Borg Events envoyé en renfort au CES Valencia

11 mars 2021Auteur : Lea Tchilinguirian

Depuis une quinzaine de jours, le CES Valencia est une zone de quarantaine suite à l’apparition du virus de la  rhinopneumonie neurologique dans ses installations, ayant déjà causé la mort de onze chevaux. Missionné par la Fédération Française d’équitation (FFE), Patrick Borg, à la tête de Borg Events – stables manager sur les événements –, est sur place avec ses équipes afin d’aider les cavaliers et leurs chevaux. Pour Studforlife, il fait le point sur la situation.

Alors que Patrick Borg et ses équipes étaient en pleine préparation pour les CSI de Vidauban prévus en mars, les organisateurs ont décidé d’annuler leurs compétitions en voyant l’évolution de l’épidémie. « En rentrant, la FFE m’a appelé et m’a demandé si on pouvait travailler ensemble afin de mettre en place des écuries de transit sous contrôle sanitaire en France pour les cavaliers remontant d’Espagne. En parallèle, j’ai également eu le cavalier Français Nicolas Dezeuzes, en lien avec les autres cavaliers à Valence, qui était très attristé par la situation sur place. Il m’a demandé si, avec notre expérience, nous pouvions aider directement au sein des installations. Après réflexion et avec nos retours d’expériences faits en quarantaine aux États-Unis et en Chine, nous étions totalement capables d’aider et de nous rendre sur place. Nous avons chargé la voiture avec un bon nombre de fournitures et sommes partis ! », commence Patrick Borg. « Toujours en lien avec eux sur la route, la FFE nous a pris en charge et sommes le point relai fédéral sur le site de Valence. Le but est d’extraire les chevaux français qui vont bien mais chaque chose en son temps, il faut qu’ils soient transportables avant de les mettre dans un camion. Si ces derniers peuvent rentrer, ils iront faire une quarantaine à Lamotte-Beuvron, au Parc fédéral. Un premier feu vert a été donné : une dizaine de chevaux sains partent dès ce matin (ce jeudi) », explique-t-il.

Aider est le mot d’ordre de Borg Events au CES Valencia. « Nous aidons tout autant les chevaux que leurs cavaliers avec le côté humain, comme leur faire des courses ou marcher les chevaux. Nous avons également des actions plus globales comme sécuriser les zones avec un système d’accréditation pour ne pas que les personnes aillent partout, limiter le nombre de véhicules sur place avec toujours dans l’esprit de sécuriser nos Français, sans oublier les autres. Des protocoles sanitaires ont aussi été mis en place : les personnes doivent se protéger pour éviter de contaminer tout le reste. Pour cela, j’avais apporté un sacré nombre de sur-chaussures et blouses, de gants, de charlottes, de gels alcooliques, des thermomètres et autres fournitures. » nous détaille encore Patrick Borg.

Longtemps attendus, les boxes démontables pour y placer les chevaux sains à l’isolement sont arrivés depuis une semaine. « Ça a été la première phase. L’avantage d’avoir fait cela est que ces chevaux ont pu commencer leur quarantaine. La deuxième a été avant-hier lorsque d’autres boxes sont arrivés et ont été montés. Les chevaux n’ont pas encore été bougés mais cela est en train de se mettre en place. Cette maladie est compliquée, les chevaux prennent de la température puis baissent, déclenchent des symptômes avec d’autres complications qui arrivent : il ne faut pas faire les choses en se précipitant et les déplacer n’importe comment », insiste ce dernier avant de reprendre « les chevaux très malades sont tous en clinique et, de ce que j’entends, les vétérinaires s’en occupent très bien. Aujourd’hui, les gens sur place ont besoin de ça, avec de l’appui moral. Malheureusement, nous entendons des cas de décès, on en compte onze depuis le début de l’épidémie. »

Certains cavaliers avaient mis un point d’exclamation au début de cette épidémie sur le rôle des autorités espagnoles, qu’en est-il aujourd’hui ? « Pour être tout à fait franc, nous sommes-là pour les chevaux mais au niveau politique, nous avons quand même l’impression que les autorités espagnoles bougent un peu, mais la situation est assez complexe. Tout le monde essaie de se protéger : faut-il mettre des chevaux sur la route ? Le test PCR est-il réellement bon ou non ? Il y a toute une problématique qui sort de là. Le risque zéro n’existe pas », souligne-t-il. « Ce qui est intéressant à savoir est que la fédération française est la seule qui a réellement bougé, c’est tout à leur honneur ! Plusieurs vétérinaires sont là, dont Jérôme Thévenot, vétérinaire de l’équipe de France, qui est arrivé ce matin. Les autres cavaliers étrangers sont un peu plus dans la difficulté. Néanmoins, plusieurs choses positives sont ressorties, les cavaliers travaillent vraiment main dans la main, ouvrent des cagnottes pour couvrir tous les frais vétérinaires et équipement d’écurie (copeaux, foin). Cet élan de solidarité ressort vraiment », insiste Patrick Borg.

Aujourd’hui, comment définit-il la situation sur place ? « On ne peut pas dire que c’est plus calme mais les choses se sont organisées et les vétérinaires locaux ont pris un retour d’expérience. Je ne dirais pas que tous les chevaux sont sortis d’affaire, loin de-là, mais la situation sur le site est assez sereine ».

Crédit photo : CES Valencia

AuteurLea Tchilinguirian