Yuri Mansur prêt pour rebondir !

30 July 2020

En début de semaine, on apprenait la mise à la retraite de Babylotte, la très bonne fille de Dollar du Murier du Brésilien à la veste jaune, Yuri Mansur. La jument KWPN est malheureusement sortie de piste en se blessant de nouveau au même tendon. Une énorme déception pour le cavalier qui a accumulé la malchance ces dernières années. 

« Cela fait trois ans que c’est compliqué pour moi. Je cours après le temps avec de très bons chevaux mais qui se retrouvent souvent à devoir pallier l’absence ou la vente d’un autre cheval. Il y a des échéances, comme les JO, les Global Champions Tour...
Il y a eu l’énorme blessure de Vitiki qui nous a énormément touché. Nous avons craint qu’il ne puisse plus marcher, tout simplement puis finalement sa convalescence a évolué d’une manière incroyable jusqu’à espérer pouvoir le remonter, puis le faire resauter... et aujourd’hui, j’ai l’espoir qu’il puisse retrouver son niveau d’avant. Sa progression est une courbe linéaire qui ne fait que monter et aujourd’hui, j’arrive presque à faire abstraction de cette blessure lorsque je le monte. Il faut bien se rendre compte qu’aujourd’hui, son retour à la compétition est un véritable conte de fées... mais il y avait beaucoup de pression sur mes épaules pour cela ! Si l’histoire se passait bien, comme c’est le cas à présent, c’est magnifique... mais personne n’avait envie qu’il y ait un accident dans la piste. Personne ne veut voir ça et si c’était arrivé, on aurait dit que j’avais pris trop de risques alors j’ai vraiment pris mon temps en passant les étapes une à une. On oublie vite que Vitiki n’a fait que six mois de concours au plus haut niveau avant son accident. Ce qu’il a fait était tout bonnement incroyable. Nous n’avions fait que quelques concours ensemble, il faisait ses débuts à ce niveau et il était déjà à Aix-la-Chapelle. C’était incroyable. Aujourd’hui, nous montons en puissance. Je l’ai emmené à Wellington en début d’année mais je n’ai fait que quatre semaines sur les six de concours. Je veux être vraiment progressif mais il est très bien dans son corps, se réceptionne aussi bien à droite qu’à gauche. Je suis optimiste pour la suite.
Pour Babylotte, l’histoire est fort différente. Elle, elle a une très belle carrière derrière elle. J’aurais évidemment voulu la prolonger mais l’histoire en a voulu autrement. Depuis sa reprise, mon sentiment lorsque nous sautions était différent. Je ne lui retrouvais pas la puissance qui était la sienne lorsque nous avons évolué au plus haut niveau... mais je savais que cette puissance, je l’avais construite alors j’espérais qu’elle revienne à force de travail. Nous avons fait plusieurs examens et tout était en ordre... mais finalement, cette nouvelle blessure arrive. Je pense que c’est un signal et je ne veux pas risquer un accident. Elle m’a tellement apporté que je pense qu’il est temps pour elle de se consacrer à l’élevage, d’autant qu’elle a eu trois poulains qui tournent déjà très bien aujourd’hui. C'est un milieu dans lequel je n’ai pas beaucoup d’expérience et je n’ai absolument pas la prétention d’être un éleveur, peut-être même que je m’associerai avec quelqu’un pour la suite car je pense qu’à un moment, nous proposerons probablement des embryons congelés à la vente mais j’aimerais d’abord faire trois embryons avec Cornet Obolensky, Verdi et Emerald. Je pense que chacun de ces trois étalons peut lui apporter quelque chose même si ce sont des choses très différentes. Pour moi, Cornet est le meilleur étalon du monde et j’ai toujours eu beaucoup de chance avec les Cornet que j’ai montés, je pense que Verdi peut lui apporter sa force et son physique et j’aime beaucoup Emerald dont on voit de très nombreux produits sur le circuit aujourd’hui.

Aujourd’hui, je mise vraiment sur Qh Alfons Santo Antonio (Aromats) qui a fait ses débuts au haut niveau l’an dernier et qui a confirmé en ce début d’année à Wellington. Pour moi, c’est mon meilleur atout pour les Jeux Olympiques de Tokyo l’an prochain et leur report est pour nous la meilleure chose que l’on pouvait imaginer. Évidemment, j’aurais préféré ne pas avoir à faire face à ce Coronavirus mais sportivement, cette année plus calme me permet enfin de prendre le temps de construire. Cela fait trois ans que je cours après le temps et trois ans que je joue de malchance avec mes chevaux. À chaque fois, j’ai eu un cheval blessé et un autre a dû prendre le relais sans être totalement prêt pour le faire. Ici, je suivais une nouvelle fois le même chemin avec Alfons. C’était inéluctable, il y a des objectifs, nous devons être présents. Aujourd’hui, le calendrier allégé avec des concours de moindre niveau me permettre de faire un petit pas en arrière pour être mieux préparé l'an prochain. Je ferai également un programme spécial pour Vitiki et pour Ibelle Ask (ex: van de Groote Haart) qui revient elle aussi de blessure mais qui monte aussi en puissance en vue des Jeux mais Alfons est clairement mon premier choix. Il a le potentiel pour faire de très grandes choses », nous expliquera Yuri Mansur.