd. C'est assez technique mais les droits sont comptés par pays et par mode de télévision alors qu'on se dit qu'en montant une chaine par internet, un média tel qu'on a essayé de le préfigurer ici, cela a confirmé chez moi qu'il y avait du potentiel pour cela. La naissance du poulain a été suivie en France mais également en dehors de la France. C'est une bonne indication pour nous. »

Est-ce que cela remet en question votre grille de programme et le choix de vos programmes ?

E.B. : « Peut-être. Cela ne remet pas en cause notre programmation mais le succès d'une telle thématique nous donne des indications sur la question de savoir si l'on doit faire des programmes très spécialisés. C'est ce que l'on fait sur Equidia à la demande de nos téléspectateurs. On est très exigeant avec nous : on ne veut pas de programme généraliste, on veut qu'on fasse des programmes pointus pour les spécialistes. Nous avons fait beaucoup : nous avons fait des programmes pédagogiques, des programmes sur la randonnée, des programmes de santé équine. On est souvent allé répondre à des demandes de niches à l'intérieur de ce qui est déjà une niche. Là, en voyant le résultat de cette émission, je me dis qu'au fond, nous devrions aussi nous pencher sur des émissions pour le grand public et essayer de faire venir du monde avec des programmes grand public. Voici en quoi, ce succès a remis en cause certains de nos raisonnements. »