Chilli Willi, la pépite de Nicola Philippaerts

05 March 2019

Chilli Willi fait partie des étalons très en vue en Belgique. Sous la selle de Nicola Philippaerts, cet étalon Holsteiner approuvé à l’AES puis à Zangersheide et par le Selle Français s’est forgé un joli palmarès malgré son jeune âge. Sacré champion de Belgique à seulement 8 ans, il explose l’année suivante en remportant notamment la coupe des nations de Rotterdam ainsi que le Grand Prix de Chantilly. Pour débuter la saison indoor 2019, le puissant bai prend d’emblée la troisième place du Grand Prix de Doha, première étape de la saison du Global Champions Tour. 

Chilli Willi est issu de la même mère que Camiro 19 (Cassini) qui a évolué au plus haut niveau sous la selle du Norvégien André Hansen avant de prendre la direction de l’Italie mais aussi de L-Cinderella (Carthago) et Never Forget (Candillo) qui ont tous deux évolués sur le circuit international. 

L’occasion de revenir avec son pilote sur son cheval de tête actuel : 

 « A quel âge avez-vous acheté le cheval ? »

 Nicola Philippaerts : « Nous l’avons acheté à 6 ans. Il appartenait au même propriétaire que Legend of love.  A 6 ans, il était super respectueux. D’abord, c’est notre cavalier, Viktor Daems, qui l’a monté. L’année suivante, il l’a monté une ou deux semaines à Arezzo  puis, je l’ai pris. Il est super respectueux mais il est grand et était encore un tout petit peu lourd. Au début, je ne pensais pas qu’il avait assez de moyens. Il sautait difficilement la deuxième barre mais il finissait quand même presque toujours sans faute. Pour un cheval aussi grand, ça prend toujours plus de temps pour avoir de la force et avoir le modèle très sportif.  Nous avions acquis la moitié à son propriétaire Gerald Nothdurft et après à 7 ans, il a gagné le deuxième qualificatif au chrono pour les championnats du monde et à 8 ans, il a sauté au Masters à Malines mais il a fait faute sur le dernier obstacle au dernier tour sinon il aurait gagné le Master et après, il s’est amélioré tout le temps et je pense aujourd’hui que c’est mon meilleur cheval. Frans Lens a acheté la seconde moitié à la fin des 8 ans et je suis très content de cela car cela diminue les chances de le voir vendu un jour.

 

« Cela vous permet de gérer sa carrière d’étalon et cheval de sport ? »

 N.P. :  « Oui et pour le moment il n’est pas à vendre, je veux le garder. Le cheval est encore jeune, il peut saillir.  On a acheté il y a quelques mois la jument Child of love (issue de la crack Legend of Love) et je pense qu’il va donner de bons produits aussi. Il faut attendre encore un peu parce qu’il est assez jeune mais c’est aussi un bon cheval qui peut avoir une bonne carrière dans le sport s’il reste bien. Il a beaucoup de qualités, il est super brave. Il n’est pas étalon du tout en fait. Il veut toujours bien faire et a vraiment la top qualité. Au début, sa taille l’a desservi mais je crois que maintenant il a beaucoup de force. Il peut sauter n’importe où. »

   

« L’objectif pour vous quand il est arrivé, c’était qu’il arrive à tonifier son corps ?  Qu’il se durcisse un peu ?  »

N.P. : « Oui à 6 ans, il n’était pas entrainé enfin oui un peu mais des petites épreuves, il était un peu gros. Pour ce sport-là, pour sauter le mètre 60, ça doit être des athlètes et avec des chevaux aussi grands que lui, ça prend toujours un an ou deux en plus, sans forcer, pour savoir sauter ces épreuves parce qu’il est tellement grand. À 8 ans, il était 5ème du grand prix à Bordeaux je crois, le dimanche après il s’est amélioré et à 9 ans, il était troisième au Grand Prix à Miami et maintenant il a dix ans et cette année, il a eu un calendrier fantastique. Toutes les Coupes des Nations auxquelles, il a participé, il n’a pas fait de faute, juste une fois un point de temps dépassé ! C’est super !  Je crois que c’est vraiment le cheval  sur lequel je vais encore me concentrer pour les prochaines années, j’espère. »

 

« Quand vous l’avez acheté, c’était plus parce que vous aviez confiance en son propriétaire ou votre père a tout de suite cru en lui ? » 

N.P. : « Oui, il est venu avec le cheval chez nous et il nous a dit regardez. Je pensé directement que c’était un cheval respectueux mais il ne faisait pas le spectacle, il sautait juste ce qu’il devait faire. Même à 7 ans, il ne donnait pas de show mais il faisait toujours son boulot et il sautait toujours presque sans faute et après, il s’est amélioré tout le temps. À 6 ans, il ne donnait pas l’impression qu’il allait sauter le mètre soixante et maintenant il saute bien le mètre 60. »

 

« Donc ce n’est pas un cheval où vous vous êtes dit ça, ça va être mon cheval numéro 1 ? »

N.P. : « A 6 ans, non je n’ai pas pensé ça, non. Mais il s’est amélioré tout le temps et quand vous voyez Casall lui aussi il est venu au top quand il a eu 12 ou 13 ans. J’espère qu’avec lui, ça peut devenir un jour. »

 

« Quand vous comparez avec d’autres chevaux que vous avez monté : Harley, Carlos et d’autres, vous avez su tout de suite que c’étaient des chevaux qui allaient changer votre vie ? »

 N.P. : « Avec Carlos non plus. Je pense qu’avec Harley parce que lui j’ai toujours eu un sentiment spécial parce que lui il avait tous les moyens, il pouvait sauter au pas un oxer de 5 mètres et lui j’ai toujours pensé qu’il aurait beaucoup de résultats et cela s’est vite confirmé. À 8 ans, il a été à Calgary, à 9 ans, il a gagné son premier Grand Prix 5 étoiles. Lui à 7 ans, j’étais convaincu qu’il pouvait sauter les gros obstacles. Il était très chaud quand il était jeune et courait un peu. Un jeune cheval peut avoir toutes les qualités mais c’est toujours difficile à dire ce qu’il va faire. J’ai aussi monté All In aussi (qui a par la suite été vendu au sponsor de Peder Fredericson), il possède toutes les qualités mais à la fin, on ne sait jamais si c’est un cheval qui va faire des médailles aux Jeux Olympiques ou aux championnats d’Europe, … ça on ne sait pas avant. Il faut surtout trouver des chevaux avec beaucoup de qualités et vraiment ils doivent avec une bonne mentalité, c’est important que quand il arrive sur la piste : il doive grandir.  Et Chilli Willi, il a ça je trouve. »