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Pieter Clemens : l'équitation, c'est dans les gènes !

18 Juin 2019

Il fait partie de la tribu Philippaerts qui pousse. Pieter Clemens est le neveu de Ludo Philippaerts, le cousin d’Olivier, Nicola, Thibault et Anthony. Sa route a été un peu plus sinueuse, l’ascension a été un peu moins raide mais il n’a néanmoins que 25 ans et il frappe à la porte du gratin mondial. Membre des écuries de Jos Lansink, il a gagné ses galons et est désormais sous les ailes du maître qui couve son éclosion.

Pieter Clemens avec l'un de ses grands espoirs, Agadance van't Gelutt (Aganix du Seigneur x Cadence van't Gelutt)

Quels ont été vos premiers contacts dans les chevaux ?

Pieter Clemens : « Je suis monté à cheval très rapidement… à cause de ma famille évidemment. J’ai commencé à monter à poney lorsque je devais avoir 6 ans. C’est mon grand-père et ma mère qui m’ont beaucoup aidé. Je montais dans le LRV. Lorsque j’ai grandi un peu, j’ai commencé à monter chez Ludo et c’est là que j’ai vraiment commencé. J’ai participé à deux championnats d’Europe poney, un junior et deux jeunes cavaliers. »

Quand on est le neveu de Ludo Philippaerts, qu’est-ce qu’il représente dans la famille ?

P.C. : « Comme enfant, on le regarde avec des grands yeux. Il a été l’un des meilleurs cavaliers du monde. Quand il vous dit quelque chose, ça percute directement. Je buvais ses conseils, j’ai appris beaucoup grâce à lui et il m’a donné une chance incroyable. Lui et Johan se sont beaucoup occupés de moi, ils m’ont entraîné et appris tant de choses. C’est un énorme plus pour un jeune cavalier comme moi. »

C’était d’ailleurs surtout Johan qui s’occupait de vous quand vous étiez plus jeune ?

P.C. : « Oui, Johan nous suivait partout et c’est essentiellement lui qui nous entraînait. J’ai aussi eu ma maman qui m’a toujours suivi et beaucoup aidé. Elle m’a toujours accompagné en poney et en junior, elle m’a beaucoup aidé. Après quand on devient plus âgé, on commence à travailler et aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir une groom au concours pour m’aider. On sait bien comment cela marche. Ma maman a également monté, beaucoup de jeunes chevaux surtout, mais pas de manière professionnelle car elle est institutrice. Mon père, lui, n’a jamais monté et n’y connaissait pas grand-chose, il s’y connaît un peu mieux maintenant. Il sait comment mettre un licol et ce genre de choses… mais cela s’arrête là. Par contre, même s’il reste un peu plus à la maison aujourd’hui, ma maman aussi d’ailleurs, ils me suivent tous les deux tous les week-ends. Ils regardent les live sur l’ordinateur et sont vraiment derrière moi. Même durant la nuit lorsque j’étais à New York, ils ont attendu pour me voir. Cela fait évidemment énormément plaisir. »

Lorsque vous avez commencé à monter à cheval, vous avez tout de suite pensé à pouvoir faire la même carrière que vos oncles ?

P.C. : « Non, lorsqu’on commence à monter à poney, c’est juste avec l’envie de s’amuser. Ce n’est qu’à 13 ou 14 ans que j’ai commencé à monter pour Ludo dès que j’avais fini l’école… c’est à ce moment-là que j’ai vraiment décidé de vouloir en faire mon métier. Au départ, mes poneys étaient à Genk chez mes grands-parents dans les vieilles écuries de Ludo… là où tout a commencé avec Darco. Il y avait 25 boxes, j’avais quelques poneys et c’était à 2 minutes de la maison de mes parents. Jusqu’à ce que j’arrive chez Ludo, c’est uniquement ma mère qui s’occupait de moi. J’ai juste été de temps en temps là-bas pour sauter un parcours ou quelque chose comme ça. Par contre, la chance que j’ai eue, c’est que j’étais juste un an plus jeune qu’Olivier et Nicola et donc même si j’évoluais souvent juste au niveau inférieur, il y avait toujours quelqu’un qui les accompagnait et qui pouvait m’aider. »

Pieter Clemens a représenté la Belgique aux championnats d'Europe poney de Moorsele

La relation avec les cousins, elle se passe comment du coup ?

 P.C. : « Sur la piste, il y a toujours une compétition… comme avec tout le monde en fait ! Maintenant, on a fait beaucoup de concours ensemble : dans les juniors, les jeunes cavaliers… puis après, ils sont directement passés au plus haut niveau alors que moi, je suis resté plus bas. J’ai travaillé durant une année chez Ludo avec eux puis je suis parti chez Ashford Farm. J’ai monté là-bas des deux et parfois trois étoiles mais ce n’était pas du tout comme mes cousins. J’ai fait les choses plus tranquillement. »

Ça a été un moment un peu difficile pour vous de voir vos deux cousins exploser de la sorte ? Vous vous êtes demandé si vous auriez aussi cette chance-là ?

 P.C. : « Difficile n’est pas vraiment le terme mais oui, on réfléchit car on veut la même chose mais j’ai réfléchi et je savais que je ne pouvais pas faire la même chose. On ne peut pas garder tous les chevaux non plus. Je pense que cela faisait partie des raisons qui m’ont poussé à partir de chez Ludo. Il a quatre enfants et il n’y avait pas vraiment de place pour moi. Je pouvais monter des jeunes chevaux et un peu de vieux mais pas pour le grand sport. C’était normal, surtout que Ludo montait encore lui-même à l’époque. J’ai donc décidé d’essayer autre chose. Ça a été une grande décision pour ma vie car c’était la décision de quitter ma famille. Chez Ashford Farm, même si je connaissais Marlon Zanotelli qui avait, lui aussi, monté chez Ludo, je me suis retrouvé seul. Il faut apprendre à survivre. Ça a été une décision vraiment difficile pour moi car je ne savais pas très bien où j’allais aller… mais je savais que je quittais la maison. Je suis parti un an et demi chez Enda Caroll puis quand j’ai décidé de partir de là, j’ai eu la chance de recevoir une proposition de Jos Lansink et là, tout a été beaucoup plus facile. Je suis de nouveau dans ma région, à 15 minutes de chez mes parents et 10 minutes de chez Ludo. »