Broadway de Mormoulin intègre les écuries de Jérôme Guéry

25 septembre 2021Auteur : Myriam Rousselle

Il y a quelques semaines, Edward Levy annonçait le départ de Broadway de Mormoulin de ses écuries sans faire savoir où le cheval allait. C’est désormais officiel : son propriétaire, Stéphane Saunier, nous a indiqué que le bai de dix ans était arrivé vendredi chez le Belge Jérôme Guéry. 

Sous la selle d’Edward Levy depuis 2019, Broadway de Mormoulin fait parti de la nouvelle génération de chevaux que le public a pris plaisir à suivre jusqu’à son ascension en 5*. 2021 aura été une saison charnière pour le fils de Kannan, qui fort, de l’expérience accumulée ces dernières années, a couru son premier Grand Prix 1,60m sur la majestueuse piste en herbe des Masters de Chantilly. Pour autant, il y a quelques semaines, Edward Levy annonçait le départ du Selle Français de ses écuries. « Nous n’avions plus les mêmes objectifs avec Edward », indique Stéphane Saunier, le propriétaire du cheval. « Au vu de son âge et de ses résultats, j’ai estimé qu’il était temps que je vende le cheval. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, j’aurais vraiment aimé qu’il reste chez Edward Levy, qui a fait un travail merveilleux avec et a su l’amener au plus haut-niveau dans des conditions idéales. Mais la deadline pour la vente était fin septembre, le cheval est à vendre depuis neuf mois, et malgré le fait que j’ai proposé de le vendre en parts pour qu’il soit plus facilement accessible à Edward et ses actionnaires, le projet n’a pas abouti. C’est ce qui a motivé ma décision de le confier à un autre cavalier ».  

« J’ai pris beaucoup de plaisir à monter Broadway qui a évolué de manière incroyable en un an et demi. Nous aurions signé au départ pour le voir là où il est aujourd’hui car ce n’était pas écrit. Même si j’ai la chance de compter sur des partenaires fidèles et de confiance, les exigences financières de M Saunier étaient tout simplement trop élevées selon moi. Je remercie Stéphane pour sa confiance et souhaite le meilleur à Broadway », a réagi Edward Levy. C’est donc toujours dans un but de commercialisation que Broadway a rejoint les écuries de Jérôme Guéry il y a quelques jours. « Avec Jérôme, les choses se sont faites très simplement. C’est un cavalier très accessible et le deal avec lui est clair. L’objectif premier est la vente du cheval, mais en attendant, ce sera également l’occasion de continuer de le faire progresser sur les 160 », détaille le propriétaire.

Proche de ses chevaux, qu’il aime récupérer chez lui pour des vacances méritées, et fidèle aux cavaliers français, Stéphane Saunier n’a pourtant pas hésité à se tourner vers un cavalier étranger. « Je dois avouer qu’il y a un peu de lassitude de ma part… Cela fait vingt ans que je suis propriétaire, j’ai eu quatre ou cinq chevaux de Grands Prix et pourtant, je n’ai jamais été approché par quelque membre de la fédération que ce soit pour discuter avec moi de mes objectifs et de la carrière des chevaux », livre celui qui a entre autre été propriétaire de Csarina de Fuyssieux (Casario II - championne de France des 7 ans en 2010 et ayant accédé aux épreuves 5* sous la selle de Simon Delestre), de l’énergique Hija van Strokapelleken (Calido I - passée sous la selle de quelques uns des meilleurs cavaliers du monde à l’instar de Pénélope Leprévost, Roger-Yves Bost et McLain Ward) ou encore de Quaoukoura du Ty (Calido I - étalon ayant concouru jusqu’en étape Coupe du monde avec Roger-Yves Bost) . « Je pense que les propriétaires en France ne sont pas aidés du tout par la fédération. Je ne comprends pas qu’un cheval comme Broadway ne reste pas chez Edward, ce qui était ma volonté première. Je n’ai eu aucune proposition de la fédération pour sécuriser le cheval. Pourquoi aujourd’hui la FFE ne créée-t-elle pas un fonds pour faire participer et pouvoir prendre des parts sur un cheval de manière commune par exemple ? Par ailleurs, certains cavaliers devraient se soucier un peu plus de leurs propriétaires afin de les fidéliser. Travailler pour la France, je veux bien, mais si personne ne s’y intéresse alors moi non plus je n’ai aucun intérêt à travailler pour la nation française. »

Stéphane Saunier le rappelle, le haut-niveau coûte cher et il se considère comme un investisseur, pas comme un mécène. « Il faut financièrement savoir poursuivre et essayer de trouver des solutions. Mais quand on est aidé par personne… C’est aberrant de penser que vous êtes là uniquement pour payer mais que vous n’avez aucun retour. Il n’y a rien qui se passe pour un propriétaire de chevaux de 5*. Voir son cheval en piste, ça dure trente secondes et après plus rien. Mais je ne suis pas un cas isolé ! ». 

Acheteur de jeunes chevaux mais aussi éleveur, en parallèle de son activité dans la mode, Stéphane Saunier aimerait donc plus de synergies entre les différents partis du monde du cheval. Passionné depuis toujours par les chevaux, c’est en cherchant à équiper ses neveux pour les épreuves Jeunes qu’il a acquis pour la première fois des jeunes chevaux de qualité aux ventes FENCES. « Je les ai fait valoriser par une cavalière puis mon neveu les a récupérés. Il s’est avéré que ces choix étaient assez judicieux. La machine était lancée : ça m’a donné goût à rechercher de nouveaux chevaux, à les faire valoriser ! ». Ce goût, Stéphane l’a toujours, et, que ce soit dans le cadre de collaboration avec des cavaliers français ou étrangers, aspire à voir ses recrues briller au plus haut-niveau. « Fines di villagana (Colman), une petite pépite que j’ai également acheté aux ventes Fences, a intégré récemment les écuries de Marc Dilasser, avec lequel je débute une collaboration. J’ai hâte de voir le couple évoluer ! En dehors de Broadway, j’ai également un cheval de mon élevage chez Jérôme Guéry, Dubai de Soie, vice-champion de France des 6 ans. C'est un fils de Quaoukoura du Ty, dans lequel je fonde de bons espoirs. Je trouve plus valorisant de voir ses chevaux d’élevage accéder aux belles épreuves, mais cela reste plus risqué que l’achat d’un jeune cheval… C’est donc un objectif d’autant plus motivant. Quoiqu’il en soit, mon but premier en tant que propriétaire est de me faire plaisir ! ». 


Photo à la Une : A Chantilly, il y a quelques mois, Broadway du Mormoulin abordait pour la première fois de sa carrière un Grand Prix 5* © Sportfot.com  


AuteurMyriam Rousselle