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14/11/2017

Equita'Lyon 2017
Grand Prix Coupe du monde

Le sport change et avoir de nouveaux visages comme chefs d'orchestre ne peut-être qu'une chose positive. Grégory Bodo l'a confirmé ce week-end en affichant sa vision du sport et une vision différente, cela fait du bien. Sylvie Robert et l'équipe de GL Events auront réussi leur pari, celui d'offrir la chance à un jeune chef de piste français au lieu de faire comme la plupart des organisateurs qui préfèrent souvent l'assurance d'un nom reconnu.

Ils auront finalement été onze à résoudre l'énigme du parcours alors qu'autant de concurrents sortiront avec une faute à leur compteur avec des barres qui tomberont sur l'ensemble du parcours et sans mettre pour autant les chevaux dans le rouge.

Holger Wulshner avait été le premier à signer le sans-faute initial avec BSC Skipper (Stolzenberg) mais cette fois la barre tombe sur l'entrée de la combinaison.

Michael Whitaker faisait partie des nombreux cavaliers à avoir reçu leur invitation au dernier moment pour Lyon alors qu'ils s'étaient au départ engagés pour le Jumping de Liège qui se déroulait en même temps dans la cité ardente. En selle sur Callisto Blue (Chacco Blue), le Britannique ne ménage pas sa peine. Il attaque très fort et signe un somptueux temps de 40''01.
Mais l'Irlandais Mark McAuley est en pleine réussite. Après avoir gagné le Grand Prix vendredi, il aimerait doubler la mise toujours en selle sur Miebello (Quite Easy). Le parcours est spectaculaire et le chronomètre s'arrête : 40''00. Un petit centième de mieux. Cela annonce une lutte intense.
« Je suis heureux mes chevaux sont vraiment en grande forme et ils l'ont montré ce week-end. La finale de Paris est vraiment un objectif pour moi. Nous avons fait un bon début de saison pour cela, il nous manque encore quelques résultats pour y arriver. Le barrage est parti très vite. En entrant en piste, j'ai vu une option devant le double mais elle ne me paraissait pas très fluide donc j'ai décidé de ne pas la prendre… mais je suis très content de mon tour. » réagira l'Irlandais.
Piergiorgio Bucci a bien compris qu'à ce rythme-là, des barres vont tomber. Il décide de ne pas tenter le diable et se contente du double sans-faute avec sa jeune Driandria (Carthino).
Après sa victoire la veille, Pieter Devos est en confiance. Après sa troisième place à Vérone, le Belge veut de nouveaux glaner de précieux points pour la finale de la coupe du monde à Paris mais cette fois sur Claire Z (Clearway) qui effectue sa toute première qualificative à ce niveau. Mais il n'est pas là pour se promener, il a bien étudié son dossier et tente le tout pour le tout avec une option risquée pour aller rejoindre le double. Ca passe : 39''28, le public vibre, nouveau leader !
« C'est fantastique, c'est sa toute première coupe du monde. Le parcours était tout simplement fantastique, le sentiment dessus est juste incroyable. Depuis le début que je la monte, j'ai dit à tout le monde que c'est une véritable crack. Je sais bien que tout le monde ne m'a pas cru mais j'en étais persuadé et là, ça se confirme. Elle a gagné à Barcelone et elle confirme ici. Lorsque je suis entré en piste tout le monde m'a déconseillé de prendre cette option mais j'ai été revoir l'option et je me suis dit que j'allais quand même l'essayer car il y avait encore beaucoup de couples rapides après moi.
Je pense que je peux encore gagner du temps à deux-trois endroits mais bon je suis déjà très content qu'elle ait déjà sauté avec cette manière les tournants difficiles. Je suis vraiment heureux de mes résultats ce week-end d'autant que ce n'était pas le plan que je vienne ici.
Je dois vraiment remercier Jos Verlooy qui était initialement prévu et qui a finalement décidé de ne pas venir. En plus, ces résultats sont à chaque fois avec des chevaux différents. Je vais évidemment viser la finale à Paris. Je vais suivre gentiment mon plan jusqu'à la fin de l'année puis je vais réfléchir à quel cheval j'emmènerai à Paris car j'ai 2-3 options, on verra pour opter pour la meilleure au moment voulu. »
Mais ce n'est pas fini pour autant car c'est au tour de Steve Guerdat de faire son entrée en piste avec Bianca (Balou du Rouet) qui a déjà formidablement sauté vendredi … où le Suisse en avait gardé sous la pédale. Cette fois, l'ancien champion olympique donne tout : 39''05 … peut-on vraiment encore faire mieux ?
Julien Epaillard lance pour la première fois Instit de Jucaso (Cooper vd Heffinck) dans une telle épreuve mais c'est mal connaître le Normand que penser qu'il ne va pas essayer. Le bai ne se laisse pas impressionner et réalise un magnifique tour …jusqu'à l'avant dernier où la barre tombe : 38''78, c'était plus rapide !
« Je suis content car ce n'est que le deuxième Grand Prix cinq étoiles du cheval. La première fois, c'était lors des Stephex Masters où il avait fait une faute ce qui était déjà de bon augure. Ici, au départ, j'étais venu pour courir le Grand Prix avec Usual Suspect d'Auge mais je trouve que le cheval n'a pas encore véritablement retrouvé sa forme. Instit a bien sauté tout le week-end et hier, il gagne une épreuve. Ce n'est sans doute pas la meilleure préparation pour le Grand Prix mais j'ai décidé néanmoins de changer mes plans après cette victoire. Le cheval évolue vraiment bien. Il appartient à un ami, Grégoire Oberson alors qu'un autre ami, Jérôme Guery fait aussi partie de l'histoire. Je savais que je n'étais pas encore prêt pour gagner mais je lui avais déjà demandé beaucoup sur le double de droit alors j'ai voulu assurer sur l'obstacle suivant en remettant une foulée … mais je pense que j'ai vraiment pensé trop tôt à tourner.

J'étais un peu loin de l'oxer et j'aurais dû le motiver un petit peu en lui demandant d'abord de couvrir l'oxer avant de lui demander de tourner. Je l'ai payé cash. Sur ces hauteurs-là, il faut que tout soit réglé au millimètre. Maintenant, cela nous fait quand même quelques petits points de gagnés alors on ne sait jamais si cela nous ouvre quelques opportunités. » expliquera le Normand.

Sergio Alvarez Moya pense que c'est jouable, il attaque avec G&C Arrayan (Baloubet du Rouet) … mais il ne peut éviter la faute sur l'entrée de la combinaison. Dommage car 38''12, c'est beaucoup plus rapide.
Simon Delestre a les indications : on peut aller plus vite que Steve Guerdat … mais encore faut-il rester sans-faute. Ryan des Hayettes (Hugo Gesmeray) sort le grand jeu. Cette fois, il n'y a plus de doute, le petit alezan est de retour au sommet de sa forme : il virevolte comme un artiste : Simon Delestre franchit la ligne sans pénalité : 37''72. Le public est heureux…. Simon Delestre aussi.
Il ne reste plus que deux candidats à s'élancer mais Roger-Yves Bost est le dernier français à s'être imposé ici dans le Grand Prix et il ne compte pas se laisser faire de la sorte. Bosty attaque avec sa jument Olympique Sydney Une Prince (Baloubet du Rouet) mais la faute arrive sur le 4 ème obstacle avant de doubler la mise sur la combinaison qui suivait. 8 points !
Henrik von Eckermann a bien réfléchi et lorsqu'il ne prend pas la fameuse option devant le double, on se dit que c'est fini pour lui mais Mary Lou (Montendro) signe un barrage somptueux. Sans-faute en 38''35, c'est la seconde place finale.
« Je suis vraiment content de ma jument, elle a sauté de manière  fantastique. J'étais déjà allé à Helsiniki et j'ai fini deux fois deuxième en autant de participation! J'irai à Stuttgart, Madrid puis Mechelen. Evidemment, la finale de la Coupe du monde est mon objectif de l'hiver. C'est un sport fantastique avec un public incroyable dans toutes les manches de cette coupe du monde. Le sport, c'est la priorité de ce circuit." expliquera le Suédois
« On a vécu un barrage très relevé et j'ai eu la chance de partir en fin d'épreuve. C'est aussi une chance de monter Ryan. Il est exceptionnel et vraiment différent. C'est un cheval qui est rapide au sol, il gagne facilement du terrain dans les tournants. Si les cavaliers avant moi n'avaient pas pris l'option devant le double, je ne suis pas sûr que je l'aurais prise en passant au début. Cela m'a avantagé. Pour nous, français, Lyon est une étape incontournable, nous prenons beaucoup de plaisir à venir. Le public est parfait ! Je remercie Sylvie Robert, l'organisation est parfaite. Cela fait vingt ans que je viens à Lyon, c'est toujours un plaisir. C'est vraiment une victoire spéciale pour moi, après tout ce que Ryan a traversé. Je le remercie pour tout ce qu'il a fait pour moi. Grégory Bodo a monté des pistes fantastiques dès le début du concours. Tout était vraiment réuni. L'année prochaine, mon souhait serait de participer à la finale de Coupe du monde et aux championnats du monde de Tryon. Normalement, je n'irai pas à Paris Bercy avec Ryan qui est plutôt prévu pour Tryon. Ce n'est pas dans mes plans de lui demander deux événements en une année mais je ne sais pas encore sur qui je compterai pour la finale, nous verrons le meilleur choix à ce moment-là. » expliquera le vainqueur du jour.
Troisième, Steve Guerdat se montrait également satisfait même si le Suisse a bien d'autres sujets de préoccupation que juste ses propres prestations : « Je suis très content ce soir. Bianca a fourni deux magnifiques tours alors que nous sortions de trois parcours chaque fois pénalisé d'une faute. J'espère maintenant continuer dans cette voie et me qualifier pour la finale de Paris. Bravo au chef de piste qui a fait un excellent travail. J'espère que cela va encourager les organisateurs à changer plus souvent. Coup de chapeau à Sylvie Robert d'avoir fait ce choix.
Nous vivons un moment un peu critique de notre sport, qui part dans plein de directions différentes. Certains cavaliers sont prêts à sacrifier le futur de leur sport pour gagner un peu plus d'argent... Dans ce contexte, on oublie souvent de saluer les organisateurs, qui prennent des risques en restant impliqués dans des circuits moins lucratifs qui ne garantissent pas forcément les mêmes rentrées d'argent que d'autres, ni même la présence des meilleurs cavaliers dans leurs concours. Heureusement que nous avons des organisateurs comme Sylvie Robert ! J'espère de tout cœur qu'ils ne perdront pas leur courage. Ce week-end, c'est bien du vrai sport qu'on a vu, grâce à une belle organisation."


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