Carnet de bord #1 : Thierry Billet, photographe de Sportfot à Tokyo

05 August 2021

Chefs d’écurie, grooms, photographes… Ils naviguent dans les allées des concours et y sont indispensables. À l’occasion des Jeux Olympiques de Tokyo, Studforlife a décidé de leur donner la parole pour qu’ils nous racontent leur quotidien au cœur de cet événement singulier. Dans ce premier volet, Thierry Billet, le fondateur de Sportfot, nous laisse jeter un coup d'œil à son organisation. Vous verrez qu’il n’y a pas de quoi s’ennuyer !

La semaine dernière, après près de vingt-quatre heures de voyage au départ de Tryon, aux États-Unis, Thierry Billet s’apprêtait à vivre ses premiers Jeux olympiques en tant que photographe. Aujourd’hui, il nous plonge dans une de ses journées.

31 juillet 2021,

3h45 : Le réveil sonne et je commence par faire du vélo jusqu’à six heures. Je me suis qualifié pour les championnats du Monde de triathlon à Almere, aux Pays-Bas, qui débuteront le 12 septembre donc je ne peux pas rester sans entraînement. Malheureusement, la salle de sport de notre hôtel – réservé aux médias - est fermée et nous n’avons pas le droit d’aller en ville alors je pédale environ soixante-cinq kilomètres face à ma porte de chambre sur mon trainer. 

6h : Changement de décor, je prends ma douche et me prépare à entrer dans ma peau de photographe. J’en profite ensuite pour aller prendre mon petit déjeuner et récupérer mes appareils photos. 

7h15 : Je m’apprête à rejoindre les sites olympiques. Pour cela, j’ai deux solutions, prendre le bus et avoir approximativement deux heures de route ou payer un taxi environ cent cinquante euros et y être en quarante-cinq minutes. Je monte dans le bus pour faire une première correspondance au MTM, le Main Transportation Media. Différents bus nous y attendent et nous déposent ensuite sur le site sportif souhaité.  

8h15 : Me voilà arrivé au Parc équestre pour la deuxième partie du dressage de concours complet. Je m’installe le long de la piste et commence à shooter les cavaliers. L’ambiance équestre est assez morose et renfermée sur elle-même. Les cavaliers ne donnent pas l’impression de vivre vraiment l’échéance.

© Christophe Tanière

12h : Fin de l’épreuve ! J’en profite pour trier les photos. Nous avons une pause aujourd’hui puisque la visite vétérinaire des chevaux de saut d’obstacles n’a lieu qu’à dix-sept heures. C’est toujours un moment sympa car chaque équipe est habillée de manière différente, en jogging, en costume ou encore en jupe. 

19h : Je prends une heure pour éditer mes photos et les télécharger sur internet afin que les cavaliers, équipes et médias puissent rapidement les retrouver. 

20h : Je saute dans un taxi pour aller au stade olympique afin d’aller photographier la finale du 100m féminin. Le trajet m’a paru très long, j’ai mis une heure trente en pensant même que j’allais rater la course. Entre eux, les sites sont vraiment loin, c’est d’ailleurs un point négatif que je relève pour ces Jeux. Tout est dispersé.

© DR

20h30 : Dès mon entrée, j’ai été impressionné par ce stade vraiment immense, qui a d’ailleurs accueilli la cérémonie d’ouverture. Il n’y a pas de spectateurs mais l’ambiance règne ! Les athlètes sont très expressifs et sont euphoriques. Une mise en scène est réalisée avant le départ : le stade est tout éteint avec une musique d’ambiance, seule la piste est éclairée puis des lumières claquent dans tous les sens. En rétro-éclairage, les athlètes sont présentés, le tout sous les yeux de plus de trois cents photographes. Au coup de pistolet, l’ambiance est explosive ! La victoire est revenue à la Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah qui établit ici un nouveau record olympique. J’essaie d’imaginer cette ambiance comme si le stade était rempli, ça doit être incroyable. Jusqu’ici, je peux dire que ça a été ma meilleure expérience de ces Jeux !

23h : Me voici sur la route du retour en direction de l’hôtel… avec près de deux heures et demie de trajet. Chaque jour, je réfléchis à la manière d’alléger mes sacs pour aller d’un site olympique à un autre. 

1h30 : Au lit !

À retenir aujourd’hui :

 « Pour parler principalement de mon job, je me sens privilégié de pouvoir aller voir d’autres sports et fréquenter des photographes qui ont d’autres méthodes de travail comme avoir leur appareil photo branchés à des câbles réseaux où les photos sont directement envoyées aux agences. Elles ne sont pas communes dans le milieu équestre alors j’apprends beaucoup. Tout le monde est assez occupé, nous n’avons pas le temps de beaucoup échanger mais j’observe les techniques de post-production de chacun. Dans les sports équestres, je suis optimum, mais en faisant d’autres sports, je me rends compte que je pourrais améliorer ma chaîne de production. Humainement, cette expérience à Tokyo me met la chair de poule. Professionnellement, je continue d’apprendre en devenant aussi capable de photographier autre chose que des chevaux ». 

Photo à la Une : Pierre Costabadie