Claudia Moore remporte le Grand Prix poney !

02 novembre 2019

Le Grand Prix poney a connu son moment de stupeur lorsqu'un tiers de la piste s'est retrouvé dans la pénombre. Le jury a été forcé d'interrompre l'épreuve quelques minutes... avant que celle-ci ne puisse reprendre son cours. Une épreuve compliquée qui connaîtra de très nombreuses fautes dans une salle qui affichait une nouvelle fois complet ! 

La Belgique avait surpris cet été en décidant de ne pas envoyer d'équipe aux championnats d'Europe jugeant ses cavaliers trop peu compétitifs... sauf si les parents intervenaient dans les frais de déplacement, une option qui n'aura pas été retenue. Pourtant, malgré une faute aujourd'hui mais une belle 7è place finale, Aline Sercu prend la tête du Pony Trophy avec Opaline Optima (Orchid's Romario II). Une belle réponse sur le terrain ! 

Ils ne seront finalement que 5 à réussir le sans-faute lors de la première manche et à en découdre lors du barrage. La hollandaise Lily Engelsman est la première à s'élancer avec son impressionnant Blackwoodland Rock (I Love You Melody). Elle ne prend pas tous les risques mais réalise un beau sans-faute et met la pression sur ses poursuivants avec un temps de 40''00. 

Double championne de France, Ilona Mezzadri avait décidé de laisser sa crack Callas du Rezidal Z à la maison et opter pour Ken van Orchid (Kanshebber). La française attaque très fort et le chronomètre est impressionnant 34''91... mais il y a une faute ! 

L'irlandaise Ella Quigley fait de son mieux, mais écope elle aussi de 4 points de pénalité avec l'ancien crack de Lisa Nooren, Rock Dee Jay (Arko III). 

Il n'en reste déjà plus que deux à s'élancer... mais il s'agit des deux Britaniques, toujours très coriaces sur le circuit poney. La première n'était autre que Claudia Moore, fille de l'emblématique sélectionneuse d'Angleterre, Katrina Moore. La cavalière attaque avec Elando van de Roshoeve (Rebus G) et ne laisse rien au hasard : 35''81 et sans-faute, nouveau leader ! 

Il ne reste donc que sa compatriote pour tenter de l'en déloger mais Tatiana Wolters tente un virage beaucoup trop osé pour aborder la dernière ligne, c'est beaucoup trop court... et elle est obligée de refaire un tour avec Horseabout Zibu (Templebready Fear Bui). 

Katrina Moore : "Voir la victoire de sa fille reste un sentiment très agréable. Les poneys m'ont déjà offert tellement de bons moments et c'est toujours formidable de partager de tels moments avec des enfants mais quand ce sont les vôtres, cela rend ce moment encore plus particulier. Depuis qu'elle est née, elle nous accompagne aux concours... pourtant elle n'a pas montré d'intérêt avant ses 9 ans. Cela ne nous posait aucun problème car j'ai toujours pensé qu'il fallait aimer pour le faire... mais nous étions évidemment très heureux lorsqu'elle a voulu monter. Maintenant, nous allons essayer de continuer... mais nous allons avoir besoin de bons chevaux !" 

La gagnante du jour était également ravie : "C'est la troisième année que je viens ici. J'étais deuxième la première année et deuxième l'année dernière, alors ça me fait vraiment plaisir de gagner cette année. La première manche était grosse mais je savais que mon poney pouvait le faire. Nous faisions partie de l'équipe médaillée d'or aux championnats d'Europe où nous étions également troisième en individuel... mais il y avait des cavaliers très rapides autour de moi. J'étais donc un peu plus nerveuse au moment de participer au barrage et je savais que je devais être rapide et sans-faute. Ma maman est chef d'équipe pour l'équipe Britannique depuis 27 ans. J'ai participé à sa 15è médaille cet été aux championnats d'Europe. Beaucoup de gens espèrent que je sois aussi bonne que mes parents l'ont été mais mes parents ne me mettent aucune pression. À 6 ans, j'ai fait une grosse chute et j'ai arrêté de monter. J'ai joué au golf durant quelques années puis j'ai des amis qui m'ont demandé si je ne voulais pas venir au poney club... j'ai donc commencé à monter, puis c'est vraiment devenu mon sport, j'aime cela et évidemment, j'ai rapidement commencé à sauter. Mes parents ont tellement d'expérience en plus d'avoir les infrastructures que cela a été assez facile pour moi" 

Une situation très différente de celle de la jeune française Ilona Mezzadri : "Mes parents n'étaient pas du tout cavaliers mais depuis toute petite, je rêvais de faire de l'équitation. Mes parents m'avaient inscrite à la danse et ça ne me plaisait pas du tout. J'ai débuté en poney club au haras de Jardy sur des shetlands puis il a fallu trouver un poney club pour passer en double poney. Mon père a cherché sur Internet l'écurie qui avait le plus de résultats et nous sommes tombés un peu par hasard sur les écuries de la Clémenterie dans le 78. Cela fait aujourd'hui 7 ans que je suis là. Mon coach m'a tout appris. Cela reste du plaisir et je ne sais pas si je vais en faire mon métier. On vit au jour le jour les sélections. Il est très clair pour moi que je vais continuer un cursus scolaire normal et continuer mes études au plus loin... puis on verra si j'ai la chance d'en faire mon métier, si j'ai la chance d'avoir les chevaux et les finances qui suivent. Je ne sais pas si cela fait peur véritablement à mes parents. Ils m'accompagnent toujours, discutent beaucoup avec moi de ce que je souhaite faire mais prennent beaucoup de recul par rapport à tout cela. Aujourd'hui, j'ai été un peu gourmande sur le dernier obstacle. Il y avait une vraie concurrence, les étrangers présents étaient vraiment très fort. Pour ma part, on a plus l'habitude de me voir avec Callas mais j'avais choisi mon second poney qui a, lui aussi, pas mal d'expérience même s'il n'a pas le palmarès de Callas. Je m'en veux un peu pour la faute mais je suis contente pour le poney car ça lui promet une belle carrière. Je suis très contente de revenir ici et ce podium est une belle revanche sur l'an dernier." 

Au milieu de ces deux situations extrêmement différentes, la hollandaise Lily Engelsman était ravie, elle aussi : "Je sais que mon poney n'est pas le plus rapide, j'étais la première à partir alors mon objectif était de rester sans faute, sans prendre tous les risques. Juste faire quelques virages... mais honnêtement, je suis d'autant plus ravie que je n'espérais même pas être sans-faute lors du premier tour. C'était un parcours très gros et j'étais un peu nerveuse avant le début de l'épreuve."