California tire sa révérence

24 November 2022Auteur : Mélina Massias

La pétillante California aura connu une courte mais riche carrière. Révélée sur la scène internationale par Abdel Saïd, la KWPN a accompli ses plus belles performances aux côtés de l’Australienne Edwina Tops-Alexander. En trois ans passés au plus haut niveau, les deux complices ont décroché cinq Grands Prix 5* et pléthore de classements, partout à travers le monde. Désormais âgée de quinze ans, la KWPN, nièce de l’atypique Winchester, ouvre un nouveau chapitre de sa vie pour se consacrer à l’élevage.

À quinze ans, l’explosive California en a déjà terminé avec le sport. Sa cavalière, Edwina Tops-Alexander, a annoncé la nouvelle mercredi 23 novembre, à travers une vidéo partagée sur ses réseaux sociaux. “Ceci est un hommage pour annoncer la retraite de mon incroyable jument California. Une jument si spéciale qui m’a offert, à moi et mon équipe, tant de joie et de plaisir. California faisait de son mieux et donnait son maximum à chaque fois qu’elle entrait en piste. Nous avons accompli de nombreux objectifs, mais, surtout, le lien et la connexion qui nous unissaient étaient très spéciaux. Et je crois que c’est la raison de tout. Cali, tu vas manquer au sport, et je suis si reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour moi”, a écrit l’Australienne. “Nous sommes comblés par les descendants que tu as déjà engendré, et de ceux à venir. Merci à tous ceux qui ont fait partie de cette période spéciale dans ma carrière.”

California lors de sa dernière apparition internationale, en juin 2021.

Absente des terrains de compétition pendant près de deux ans, entre juillet 2019 et mai 2021, California n’avait disputé que cinq parcours lors de son retour, avant de disparaître à nouveau des radars. Finalement, l’histoire sur le devant de la scène s’arrête là pour la baie. Lancée à l’international en 2016 par Abdel Saïd, qui portait alors encore les couleurs de l’Egypte, la KWPN rejoint Edwina Tops-Alexander en novembre de la même année. Tout va alors très vite entre les deux complices, de leur premier classement dans une étape de la Coupe du monde Longines, en décembre 2016 à Londres, à leur première victoire en Grand Prix 5*, trois mois plus tard, sous la nef du Grand Palais, à l’occasion du Saut Hermès 2017, où seuls trois couples étaient parvenus à se qualifier pour le barrage. Les deux années de sport qui suivent ne sont que réussite, ou presque, pour la paire : troisième à Oslo, lauréate à La Corogne, sixième à Bâle, vainqueur à Miami, neuvième à Madrid, troisième à Ramatuelle, de nouveau troisième à Oslo, première à Paris et Prague, etc. En 2018, lors de sa meilleure saison de concours, California amasse pas loin de 750.000€ de gains, selon les données d’Hippomundo.

California.

Née chez Jan Dunnewind et Gerbrand van Beesten, California est une fille du modeste L’Esprit, étalon issu du croisement entre Lupicor et une mère par Landgraf I ayant produit une petite poignée de chevaux aperçus à haut niveau, et d’Oliva, elle-même descendante de Libero H. De cette souche maternelle est issu un certain Winchester HS, remarqué pour ses performances, mais surtout pour son style inimitable sous la selle de Frank Schuttert. En 2013, l’atypique duo avait fait sensation en terminant deuxième du Grand Prix 5* de La Baule, juste derrière Patrice Delaveau et Orient Express*HDC, alors en passe d’être double médaillés d’argent l’année suivante aux Jeux équestres mondiaux de Caen, et devant Nick Skelton et Big Star (ex What A Quickstar), sacrés champions olympiques individuels trois ans plus tard à Rio. À n’en pas douter, donc, California a toutes les chances de devenir une très bonne reproductrice.



Crédit photo : © Sportfot. Photo à la Une : California et Edwina Tops-Alexander sur la spectaculaire piste de Miami.

AuteurMélina Massias