FR

Un attelage à vingt Franches-Montagnes pour Jérôme Voutaz.

23 juin 2020

Alors que les concours d’attelage sont toujours à l’arrêt pour le moment, Jérôme Voutaz a relevé un incroyable défi : atteler un attelage de vingt chevaux ! Non pas sur quelques centaines de mètres en ligne droite... mais sur un véritable parcours pour une randonnée d’ une vingtaine de kilomètres... juste pour le plaisir et par passion ! 

De nombreuses races rêveraient d’ avoir un ambassadeur comme le meneur Suisse l’est pour le Franches-Montagnes ! Une semaine après son exploit, Jérôme Voutaz a sorti une très belles vidéos de son parcours. L’occasion de revenir avec lui sur cette idée un peu folle d’un homme qui reste très simple, calme et passionné avant tout. 


« En fait, mener cet attelage de vingt chevaux n’était pas si difficile. L’important pour moi, c’était de très bien connaître mes deux timoniers et mes deux chevaux de volées. J’ai placé à ces endroits des chevaux en qui j’avais vraiment confiance. Les 6-8 premiers chevaux de volées étaient en fait vraiment des chevaux sûrs ! Parmi ces vingt chevaux, douze font partie de notre team de la Ferme des Moulins. Pour le reste, j’ai appelé des amis et tout le monde s’est rapidement montré partant... mais avec des chevaux que je ne connaissais pas toujours. Certains chevaux n’avaient jamais été attelés qu’à un jusque-là et ont intégré l’attelage à vingt sans aucun souci. J’avais par exemple un cheval qui était né à la Ferme des Moulins mais que nous avions vendu à 3 ans et qui doit en avoir sept ou huit aujourd’hui, ainsi qu’un cheval de cinq ans que j’ai acheté à trois ans mais confié à un ami pour qu’il le travaille gentiment... je ne les connaissais donc pas. Ces chevaux-là, ainsi que d’autres qui n’avaient été attelés qu’en paire, ont été placés dans le ventre de l’attelage. C’est une expression qu’un journaliste a un jour employée, et je trouve que cela correspond vraiment bien. 

Ce qui était vraiment important avec un tel attelage, c’était de ne surtout pas couper les virages avec mes chevaux de volées ou cela aurait été la catastrophe, puis il fallait contrer la courbe... mais c'est là que l’on voit à quel point le cheval d’attelage connait son travail ! C’est là aussi où je me dis que j’ai beau ne pas connaître véritablement d’autres races de chevaux... je ne voudrais pour rien au monde atteler autre chose que des Franches-Montagnes. C’est vraiment un cheval volontaire avec une tête incroyable. Ici, on a réuni vingt chevaux, tous alignés. Pendant une minute, on a entendu quelques hennissements, puis c’était fini ! Tout le monde était comme concentré sur son travail. On a commencé à atteler et il n’y avait même pas besoin de rester à la tête de chaque cheval, dès que nous ajoutions une paire à l’attelage, nous passions aux suivants sans avoir besoin nécessairement de rester à la tête des autres chevaux ! Ils sont vraiment incroyables », expliquera Jérôme Voutaz avec passion, même s’il ne veut pas prendre pour lui toute la gloire de l’engouement autour des Franches-Montagnes qui a dépassé de loin les frontières suisses, en grande partie grâce à ses exploits. « Je ne sais pas si je peux vraiment me considérer comme un ambassadeur du Franches-Montagnes. Je veux défendre et mettre en avant les valeurs suisses et il est clair que le Franches-Montagnes fait partie de ces valeurs, et c’est évidemment une fierté de mettre en avant des chevaux suisses. » 

Pourtant, si ce défi est à la hauteur de l’un des rares meneurs à pouvoir tenir tête à l’Australien Boyd Exell, cette saison est marquée, comme dans les autres disciplines, par l’absence de compétition et l’annulation des championnats du monde ! 

« Notre volonté avec ce défi, c’est de montrer que nous sommes solidaires et que nous sommes capables de réunir du monde avec un objectif : prendre du plaisir... et nous en avons pris beaucoup ce jour-là ! Alors évidemment, nous avons encore plein d’autres idées... mais voilà, ici, tout était réuni pour faire celui-ci, nous avions suffisamment de chevaux entraînés et fraîchement ferrés... nous verrons pour la suite. La priorité reste quand même le sport. J’ai envoyé quelques vidéos dernièrement à mon entraîneur, Félix Brasseur, et nous pensons tous les deux que nous n’avons jamais eu les chevaux dans une aussi bonne forme. L’annulation des championnats du monde est donc triste pour nous mais je reste optimiste pour la suite. Cela fait désormais quatre ans que je m’entraîne avec Félix Brasseur et, grâce à lui, nous ne faisons que progresser. C’est vraiment quelqu’un de formidable. Il est lui-même dans le sport et ses conseils sont précieux. Nous avons la même philosophie, il veut prendre son temps pour construire un cheval et j’aime son approche. Il me donne vraiment la direction dans laquelle je dois travailler. Il nous permet de vraiment progresser énormément en dressage, ce qui était notre point faible. Au début, on ne comprend pas toujours, il faut être patient mais lui, il sait où il va et c’est vraiment très appréciable de pouvoir compter sur un tel entraîneur. Un meneur peut amener son enthousiasme et sa passion mais c’est l’entraîneur qui fait progresser l’attelage et je lui en suis vraiment reconnaissant », glissera le champion helvétique, mécanicien de métier et qui arbore son côté amateur et passionné avec une grande fierté comme on aimerait en voir plus souvent.