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Caroline Sablereau, une vie partagée entre le lait et les chevaux

14 septembre 2015Auteur : Julien Counet

Caroline Sablereau, une vie partagée entre le lait et les chevaux. Entrée récemment dans la trentaine, Caroline Sablereau est directrice générale de la Laiterie de Montaigu, située en Vendée, en région Pays de la Loire. Si son entreprise est spécialisée dans la fabrication et le développement de produits laitiers traditionnels et de laits infantiles haut de gamme, la jeune dirigeante est également passionnée de chevaux depuis son enfance et s'occupe aujourd'hui du Team LM, sponsor de Julien et Susana Epaillard et propriétaire des chevaux du Normand : Cristallo A et Sheriff de la Nutria, tous deux affublés des lettres LM pour Laiterie de Montaigu. Autant de raisons de partir à la rencontre de cette jeune passionnée qui ne manque jamais d'enthousiasme.

Quels ont été vos premiers contacts avec les chevaux ?

« C'était avec un petit poney abandonné à côté de chez mes grands-parents. Je m'en suis occupée lorsque je devais avoir 12 ans et tout a débuté comme cela. Trois ans plus tard, on m'a offert ce poney qui est resté avec moi jusqu'à mes 30 ans, l'an dernier. Ce petit poney était un poney welsh et à deux kilomètres de chez mes grands-parents, il y avait une ferme où le monsieur faisait de l'attelage avec des chevaux de trait et des poneys et c'est comme cela que j'ai débuté l'attelage car mes parents n'avaient pas le temps de m'emmener au centre équestre. Qurish a été seconde de la finale France Dressage des poneys femelles de 2ans, championne suprême welsh au national de la race à 3ans, vainqueur de la finale jeunes chevaux CL attelage à Compiègne à 4ans et 3ème du Championnat de France club (club 1 solo) en 2012. Je devais donc me débrouiller un peu différemment et j'allais donc chez ce monsieur tous les mercredis et les samedis ainsi que durant mes vacances. Le poney est ensuite allé en pension là-bas et c'est lui qui m'a enseigné l'attelage et m'a mis, non pas le pied à l'étrier mais à la voiture. C'est quelqu'un qui ne faisait pas du tout de compétition mais juste de la promenade et des rallyes qui sont des grandes randonnées attelées ou montées. Nous faisions de grandes randonnées avec des chevaux de trait et c'est après, lorsque j'ai eu mon autre ponette que je me suis dit qu'elle était sympa et que j'allais essayer de faire des petits concours. J'ai donc fait tout le circuit du cycle libre avec elle. Elle a d'ailleurs remporté la finale des 4 ans et été finaliste à 5 ans… donc on s'est dit « On y va, on fonce ».

 A cette époque, vous suiviez l'actualité du monde de l'attelage ?

« J'ai toujours, depuis toute petite, suivi tous les magazines. Mes parents ne pouvant pas me conduire au centre équestre, j'ai dû faire un transfert d'intérêt vers tous les magazines et tous les bouquins que je pouvais trouver. Je me suis toujours intéressée, que ce soit à l'attelage ou aux autres disciplines. J'ai une collection d'à peu près tous les magazines du marché depuis des années et ça m'est toujours resté : l'intérêt pour le cheval en général. Je me déplaçais également dès que j'en avais l'occasion en trouvant des gens que je pouvais accompagner. Au fur et à mesure, ce monsieur m'a fait rencontrer d'autres personnes et ça a été l'effet boule de neige. Du coup, j'ai eu l'occasion de me rendre sur les gros concours voir ce qui se faisait. Ça ne m'a néanmoins pas spécialement donné envie de toucher à d'autres disciplines car les poneys welsh, nous les montions certes un peu pour nous amuser mais les Welsh B, cela reste quand même petit. Après, je me suis quand même remise un peu à cheval mais paradoxalement, le saut d'obstacles ne m'a jamais attiré. Pour moi, il faut que cela reste sur le sol. J'ai fait un petit peu de dressage mais mon plaisir était plus de suivre l'actualité des disciplines, et pas forcément de les pratiquer. J'ai toujours eu beaucoup d'ouverture d'esprit sur tout ce qui se pratiquait alors bien sûr j'allais voir plus régulièrement le CSO, le dressage, l'attelage ou le complet mais j'étais également passionnée de courses de galop. Durant toute mon adolescence, je suivais les courses de manière très poussée et détaillée, je connaissais les origines, les entraineurs, les jockeys … Depuis, il a fallu faire des choix car on ne peut pas tout suivre. »

A un moment donné, vous avez souhaité vous orienter professionnellement vers le cheval ?

« Non. Pas du tout ! Clairement, l'attelage, professionnellement, ce n'est pas possible d'en vivre aujourd'hui et les autres disciplines, je ne montais pas assez pour pouvoir prétendre à faire une carrière de cavalière, peu importe la discipline. De plus, je suis vite tombée dans l'engrenage familial avec l'entreprise. En fait, je n'ai jamais souhaité en faire mon métier. C'est toujours resté une passion mais pas un métier. » Avez-vous évolué autrement qu'en single poney ? C.S. : «  Oui, j'ai attelé en simple et en paire, il y a juste le cap de l'attelage à 4 que je n'ai pas franchi. Après, j'ai attelé des poneys mais aussi des chevaux d'un peu toutes sortes d'ailleurs, que ce soit des chevaux de trait, de sang, des Mérens, des Pottoks ... Je dois bien admettre qu'au début, le charme des chevaux de trait me plaisait beaucoup. Ça n'a rien de sportif mais ça a un côté super généreux et j'ai de vrais bons souvenirs d'enfance avec eux. Ensuite, cela a été le welsh pour le côté petit cheval miniature. Pour moi, je trouve que pour atteler, ils ont tous les avantages sans les inconvénients. Ils ont du sang, de l'intelligence sans avoir du matériel démesuré à trouver et sans oublier que pour une femme, parfois, un grand cheval de sang peut être compliqué à gérer alors que là, c'est le bon compromis. »

C'est la même personne qui vous a toujours suivi ?

« Non, j'ai eu différents coachs. Comme un peu tout le monde, il y a différentes étapes car on évolue et on a d'autres envies. Je suis restée chez le monsieur qui m'a appris jusqu'à mes 17-18 ans et après, je suis partie faire un peu toute seule avec des coachs qui me suivaient à droite, à gauche puis j'ai été suivie par un instructeur et aujourd'hui, c'est mon compagnon Yoann Di Stefano qui me coach et nous avons commencé à travailler avec Antoine Banco, qui est instructeur et un ancien du cadre noir de Saumur.

 Il a une méthode de travail qui nous va super bien. Nous nous remettons dans le bain pour reprendre sérieusement la compétition avec nos poneys welsh. Nous devons encore nous améliorer au niveau du dressage. La complexité du poney est qu'il est petit et que nous avons besoin de l'avoir au top pour qu'il puisse faire ce que nous attendons de lui. Chez un cheval, les exercices passent évidemment mieux quand le cheval est bien conformé et travaillé dans le bon sens mais ici avec un poney, on ne peut simplement pas faire sans. Il fallait donc trouver une méthode qui l'amène dans le confort, lui travaille le dos vraiment de manière générale et optimum. Après, c'est un poney qui apprend vraiment vite. 

 Là, on vient de lui changer pas mal de codes et en une semaine, c'est acquis. Je pense donc qu'on va vraiment se faire plaisir. Par contre pour effectuer ce travail, nous allons devoir reprendre le travail monté et on alterne beaucoup avec le travail à pied que ce soit à la longe ou aux longues rênes. On n'arrive à compenser … même si le travail monté permet de faire passer des choses plus rapidement, et puis cela permet de varier le travail. C'est bien de leur ouvrir aussi un peu l'esprit. »

 La suite, c'est ici et demain !

AuteurJulien Counet