« Eric Lamaze est un mentor incroyable » Kara Chad

08 July 2019

À vingt-trois ans, Kara CHAD a déjà eu la chance de concourir sur les belles pistes du monde. Coachée par Eric LAMAZE, la jeune Canadienne membre à part entière de son équipe lors des derniers Jeux Équestres Mondiaux, avait également été réserviste aux Jeux Olympiques de Rio à tout juste vingt ans. Rencontre avec une jeune femme pétillante et pleine d’ambition.

PARLE-NOUS DE TES DÉBUTS.

« J’ai commencé à monter parce que mes parents m’ont inscrit dans un poney club, comme beaucoup de gens, simplement comme loisir. J’ai fait pas mal de sports quand j’étais plus jeune dont le tennis, puis est arrivé un moment où j’ai dû prendre une décision et j’ai préféré choisir le cheval plutôt que la raquette de tennis ! J’ai vécu au Canada et Spruce Meadows se trouve d’ailleurs dans ma ville d’origine donc j’ai grandi en regardant ce concours qui a été une véritable source d’inspiration pour moi.

En Amérique du Nord, ce que l’on appelle l’équitation et le hunter sont plutôt populaires chez les jeunes. Cela apporte de très bonnes bases : on apprend beaucoup de technique, à être précis, avoir une bonne position… C’est une manière excellente de progresser. J’ai commencé dans ces disciplines-là puis je me suis tournée vers le saut d’obstacles, ai fait les épreuves Jeunes Cavaliers avant d’arriver au sport de plus haut niveau. »

COMMENT AS-TU RENCONTRÉ ERIC LAMAZE ?

« Être canadienne aide, il n’y a pas de doute (rires) ! Il a toujours été mon idole, il est non seulement un cavalier incroyable mais aussi une personne formidable et j’ai grandi en le regardant monter. En progressant, j’ai eu plusieurs opportunités pour le rencontrer et apprendre à le connaître lors de concours. Les choses se sont ensuite faites naturellement. J’ai commencé à travailler pour lui il y a trois ans environ, c’est une expérience géniale. Il est un mentor incroyable, je suis très chanceuse de travailler avec lui. »

COMMENT GÉRAIS-TU ÉQUITATION ET ÉTUDES À LA FOIS ?

« Pendant le collège, le lycée et l’université je faisais les deux à la fois et il y avait clairement un équilibre à trouver. Il faut faire certains sacrifices, notamment au niveau de ta vie sociale, mais les chevaux en valent la peine. Nous avons la chance de faire partie de ce monde particulier. Une fois que j’ai commencé à travailler pour Eric, j’ai mis l’université de côté après deux ans d’études supérieures pour poursuivre l’équitation à 100%, car c’est ce que je souhaite faire. »

TES PARENTS TE SUIVENT-ILS DANS LE SPORT ?

« Mes parents me soutiennent énormément et sont derrière moi depuis que j’ai commencé, et ils le sont toujours ! Ils me suivent avec les directs des concours sur internet, me demandent toujours comment ça va. Ils sont vraiment très impliqués ! »

TU AS DÉMÉNAGÉ EN EUROPE POUR LE SPORT, CELA A-T-IL ÉTÉ UNE DÉCISION COMPLIQUÉE ?

« J’ai grandi en voyageant et donc en étant souvent éloignée de ma famille et de mes amis. Déménager en Europe semblait quelque chose de naturel à faire. Eric est basé en Belgique et le sport de haut niveau se trouve vraiment en Europe il faut donc être ici pour progresser et faire les choses proprement, et j’en suis très heureuse. »

PEUX-TU NOUS PARLER DE CARONA, TA JUMENT DE TÊTE ?

« Carona est géniale, je la monte depuis environ deux ans et elle est toujours la propriété d’Eric. On a progressé toutes les deux car elle a eu en quelque sorte des débuts un peu plus lents que la moyenne des autres chevaux. J’ai fait ma première épreuve 1.40m avec, puis nos premières 1.45m jusqu’à devenir un véritable couple. Je suis très chanceuse de la monter et elle nous épate dans tout ce qu’elle fait ! Son premier Grand Prix 5* était début 2018 et elle n’arrête pas de nous impressionner depuis. C’est un animal incroyable, elle fait tout ce qu’on lui demande, est si athlétique, tellement gentille, elle a le plus gros cœur et veut tout faire pour moi ! On savait qu’elle était spéciale mais voir une telle progression en un an… Elle m’a amené aux mondiaux de Tryon, aux Masters de Calgary, à la finale de Coupe des nations de Barcelone, et tous ces gros concours… Je dois la remercier pour cela. »

TU AS AUSSI UNE AUTRE TRÈS BONNE JUMENT, VIVA.

« Viva appartient aussi à Eric et a dix ans, elle vient de Pologne et tout comme Carona, nous avons progressé ensemble. C’est une vraie jument de vitesse, elle a le sang très chaud, elle est très compétitive. Je pense que c’est important pour un cavalier d’avoir dans son piquet un cheval de ce genre pour faire les épreuves un peu plus petites. Elle est un excellent deuxième cheval pour tous ces gros concours. »

TU ES UNE HABITUÉE DU CONCOURS DE SPRUCE MEADOWS, N’EST-CE PAS ?

« Spruce Meadows est de loin mon concours préféré, même si je suis peut-être un peu biaisée parce que c’est chez moi. Pouvoir monter à la maison est incroyable. Les organisateurs font quelque chose d’énorme avec les Masters et le Rolex Grand Slam en septembre, c’est vraiment du sport de très haut niveau. Tous mes amis et ma famille viennent donc c’est toujours très spécial. »

PEUX-TU REVENIR SUR TON VÉCU À RIO ET TRYON ?

« Je dois beaucoup à Eric : il m’a donné tant d’opportunités, il m’a permis de grandir dans le sport et j’ai pu me retrouver dans des grosses compétitions à un très jeune âge grâce à lui. Avoir cette expérience à mon âge est formidable et très précieux. Aux Jeux Olympiques de Rio j’étais réserviste avec Belinda et pouvoir y aller, voir mon équipe concourir sans nécessairement participer, comprendre le format et la pression, l’enjeu, c’était dingue… Tu ne peux pas te préparer chez toi pour cela, il faut y être pour le comprendre et je pense que ça m’a été très utile pour les Jeux Equestres Mondiaux deux ans plus tard. Je savais déjà un peu comment ce genre de championnat fonctionnait, comment se préparer soi-même et son cheval et j’étais très chanceuse d’avoir eu l’expérience de Rio auparavant.

Les épreuves par équipes sont différentes et je les adore, c’est ce que je préfère ! Tu montes « réellement » pour ton pays aux côtés de personnes avec qui tu as monté pendant toute ta vie. La mentalité est différente parce que tu fais attention à tes coéquipiers et tu te concentres sur ce résultat d’équipe. C’est extrêmement important et j’adore ça ! J’ai des coéquipiers excellents qui sont de très bons cavaliers et qui ont pris soin de moi. Ils m’ont remonté le moral quand je n’allais pas forcément bien et j’espère un jour pouvoir leur rendre la pareille. »

TU ES SOUVENT VENUE À PARIS POUR LES LONGINES MASTERS, QUE PENSES-TU DE CE CIRCUIT ?

« Les concours deviennent de vrais spectacles, comme les Longines Masters par exemple : c’est élégant, spectaculaire. C’est vraiment fantastique et pouvoir faire sauter des chevaux dans cette ambiance est incroyable. Christophe AMEEUW fait un excellent travail avec ces compétitions et faire cela depuis dix ans avec autant de succès, c’est remarquable. Les Longines Masters font toujours partie des concours préférés des cavaliers et grooms, vraiment de tout le monde. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL. Photo à la Une : © Sportfot.com