Ben Maher s'offre enfin son Top 10 !

11 December 2021Auteur : Mélina Massias

Repoussée d’un an à cause du Covid-19, la vingtième finale du Top 10, créée et gérée par l’IJRC (International jumping riders club) a bien eu lieu ce vendredi soir au CHI de Genève. Un anniversaire phare pour une épreuve qui l’est tout autant dans le monde du jumping ! 

« 20 ans déjà… Ca semble être si loin et pourtant je m’en rappelle comme si c’était hier ». Ludger Beerbaum, vainqueur de la toute première édition du Top 10 en 2001 garde un souvenir unique de son sacre avec son incroyable Goldefever. De l’édition suivante aussi, qu’il avait également remportée avec Gladys S cette fois. « Il faut généralement quelques années pour qu’un nouveau format sportif se fasse un nom et trouve sa place dans le calendrier. Pour le Top 10, au contraire, c’est arrivé très rapidement et le niveau de l’épreuve a directement été très élevé. Dès la deuxième année, le Top 10 avait déjà un retentissement mondial », se rappelle le cavalier allemand. 

Revivez en images les victoires des dernières éditions. ©IJRC

Mais qu’est ce qui fait de cette épreuve un rendez-vous si particulier ? Calquée sur les Masters de Tennis, elle réunit les dix meilleurs cavaliers du classement mondial : l’assurance de voir se battre les pilotes bec et ongles pour décrocher le titre de cavalier de l’année. 

Les réunir sur la piste du mythique CHI de Genève, c’est s’assurer également de profiter de l’organisation toujours irréprochable du concours à Palexpo. Le rendez-vous suisse a d’ailleurs accueilli les sept premières finales du Top 10 et seize des vingt éditions, c’est dire si cette finale et le CHI sont liés ! Enfin, le Top 10, c’est un véritable « show ». Le format (dix cavaliers s’affrontant sur deux manches consécutives) est intense et rapide, de quoi satisfaire la soif d’émotion des spectateurs et téléspectateurs. L’accent mis sur les cavaliers avec la parade, les réactions à chaud, la présence des cavaliers jusqu’au bout de l’épreuve ne font qu’ajouter un peu d’humain aux performances, pour le plaisir de tous. Bref, le Top 10, c’est une épreuve à part, qui ne manque jamais de rebondissements et qui offre toujours du grand sport. Cette édition 2021 n’a d’ailleurs pas dérogé à la règle ! 

Le scénario a encore une fois été palpitant : il a fallu attendre le passage de Jérôme Guery, dernier à s'élancer, pour connaitre l'issue de l'épreuve. ©Sportfot

Si Gérard Lanchat, le chef de piste de cette édition, avait prédit une première manche propice aux sans-faute, seulement quatre couples ont trouvé la clé du parcours parfait sur ce tour plutôt fragile et bien aux côtes. Mais rien n'était joué, c'est surement tout l'enjeu de ces épreuves en deux manches dans lesquelles les scores se cumulent ! 

La preuve en est avec Kevin Staut, qui avait sellé Tolede de Mescam Harcour pour l'occasion, et qui malgré une faute en première manche, pointe au pied du podium à la fin de l'épreuve après avoir rectifié le tir pour son second tour. Les trois meilleurs du jour en revanche, se sont battus à couteaux tirés, entrant une seconde fois en piste avec un score vierge. Sachant qu'il n'avait pas le cheval le plus rapide, Jérôme Guery, qui participait à cette épreuve pour la première fois, a tenté le tout pour le tout avec Quel Homme de Hus (Quidam de Revel), poussant son cheval à la faute sur le mur. 

"C'est la place que je pouvais espérer. Les chevaux à battre étaient très très rapides.  J’ai tout de même essayé de rattraper leurs chronomètres (un peu trop presque !). Mais même en étant sans-faute, je n'aurais pas été assez rapide", analyse avec philosophie le cavalier belge. 

Duel au sommet

Finalement, c'est le chronomètre qui a départagé les prétendants aux deux premières places du podium. Henrik von Eckermann, qui surfe sur le succès depuis sa médaille d'or par équipes à Tokyo, avait de nouveau fait appel à King Edward, toujours dans une forme olympique ! Bondissant, volontaire et piloté avec précision, le fils d'Edward 28 a déroulé deux parcours d'une aisance incroyable. Mais malgré toute la détermination du cavalier suédois, le chronomètre a été abaissé dans la foulée par Ben Maher et Explosion W. 

Henrik von Eckermann et son incroyable King Edward ©Sportfot

"J'ai essayé de mettre de la pression à Ben, mais, même si je n'aime pas être deuxième, je savais qu'il serait plus rapide", livre avec fatalité Henrik qui rappelait tout de même qu'il avait été doublement chanceux cette année : la grossesse de Janika Sprunger, sa compagne, lui avait permis de gouter aux joies de la paternité et de récupérer sous sa selle son crack du moment. De quoi relativiser une deuxième place dans cette finale du Top 10 remportée par un Ben Maher plus déterminé que jamais. Il faut dire que malgré cinq tentatives, jamais le Britannique n'avait gouté à la victoire dans cette épreuve. Grâce à son tout bon Explosion W, c'est désormais chose faite. Et d'ordinaire si réservé, le cavalier avait bien du mal à cacher sa joie, un sourire radieux sur le visage, en sortie de piste. Interrogé en conférence de presse sur la rivalité entre Explosion et King Edward, qui apparaissent aujourd'hui comme les deux meilleurs chevaux de la planète, le grand vainqueur du jour a concédé : "C'est bien d'avoir de la concurrence, cela pousse à toujours donner le meilleur de soi-même. Mais pour rien au monde je n'échangerai mon cheval !".  

Du beau spectacle donc ce soir devant des gradins quasiment combles, et ce malgré la double peine pour les organisateurs des nombreuses contraintes sanitaires et des chutes de neige de la nuit qui ont entravé le trafic une bonne partie de la journée. Malgré tout, l’absence de Marlon Modolo Zanotelli a quelque peu entaché la fête. Le Brésilien était pourtant bien qualifié pour cette finale, dont il a été écarté pour de sombres histoires d’adhésion et de cotisation à l’IJRC. L'année prochaine sera peut-être la bonne pour l'attachant cavalier... 

Photo à la Une : Ben Maher et Explosion W ©Sportfot 

Les résultats complets


AuteurMélina Massias