CSI*** Maubeuge

01 May 2006

CSI*** Maubeuge

S'il avait fait beau jusqu'à l'ouverture du concours, la pluie est arrivée à grandes enjambées pour fêter le début des épreuves. Malheureusement, vu le nombre de partants acceptés par l'organisation et la qualité du sol de la toute petite piste de Maubeuge, c'est un magnifique champ de patate que les concurrents et les spectateurs ont retrouvé le dimanche matin, toujours sous la pluie. Néanmoins, lorsque l'on apprend que les épreuves de la veille ont débuté à 8h du matin pour se terminer à 21h, on peut se demander comment il aurait pu en être autrement !

 

Sur les 63 inscrits, ils ne seront finalement que 42 à prendre le départ. Beaucoup de cavaliers ont préféré ménager leurs montures en vue du CSIO de La Baule se déroulant la semaine prochaine ou de leurs autres objectifs. On peut évidement regretter ces nombreux forfaits d'autant plus que l'on retrouvait parmi eux : Bernardo Alves, Jos Lansink, Cédric & Eugénie Angot, Simon Delestre, Jean-Claude Vangeenberghe ou encore Patrick Mc Entee.

« Nous, on ne va pas à La Baule, alors on le fait ce Grand Prix » Ludovic Leygue et David Jobertie sont amers, mais motivés.

David Jobertie terminait à peine de faire une démonstration de plus que son titre de Champion du monde des 6 ans n'était pas volé à tous ses compatriotes qui l'avaient ignoré quelques mois auparavant en imposant Winsome vd Plataan dans la finale des 7 ans. Et lorsqu'on s'étonne de sa non-qualification, il répond qu' « Il parait que ce serait trop gros, trop tôt pour mon cheval. C'est bizarre, il a fait les coupes du monde de Malines et Bordeaux, ça ne me paraissait pas très petit. » Triomphe parti en numéro 2 était lancé sur un très beau parcours mais malheureusement, il ne pourra éviter une faute des postérieurs sur la palanque numéro 10 en début de la ligne finale.

Un ligne finale qui était finalement la seule difficulté réelle de ce Grand Prix où l'on ne trouvait aucun contrat de foulée, aucune ligne mais bien des obstacles assez isolés avec des cotes non excessive. La difficulté se trouvait ailleurs : l'adhérence !

Juge de paix de ce Grand Prix, la palanque blanche n°10 que plus de 10 cavaliers emporteront sur leur passage. Parmi eux, on retrouvera Bertrand Pignolet et sa jument Héroine d'Elle, Piet Raymackers (Now or Never) ou encore Grant Wilson et Up and Down Cellebroeder qui ajouteront un point de temps.

Parmis cette longue liste, on ajoutera le britannique Geoff Billington (Cassabachus) que l'on avait plus vu à ce niveau depuis un petit temps et aura su mettre de l'ambiance dans les épreuves annexes. Malheureusement, il renversera également le deuxième élément de triple placé en numéro 11. Jill Smits ajoutera le dernier obstacle à son compteur alors que ce sera le dernier élément du triple pour Keiji Honda et l'étalon Ernest. Bref, une fin de parcours dévastatrice. Seuls quelques cavaliers auront dérogé à cette règle comme Nicolas Delmotte qui heurtera l'entrée du double numéro 3 avant de se sortir des autres difficultés ou encore le Belge Yves Simon et Mazarin des Perrées qui se feront piéger sur l'oxer n°4.

On regrettera également le point de temps dépassé de Jo Pay qui semble avoir redonné l'envie de sauter à Oleander van de Herkkant. Elle ne sera pas la seule à se faire piéger par le chronomètre puisque le suisse Andreas Ott et son fils d'Ernest, également présent dans le Grand Prix, Unit of Colors ou encore Bruno Rocuet qui montait l'étalon Gerfault d'Helby seront également crédité d'un point. Le bulgare Kalin Nedeltech ne fit pas dans le détail, il prit tout son temps et franchit la ligne en compagnie de Cyber Space, sans faute, mais avec 3 points de temps dépassé.

Finalement, ils seront 16 à se sortir des ornières sans encombres. L'enjeu de ce barrage est double car ils ne seront que 11 a être classés.

 

Premier à s'élancer Kristoph Cleeren commit une première faute en début de parcours avant d'essuyer un refus de Capriola vd Helle qui lui fit perdre ses derniers espoirs de classement.

For de la Hardière fera un peu mieux, mais en heurtant le gros oxer gris en voulant tourner un peu court ainsi que le dernier obstacle, Frederic Lagrange perdra une occasion de se mettre en valeur. Tim Grendley et son immense poney iront les rejoindre dans les 8 points, mais amélioreront leur temps de quelques dixièmes.

Dennis Lynch et Lancelot prendront la tête … même s'ils avaient renversé le second obstacle.

Il faudra finalement attendre Albert Zoer pour voir le premier sans faute. Après sa victoire lors du Grand Prix d'Hardelot sous la selle d'Oki Doki, c'est cette fois avec Lowina qu'il se met en évidence : 46''75. Enfin un chrono de référence.

 

Tim Stockdale tentera bien de suivre la route tracée par le batave, mais Coriato renverse la fameuse palanque placée en avant dernière position. Son chrono était de toute façon plus lent.

Ludo Philippaerts et Chatman tenteront de faire mieux. Pourtant même si les virages sont plus courts, Chatman perd du temps à chaque relance en s'épuisant dans la boue : 47''87.

L'allemand Dominik Broich ne prendra aucun risque, mais signera le sans faute sous la selle de Larry Leroy Lu.

 

Aucun risque, ce n'est pas dans le vocabulaire de Niels Bruynseels qui avait jeté son dévolu sur son deuxième cheval, Domino de Fel. Le jeune homme prend tous les risques et abaisse le temps de référence d'un petit quart de seconde en tutoyant quelques barres. La relève belge est en route !

Pendant ce temps l'arrière garde française se prépare. Après un bon entraînement sous la drache de Chantilly la semaine dernière, Ludovic Leygue part à son aise. Toujours sans faute à l'entrée de la dernière ligne, il accélère et signe une remontée fantastique abaissant le temps de plus d'une demi seconde, uniquement sur cette dernière ligne digne des plus belles remontées d'Auteuil. 45''98, nouveau temps de référence.

L'australien James Paterson Robinson est un adepte des barrages de folie, mais il se rend vite compte qu'il n'y a rien à faire et préfère assurer.

 

Tim Hoster s'était réveillé beaucoup plus tôt que Ludovic Leygue et prit de l'avance sur le français dès le début. La dernière ligne de Diabolo avait inspiré le cavalier germanique, mais Maddock se montra un peu moins malin que le fils de Quidam et dégomma l'oxer bleu. Le temps était meilleur : 44''67, mais vu l'abord, l'issue aurait difficilement pu être autrement.

Helena Lundback sait bien qu'elle n'a rien à espérer, mais portée par un fan club très fournit, elle utilisera la très grande galopade de son jeune suédois, Conan, pour se placer en 6 ème position. «C'est le 3 ème Grand Prix de Conan et seulement le premier en extérieur, alors je suis satisfaite. En principe, c'est mon troisième cheval, mais s'il évolue bien, peut-être pourrais je faire de bonnes choses avec lui. Cette année, je compte beaucoup sur Maddick, mais je me rends compte que le temps va être très court et je ne suis pas certaine qu'elle ait assez d'expérience pour les championnats du monde. Si c'est le cas et que nous n'en faisons pas partie, ce ne sera pas très grave, nous nous préparerons pour les prochaines échéances. »

Robert Breul lui n'avait pas un fan club aussi grand que la suédoise, mais sa petite Iasco Mouche répondit parfaitement à ses attentes et signa un magnifique sans faute. Ils se hissent à la 3 ème place en 46''60.

 

Guy Williams, dernier à s'élancer, offre rapidement la victoire à la France puisqu'il percute les deux premiers obstacles du barrage et se retrouve avec son cheval complètement perturbé : 13 points et la dernière place.

Juste avant le début de ce Grand Prix, Ludovic Leygue ne cachait pas sa déception de ne pas avoir trouvé grâce aux yeux du sélectionneur pour faire partie des cavaliers français invités à La Baule. « On me dit que le cheval n'a pas assez de performances, mais il était au pré. De plus, je pense que d'autres cavaliers n'ont pas fait beaucoup plus et je ne suis pas sûr que leurs résultats suivront. »

Espérons que cette victoire acquise sans discussion, avec beaucoup de courage et de justesse sur un terrain qui ne méritait pas le magnifique spectacle que ces cavaliers nous ont donné , lui permettra de trouver grâce aux yeux de Jean Maurice Bonneau pour les prochaines sélections.

Les classés:

 

1er : Ludovic Leygue - Diabolo du Parc : 0 - 0 - 45''98
2ème: Niels Bruynseels - Domino de Fel : 0 - 0 - 46''52
3ème: Robert Breul - Iasco Mouche : 0 - 0 - 46''60
4ème: Albert Zoer - Lowina : 0 - 0 - 46''75
5ème: Ludo Philippaerts - Chatman : 0 - 0 - 47''87
6ème: Helena Lundback - Conan : 0 - 0 - 48''73
7ème: James Paterson Robinson - Splendid vd Heffinck : 0 - 0 - 49''39
8ème: Dominik Broich - Larry Leroy Lu : 0 - 0 - 51''83
9ème: Tim Hoster - Maddock : 0 - 4 - 44''67
10ème: Tim Stockdale - Fresh Direct Coriato : 0 - 4 - 48''24
11ème: Denis Lynch - Lancelot 200 : 0 - 4 - 49''81.